Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

LA VENUS ELECTRIQUE

Une jolie parenthèse entre illusion, mélancolie et romance

Un film élégant et plein de charme porté par un très beau trio d’acteurs

MON REGARD

Au départ, je dois avouer avoir hésité à aller voir La Vénus électrique.

Finalement… je ne regrette pas du tout.

Dès les premières minutes, il y a quelque chose dans l’ambiance qui fonctionne très bien : les couleurs, les décors, ce Paris de 1928 entre foires, roulottes, ateliers d’artistes et séances de spiritisme improvisées.

On sent aussi immédiatement l’amour du cinéma de Pierre Salvadori, connu pour ses comédies souvent un peu mélancoliques, tendres et pleines d’humanité.

Et cela se ressent encore ici.

Le film raconte l’histoire d’Antoine Balestro, peintre en panne d’inspiration depuis la mort de sa femme. Un soir, persuadé d’entrer en contact avec son épouse disparue grâce à une voyante, il tombe en réalité sur Suzanne, une jeune foraine qui s’est glissée là un peu par hasard… et surtout pour voler de quoi manger. Très vite, l’imposture se met en place avec l’aide d’Armand, son galeriste, bien décidé à relancer l’inspiration du peintre… et les ventes qui vont avec.

Et c’est là que le film devient vraiment plaisant.

Parce qu’une fois ce mécanisme lancé, La Vénus électrique joue avec les faux-semblants, les sentiments, les manipulations et les élans amoureux avec beaucoup de fluidité.

Les séances de spiritisme improvisées sont souvent très drôles, parfois absurdes, mais jamais lourdes. Le film garde quelque chose de léger, presque romanesque, même lorsqu’il parle du deuil ou de la solitude.

Et surtout, les acteurs semblent vraiment prendre plaisir à jouer ensemble.

Pio Marmaï est très bon dans ce rôle de peintre perdu entre désespoir, naïveté et dépendance affective. Anaïs Demoustier apporte énormément de charme et de spontanéité à Suzanne, personnage à la fois débrouillard, touchant et parfois un peu dépassé par ce qu’elle provoque.

Et puis il y a Gilles Lellouche, que j’ai trouvé vraiment excellent dans ce rôle de galeriste partagé entre amitié sincère et intérêt financier. Il apporte beaucoup d’énergie au film.

Ce que j’ai particulièrement aimé aussi, c’est que le film ne donne jamais l’impression d’être figé dans sa reconstitution historique. Le Paris des années 1920 est bien présent, mais sans excès. Tout paraît assez naturel.

Et surtout, malgré ses deux heures, je n’ai absolument pas vu le temps passer.

Pour moi, c’est souvent le signe que le film fonctionne.

Alors oui… on voit effectivement les fesses de Pio Marmaï 😄 mais ce n’est clairement pas pour ça que le film vaut le détour.

C’est surtout une jolie histoire de manipulation sentimentale, de manque, de désir de croire encore à quelqu’un ou à quelque chose.

Une comédie romantique un peu mélancolique, pleine d’illusions, qui met finalement plutôt du baume au cœur.

Pour la petite histoire, ce film a ouvert le festival de Cannes hier soir.


Les infos sur le film

Synopsis

Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…