LES HEROS DU LOUVRE
Quand une histoire de famille rencontre la grande Histoire
Le sauvetage des œuvres du Louvre pendant la Seconde Guerre mondiale raconté à travers l’histoire du grand-père d’Élie Chouraqui : un film sincère sur la famille, la mémoire et la transmission.
MON REGARD
Avec Les Héros du Louvre, le sujet avait déjà tout pour m’intéresser.
Le Louvre, ses œuvres, la Seconde Guerre mondiale, une histoire vraie… forcément, j’étais curieuse.
Mais ce qui m’a surtout plu, c’est de découvrir à quel point cette histoire est personnelle pour Élie Chouraqui.
Il ne raconte pas seulement un épisode marquant de l’histoire du Louvre. Il raconte celle de son grand-père, Babi Maklouf Benhamou, et avec lui une partie de l’histoire de sa propre famille.
Paris, 1939.
Babi est gardien de nuit au musée du Louvre et profondément amoureux des arts.
Alors que la Seconde Guerre mondiale éclate et que la menace allemande se rapproche, Jacques Jaujard (directeur du Louvre) organise secrètement l’évacuation de plusieurs milliers d’œuvres afin qu’elles ne tombent pas entre les mains des nazis et qu’elles soient également protégées des bombardements.
Babi se voit confier l’un des camions chargés de transporter ces chefs-d’œuvre hors de Paris.
Il accepte, mais à une condition : sa famille part avec lui.
Commence alors un voyage à travers la France où il va falloir protéger les œuvres qui lui ont été confiées, mais aussi sa femme et ses enfants.
C’est justement ce mélange entre la grande Histoire et l’histoire de cette famille qui m’a intéressée.
J’ai trouvé Kad Merad très bien dans le rôle de Babi.
Il incarne un homme conscient de la responsabilité qu’on lui a confiée, très attaché aux œuvres qu’il transporte, mais qui reste avant tout un père et un mari.
Face à lui, Marie Gillain est également très juste dans le rôle de cette mère qui cherche elle aussi à protéger les siens.
On sent les liens entre les membres de cette famille, leurs inquiétudes, mais aussi cette façon de rester ensemble au milieu d’une situation qui les dépasse complètement.
Lorsque l’on connaît l’histoire derrière le film, tout cela prend encore une autre dimension.
Élie Chouraqui explique avoir entendu cette aventure depuis son enfance, au point qu’elle lui semblait finalement presque normale.
Pour lui, c’était simplement l’histoire de son grand-père.
C’est la productrice Alexandra Fechner, après avoir découvert cette histoire dans un abécédaire publié par le réalisateur, qui lui a fait prendre conscience de son caractère exceptionnel et lui a donné envie d’en faire un film.
Pour reconstruire les souvenirs de cette époque, il s’est notamment appuyé sur sa tante Colette, qui avait gardé une mémoire très précise des événements, mais aussi sur son frère Maurice.
Je trouve cela assez touchant.
Une histoire racontée dans une famille pendant des décennies finit par devenir un film et, surtout, par être transmise à son tour à d’autres personnes.
Le lien d’Élie Chouraqui avec le Louvre est d’ailleurs beaucoup plus profond que je ne le pensais.
Son grand-père y travaillait comme gardien de nuit et, enfant, le réalisateur y passait énormément de temps.
Des années plus tard, un gardien l’a même reconnu comme étant « le petit-fils de Babi ».
Alors lorsqu’il dit aujourd’hui « Le Louvre, c’est chez moi », on comprend beaucoup mieux la relation qu’il entretient avec le musée et l’émotion qu’il peut y avoir derrière ce film.
Il connaissait même précisément les salles dans lesquelles il souhaitait tourner et les angles de caméra qu’il voulait utiliser.
Forcément, cela donne encore plus de sens à cet hommage.
J’ai également trouvé intéressant de mieux découvrir le rôle de Jacques Jaujard.
Il avait déjà participé à l’organisation de l’évacuation des œuvres du Prado pendant la guerre civile espagnole et avait compris très tôt les risques que les nazis faisaient peser sur les collections du Louvre.
Avant même le début de la Seconde Guerre mondiale, il avait commencé à anticiper leur mise à l’abri.
Des milliers d’œuvres ont ainsi quitté Paris pour être dispersées dans différents lieux, notamment des châteaux de la vallée de la Loire.
Mais pour déplacer tout cela, il fallait des caisses, des camions, des chauffeurs et des hommes prêts à partir.
C’est là que l’histoire de Babi rejoint la grande Histoire.
Un autre aspect du film m’a particulièrement plu : la manière dont Élie Chouraqui mélange les images.
Il y a les scènes tournées avec les acteurs, les reconstitutions et les véritables images d’époque.
J’ai vraiment aimé ces trois niveaux.
D’autant plus que certaines scènes ont été construites en reprenant presque à l’identique des photographies historiques.
C’est notamment le cas de l’emballage du Jeune Mendiant de Murillo dans la Grande Galerie ou de la mise en caisse de la Vénus de Milo.
À certains moments, on passe presque naturellement de la reconstitution aux archives.
Cela fonctionne très bien parce que la fiction rejoint soudain la réalité de ce qui s’est véritablement passé.
Cela permet aussi de regarder différemment ces œuvres que nous connaissons parfois si bien.
Aujourd’hui, on se promène dans les salles du Louvre, on admire un tableau, une sculpture, on prend éventuellement une photo et on continue notre visite.
On pense beaucoup moins à tout ce qui a été fait pour que ces œuvres soient encore là devant nous.
Élie Chouraqui considère d’ailleurs que leur protection a constitué un véritable acte de résistance.
Son grand-père, lui, ne se voyait pas comme un héros.
Il rappelait qu’il n’avait pas été le seul et que beaucoup d’autres employés du musée avaient participé à cette immense opération.
C’est justement ce que j’aime dans cette histoire.
Derrière Jacques Jaujard et Babi, il y a tous ces gardiens, chauffeurs et agents du Louvre qui ont eux aussi contribué à protéger les collections.
Certaines anecdotes sont assez incroyables.
Des employés inscrivaient par exemple « LOUVRE » en grandes lettres sur les toits des bâtiments où étaient cachées les œuvres, afin que les bombardiers alliés puissent les identifier et les épargner.
À la fin de la guerre, Jacques Jaujard est même allé récupérer La Joconde avant de la rapporter au Louvre dans sa propre voiture.
J’adore ce genre de petites histoires. Elles rendent les événements beaucoup plus concrets et permettent de mesurer l’ampleur de ce qui s’est joué autour de ces œuvres.
D’autant plus qu’au bout du compte, toutes les œuvres évacuées ont retrouvé leur place au Louvre.
Alors oui, j’ai trouvé quelques petites longueurs dans le film. Certains passages auraient peut-être gagné à être un peu plus resserrés et j’ai parfois senti le rythme retomber. Mais cela ne m’a pas empêchée de passer un bon moment.
Parce que derrière cette aventure historique, j’ai surtout vu un film sur la transmission.
La transmission d’un patrimoine que des hommes et des femmes ont choisi de protéger pour qu’il puisse parvenir jusqu’à nous.
Mais aussi celle d’une histoire familiale, racontée par un grand-père, conservée par ses enfants et petits-enfants, puis portée aujourd’hui sur grand écran.
Un très bel hommage d’un petit-fils à son grand-père.
Les infos sur le film
- Date de sortie en salle : 9 septembre 2026
- 1h45 mn
- Drame, Historique
- De Élie Chouraqui | Par Élie Chouraqui Avec Kad Merad, Marie Gillain, Julia de Nunez et bien d'autres ...
- Tout public
Synopsis
Paris 1939. Amoureux des arts, Babi Maklouf Benhamou exerce le plus beau métier du monde : il est gardien de nuit au musée du Louvre. Mais alors que la Seconde Guerre mondiale éclate et que l’invasion allemande est imminente, Jacques Jaujard, le conservateur du musée, organise le sauvetage secret des œuvres d’art afin qu’elles ne tombent pas aux mains des nazis. Il confie alors à Babi l’un des camions chargés de transporter les chefs-d’œuvre hors de Paris. Babi accepte, à une condition : que toute sa famille l’accompagne… C’est le début d’une aventure familiale épique et dangereuse à travers la France occupée, qui va lier à jamais le destin des trésors du Louvre à celui de la famille de Babi Maklouf…