LES MISÉRABLES – FRED CAVAYÉ
Une fresque magnifique qui m’a emportée pendant près de trois heures
Grande amoureuse des Misérables, j’attendais énormément de cette nouvelle adaptation. Décors, costumes, acteurs, lumière, musique… aucune déception : j’ai tout aimé !
MON REGARD
Les Misérables et moi, c’est une longue histoire. Alors cette fois ci c’est une avant première
Une histoire qui remonte à l’enfance, une véritable madeleine de Proust. J’aime cette œuvre sous toutes ses formes, avec peut-être une affection encore plus particulière pour la comédie musicale que je vais d’ailleurs revoir au Théâtre du Châtelet en décembre.
Alors forcément, lorsque j’ai appris qu’une nouvelle adaptation des Misérables arrivait au cinéma, avec Fred Cavayé à la réalisation et un casting pareil, mes attentes étaient grandes.
Très grandes même.
Vincent Lindon en Jean Valjean, Tahar Rahim en Javert, Camille Cottin, mais aussi les Thénardier, Marius…
Autant dire que j’attendais beaucoup de cette avant-première.
Le risque, lorsque l’on aime autant une œuvre, c’est évidemment d’être encore plus difficile à convaincre. On connaît l’histoire, les personnages, les moments que l’on attend forcément. On possède aussi quelque part « ses » Misérables, ceux que l’on s’est construits au fil des années et des différentes adaptations.
Alors, cette nouvelle version ?
Aucune déception.
J’ai tout aimé.
Vraiment tout.
Dès les premières scènes, j’ai beaucoup apprécié la manière dont le film pose toutes les bases de l’histoire et de ses personnages.
On découvre même Javert enfant, ce qui apporte forcément un autre éclairage sur l’homme qu’il deviendra. Son passé est là, dès le départ, et permet de mieux comprendre cette dureté que l’on retrouvera ensuite chez lui.
Même chose pour les Thénardier, que l’on retrouve sur le champ de bataille.
Avant de découvrir les personnages tels qu’on les connaît, le film prend donc le temps de revenir sur une partie de leur histoire.
J’ai trouvé cela vraiment intéressant.
Jean Valjean, Javert, les Thénardier… toutes les bases sont posées avant que leurs destins ne se croisent.
Pour quelqu’un qui connaît parfaitement Les Misérables, c’est très agréable parce que l’on retrouve tous les éléments de cette histoire que l’on aime. Pour quelqu’un qui la connaît moins voire pas, c’est aussi une excellente manière d’entrer dans cet univers sans se perdre parmi les nombreux personnages.
Surtout, ces premières scènes leur donnent immédiatement davantage d’épaisseur.
Javert, notamment, n’est pas uniquement cet inspecteur implacable lancé aux trousses de Jean Valjean. Avoir entrevu l’enfant qu’il a été permet forcément de regarder différemment l’adulte qu’il est devenu.
Puis tout se met progressivement en place : Jean Valjean, ancien bagnard qui tente de reconstruire sa vie, Fantine, la promesse de sauver Cosette, les Thénardier, Marius, Javert et cette traque qui ne cessera de poursuivre Valjean.
Même en connaissant parfaitement l’histoire, je me suis laissée embarquer dès le début.
Visuellement, ensuite, qu’est-ce que c’est beau !
Les décors, les costumes, la reconstitution de l’époque… tout participe à nous plonger complètement dans cet univers.
Il y a une véritable ampleur dans les images, sans pour autant négliger les détails.
Le travail sur la lumière m’a particulièrement plu.
Le film joue beaucoup avec les contrastes : des lumières très vives, presque éclatantes, puis des scènes beaucoup plus sombres où le noir prend toute sa place.
Ce jeu entre lumière et obscurité accompagne parfaitement l’histoire, ses personnages, la dureté de certaines situations.
Visuellement, j’ai trouvé cela magnifique.
Puis arrivent les barricades.
Forcément, je les attendais !
Cette partie du film est particulièrement réussie. Certains plans sont vraiment très beaux et donnent toute son ampleur à la scène.
La barricade, les personnages, les mouvements de foule, la lumière… il y a quelque chose de très fort visuellement.
Lorsque l’on aime Les Misérables autant que moi, impossible de ne pas attendre ce moment !
La musique participe elle aussi énormément à l’immersion. Elle accompagne le récit sans prendre le dessus, tout en apportant cette dimension supplémentaire qui donne encore davantage d’ampleur à certaines scènes.
Côté acteurs, là encore, aucune déception.
Commençons par Vincent Lindon parce que, justement, je ne suis pas particulièrement fan de lui.
Eh bien, même lui, je l’ai trouvé très bien !
Il fonctionne vraiment dans le rôle de Jean Valjean.
Sa carrure, sa présence, cette forme de rudesse naturelle correspondent parfaitement au personnage. Il réussit également à laisser apparaître l’homme derrière l’ancien bagnard : celui qui tente de se reconstruire, de faire le bien et d’échapper à ce passé qui ne cesse pourtant de le poursuivre.
Comme quoi, quand c’est bien, il faut savoir le dire.
Mais celui qui m’a particulièrement impressionnée reste Tahar Rahim dans le rôle de Javert.
Excellent.
Il compose un Javert dur, implacable, presque entièrement habité par son obsession de retrouver Jean Valjean.
Un bien bon méchant comme on les aime.
Mais justement, il n’est pas seulement « le méchant ».
Le fait d’avoir découvert Javert enfant au début du film apporte beaucoup au personnage. On sent qu’il traîne quelque chose derrière lui, que cette obsession de la loi et de l’ordre est profondément liée à son histoire.
Il semble avoir des comptes à régler avec son propre passé.
Cela rend son affrontement avec Jean Valjean encore plus intéressant.
Finalement, tous les deux sont poursuivis par ce qu’ils ont été.
Jean Valjean tente de s’en détacher pour devenir un autre homme.
Javert, lui, semble incapable de s’en libérer.
Deux hommes face à leur passé, mais deux manières totalement différentes de vivre avec.
J’ai trouvé Tahar Rahim vraiment excellent dans cette dureté, cette rigidité, cette obsession presque maladive.
Les Thénardier sont également très, très bien.
Là encore, le fait de les avoir découverts plus tôt sur le champ de bataille permet de ne pas simplement les voir apparaître au milieu du récit. Le film a pris le temps de poser leur histoire avant de nous montrer ceux qu’ils sont devenus.
Ces personnages pourraient facilement tomber dans la caricature. Ici, je trouve qu’ils trouvent parfaitement leur place dans cette grande fresque.
Et puis il y a Vassili Schneider dans le rôle de Marius.
Magnifique.
Il possède cette jeunesse, cette fougue, ce romantisme qui correspondent parfaitement au personnage.
Le casting fonctionne vraiment très bien dans son ensemble. Chacun trouve sa place sans que l’un vienne écraser les autres.
Finalement… Tout est bien. Tout est beau. Voilà !
Je pourrais probablement chercher quelque chose qui m’a moins plu, mais pourquoi vouloir absolument trouver un défaut lorsqu’on a simplement passé un excellent moment ?
Les décors, les costumes, les acteurs, les lumières, la musique, les scènes de foule, les barricades…
J’ai tout aimé.
Il reste tout de même un élément qui aurait pu me faire un peu peur : la durée. 2 h 56.
Presque trois heures. Eh bien, je ne les ai absolument pas vues passer.
À aucun moment je ne me suis dit : « C’est long ». Au contraire, je me suis laissée emporter par cette histoire que je connais pourtant si bien.
Je crois que c’est probablement l’un des plus beaux compliments que je puisse faire au film.
Parce que je connais Jean Valjean. Je connais Javert. Je connais Fantine, Cosette, Marius, les Thénardier, les barricades…
Je sais ce qui va arriver.
Pourtant, j’ai regardé cette nouvelle adaptation avec un très grand plaisir du début à la fin.
Elle a réussi à me raconter une nouvelle fois une histoire que j’aime depuis toujours tout en me donnant envie de la suivre comme si je la redécouvrais.
Évidemment, une petite question peut se poser…
Suis-je totalement objective ?
Mais bien sûr que oui !
Enfin…
Disons simplement que lorsqu’il s’agit des Misérables, mon cœur parle probablement un tout petit peu aussi.
Mais aimer profondément une œuvre ne garantit justement pas d’aimer toutes ses adaptations. Cela peut même rendre beaucoup plus exigeant, parce que l’on arrive avec ses souvenirs, ses attentes, ses personnages préférés, tout ce que cette histoire représente pour nous.
Cette fois, aucune réserve.
Aucune déception.
Fred Cavayé m’a offert exactement ce que j’espérais : une grande fresque, de magnifiques images, une très belle reconstitution, des personnages forts, un casting à la hauteur et cette histoire que j’aime toujours autant.
Presque trois heures plus tard, une seule phrase me venait :
J’ai adoré.
Les infos sur le film
- Date de sortie en salle : 14 octobre 2026
- 2h56 mn
- Drame, Historique
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De Fred Cavayé | Par Fred Cavayé Avec Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin, Benjamin Lavernhe, Noémie Merlant, Vassili Schneider, Megan Northam, Marie Colomb
D'après le Romain de Victor Hugo - Les misérables - Tout public
Synopsis
Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine, une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette, des griffes des cruels Thénardier. Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert, un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine révolution, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption, entre sacrifices et quête de justice.