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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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JUSTIN LE JUSTE – ÉRIC BARBIER

Une fable touchante et pleine d’humanité au cœur de la Grande Guerre

Un paysan envoyé dans une guerre qu’il ne comprend pas, une belle histoire de fraternité et des acteurs particulièrement convaincants. J’ai passé un très bon moment devant ce film qui mêle humour, émotion et révolte face à l’injustice. Une histoire qui m’a aussi fait penser à mon grand-père…

MON REGARD

1915. Justin est un modeste paysan qui ne demande qu’une chose : rester dans sa campagne pour s’occuper de ses champs. Mais la guerre en décide autrement.

Le voilà envoyé au front, au nom d’une loi qu’il ne comprend pas, pour combattre un ennemi qu’il n’a jamais vu.

Et franchement, quand on y pense, cela devait être terrible pour tous ces hommes qui ont dû quitter leur famille, leur maison et leurs terres pour se retrouver plongés dans l’horreur de la guerre.

Justin n’a rien d’un soldat. C’est un homme simple, un peu naïf, qui découvre un univers dont les règles lui échappent complètement. Sa rencontre avec Basile, un tirailleur sénégalais, va pourtant changer sa manière de voir les choses. Ensemble, ils vont apprendre à se connaître, à se comprendre et, surtout, à remettre en question les ordres absurdes auxquels ils sont confrontés.

J’ai beaucoup aimé cette histoire de deux hommes que tout semble séparer, mais qui finissent par se retrouver autour de valeurs communes.

Leur amitié apporte beaucoup de sensibilité au film, avec de jolis moments de complicité et de solidarité.

Car derrière l’humour et les situations parfois décalées, Justin le Juste raconte avant tout l’histoire d’hommes qui souhaitent se faire entendre, conserver leur dignité et ne plus subir des décisions qu’ils ne comprennent pas.

Ce qui rend cette histoire encore plus touchante, c’est qu’elle s’inspire de faits historiques particulièrement difficiles. Durant la Première Guerre mondiale, 639 soldats français ont été fusillés « pour l’exemple », ce chiffre est d’ailleurs donné en fin de film.

Derrière ce chiffre, il y a des hommes condamnés par la justice militaire, notamment pour des actes d’insoumission ou de désobéissance.

Difficile d’imaginer ce qu’ils ont pu ressentir, eux qui vivaient déjà dans des conditions terribles, confrontés à la peur, à la fatigue et à la violence des combats.

À travers le parcours fictif de Justin, Éric Barbier met en lumière cette réalité et interroge l’absurdité de certains ordres militaires. 

J’ai trouvé particulièrement touchante cette volonté de Justin et de Basile de se faire entendre et de défendre leur dignité, alors qu’ils sont pris dans une guerre qu’ils n’ont pas choisie.

Mais le réalisateur a aussi fait le choix de raconter cette histoire avec de l’humour, et c’est ce mélange que j’ai apprécié. On passe de situations parfois complètement absurdes à des scènes beaucoup plus émouvantes, sans que le film cherche constamment à nous tirer des larmes.

Il faut dire que les acteurs y sont pour beaucoup. J’ai vraiment trouvé Alban Ivanov, Alexandra Lamy et Birane Ba très bons. Alban Ivanov apporte à Justin une naïveté et une sincérité qui le rendent immédiatement attachant. On a envie de suivre cet homme qui ne comprend pas toujours ce qui lui arrive, mais qui finit par trouver le courage de défendre ce qui lui semble juste.

J’ai également beaucoup aimé Birane Ba dans le rôle de Basile. La relation qui se construit entre les deux hommes est l’un des aspects les plus touchants du film. 

Quant à Alexandra Lamy, elle apporte elle aussi beaucoup de sensibilité à cette histoire.

Forcément, en regardant ce film, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mon grand-père.

Lui aussi a connu la guerre, mais celle de 1939-1945. C’était un petit Breton, originaire du fond de sa campagne. Je me suis demandé ce qu’il avait pu ressentir en quittant son quotidien pour se retrouver confronté à des événements aussi terribles.

Bien sûr, les deux guerres étaient différentes et je ne connais pas toutes les épreuves qu’il a traversées. Mais en voyant Justin, ce paysan arraché à ses terres et envoyé dans un monde qui lui est totalement étranger, j’ai forcément pensé à lui.

J’imagine que mon grand-père et tous ces hommes en ont vu de toutes les couleurs. Quelles peurs ont-ils ressenties ? Quelles rencontres ont-ils faites ? Et comment ont-ils réussi à retrouver une vie normale après avoir vécu de telles expériences ?

Ce sont toutes ces questions qui me sont venues à l’esprit pendant le film. C’est peut-être aussi pour cela que cette histoire m’a particulièrement touchée.

Il est d’ailleurs intéressant de savoir que Justin le Juste n’est pas tiré d’une histoire vraie. Il s’agit d’une adaptation libre du roman Justin-le-Juste ou La Charrette, publié en 1967 par Jean Pompougnac. 

Éric Barbier en a fait une fable antimilitariste, inspirée de certaines réalités de la Première Guerre mondiale, mais dont les personnages et les aventures restent fictifs.

Il ne faut donc pas s’attendre à un film de guerre historique au sens traditionnel. Ici, le réalisateur utilise l’humour, l’absurde et la fraternité pour nous faire réfléchir à l’obéissance, à l’injustice et à la place de l’être humain face à une autorité qui semble parfois avoir perdu tout bon sens.

Ce que j’ai retenu de cette histoire : au milieu d’une guerre qu’ils n’ont pas choisie, ces hommes essaient simplement de rester humains et de faire entendre leur voix.

J’ai passé un très bon moment devant ce film, qui réussit à aborder une période particulièrement sombre de notre histoire avec beaucoup de sensibilité, quelques touches d’humour et de beaux personnages.

Une jolie découverte qui m’a fait sourire, réfléchir et penser à mon grand-père.

Les infos sur le film

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Synopsis

1915. La guerre, c’est une terre inconnue où l’on envoie Justin, misérable paysan, à une époque où il doit s’occuper de ses champs. Il doit partir se battre, au nom d’une loi qu’il ignore, contre un ennemi qu’il n’a jamais vu, alors qu’il ne rêve que de rester dans sa ferme. Sa rencontre avec Basile, un tirailleur sénégalais, va lui ouvrir les yeux sur cette guerre qu’il ne comprend pas. C’est avec lui, qu’il va se révolter contre les injustices d’un commandement absurde, et devenir un héros pas comme les autres.