LE CORSET – LOUIS CLICHY
Un film d'animation plein de douceur et de tendresse, aux magnifiques couleurs pastel
Dans une ferme de Beauce, un garçon de 11 ans tente de grandir entre les difficultés familiales, le port d'un corset et ses premiers émois amoureux.
MON REGARD
Un petit garçon qui cherche sa place, un père absorbé par les difficultés de sa ferme et beaucoup de tendresse dans un récit qui m’a touchée.
Avec Le Corset, Louis Clichy nous entraîne au cœur de la Beauce, dans une famille d’agriculteurs où Christophe, 11 ans, grandit en essayant de suivre les pas de son père.
Mais Christophe a un problème : il penche, perd l’équilibre et tombe. Pour redresser son dos, il doit porter un corset particulièrement imposant, qui va désormais l’accompagner dans son quotidien.
Un dispositif contraignant pour un enfant qui voudrait simplement vivre comme les autres.
Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce film, c’est avant tout la douceur qui s’en dégage.
Les dessins sont très beaux, avec des couleurs pastel que j’ai particulièrement appréciées. Ces teintes délicates donnent à l’ensemble une atmosphère chaleureuse, presque comme si l’on feuilletait un album de souvenirs d’enfance.
L’animation traditionnelle apporte aussi une vraie sensibilité aux personnages et aux paysages de cette campagne française.
J’ai trouvé ce choix graphique particulièrement réussi. Il correspond parfaitement à l’histoire racontée, sans chercher à en faire trop.
Mais au-delà de son esthétique, c’est surtout le personnage de Christophe qui m’a attendrie.
Ce petit garçon voudrait aider son père, lui montrer qu’il est capable de participer au travail de la ferme, de se rendre utile et de partager son quotidien.
Pourtant, derrière cette volonté de bien faire, on sent surtout un enfant qui aimerait que l’on s’occupe davantage de lui.
Il cherche le regard de son père, son attention, peut-être aussi une forme de reconnaissance.
C’est ce que j’ai trouvé particulièrement touchant.
Car son père, confronté aux difficultés de l’exploitation agricole, semble parfois tellement préoccupé par son travail qu’il ne mesure pas toujours ce que ressent son fils.
Le film raconte ainsi, avec beaucoup de pudeur, cette relation entre un père et son enfant, leurs difficultés à se comprendre, mais aussi leur attachement.
Christophe grandit comme il peut, avec ses maladresses, ses envies et ses interrogations.
Il cherche sa place, son équilibre, au sens propre comme au figuré.
Et malgré les contraintes de son corset, les difficultés familiales et ce sentiment de ne pas toujours être compris, il continue de découvrir le monde.
Il y a notamment la musique, qui lui ouvre de nouveaux horizons.
Puis il y a Clara, cette jeune fille qui va faire naître ses premiers sentiments amoureux.
J’ai beaucoup aimé cette partie du récit, parce qu’elle rappelle que, malgré tout ce qu’il traverse, Christophe reste un enfant qui grandit, qui rêve et qui découvre les premiers émois de l’adolescence.
Ces moments apportent encore davantage de tendresse à l’histoire.
Ce qui rend également Le Corset intéressant, c’est sa dimension personnelle.
Louis Clichy s’est largement inspiré de ses propres souvenirs d’enfance. Ses parents étaient agriculteurs et lui-même a dû porter un corset, même si celui-ci était moins imposant que celui de Christophe.
Cette part autobiographique explique sans doute l’authenticité que l’on ressent dans le film.
On y retrouve le quotidien d’une famille d’agriculteurs, les difficultés du métier, mais aussi le regard d’un enfant qui observe les adultes sans toujours comprendre leurs préoccupations.
Le réalisateur n’en est d’ailleurs pas à son premier film d’animation.
Après avoir travaillé chez Pixar, il a notamment coréalisé Astérix : Le Domaine des dieux et Astérix : Le Secret de la potion magique.
Avec Le Corset, son troisième long-métrage et son premier réalisé seul, il change complètement d’univers.
Exit les aventures des irréductibles Gaulois et l’animation en 3D : place à une histoire beaucoup plus intime, portée par le dessin traditionnel.
Un choix que j’ai trouvé particulièrement adapté à ce récit.
Le film a d’ailleurs été récompensé au Festival de Cannes 2026 par le Prix spécial du jury, avant de recevoir trois distinctions au Festival d’Annecy : le Prix du jury, le Prix du public et le Prix Fondation Gan.
Des récompenses qui témoignent de l’accueil réservé à cette œuvre singulière.
Pour ma part, j’ai surtout retenu la délicatesse de cette histoire et la tendresse avec laquelle Louis Clichy regarde son jeune personnage.
Un enfant qui tombe, qui se relève, qui voudrait grandir plus vite, mais qui a encore tellement besoin d’être accompagné.
Finalement, derrière ce corset qui doit l’aider à se tenir droit, c’est peut-être surtout un petit garçon qui cherche comment trouver sa place dans le monde.
Les infos sur le film
- Date de sortie en salle : 14 octobre 2026
- 1h30 mn
- Animation
- De Louis Clichy | Par Louis Clichy, Franck Salomé Avec Gary Clichy, Rod Paradot, Brune Moulin
- Tout public
Synopsis
Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche… et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.