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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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GARANCE – JEANNE HERRY

Un naufrage intime porté par une Adèle Exarchopoulos bouleversante de justesse

Une jeune femme qui s’enfonce peu à peu dans l’alcool, entourée de ceux qui l’aiment sans toujours savoir comment l’aider.

MON REGARD

Garance est une jeune actrice qui n’est pas une vedette. 

Elle travaille, avance, se débrouille, fait de son mieux. Elle est vaillante, joyeuse, pleine de vie et trouve dans l’alcool à la fois un carburant et une forme de réconfort.

Puis sa vie change.

Pendant huit ans, on la suit au fil des déménagements, du travail, des rencontres, des fêtes, des amours, des joies, des angoisses et des coups durs.

Sa vie évolue, mais une chose prend progressivement de plus en plus de place : l’alcool.

C’est finalement à un véritable naufrage que l’on assiste.

J’ai passé un bon moment devant ce film, même si le sujet est évidemment difficile, et j’ai surtout trouvé Adèle Exarchopoulos vraiment très bien dans ce rôle.

J’aime beaucoup cette actrice. Je la trouve toujours très juste, très naturelle dans sa façon de jouer et, il faut bien le dire aussi, très belle.

Elle est particulièrement convaincante dans le rôle de cette jeune femme qui s’enfonce progressivement dans l’alcool. 

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est que Garance ne devient pas du jour au lendemain une femme totalement détruite par son addiction.

Elle continue de vivre.

Elle travaille, elle rit, elle aime, elle fait la fête, elle rencontre des gens, elle change de vie…

Et pourtant, petit à petit, l’alcool prend de plus en plus de place.

Il n’est plus seulement là pour accompagner les bons moments ou pour lui apporter un peu de réconfort. Il finit par devenir indispensable.

Adèle Exarchopoulos est très juste dans cette évolution.

On sent Garance glisser progressivement, sans qu’elle ait vraiment envie de s’en sortir. Peut-être parce qu’elle ne mesure pas complètement ce qui lui arrive, peut-être parce qu’elle n’est pas prête à renoncer à l’alcool, ou tout simplement parce qu’elle pense encore pouvoir gérer.

Jusqu’au moment où elle n’a finalement plus vraiment le choix.

Lorsque sa consommation devient telle que sa vie elle-même peut être en danger, ce qui pouvait encore être minimisé ne peut plus vraiment l’être.

Je pense que c’est aussi ce qui rend le film assez parlant.

Parce que nous avons probablement tous croisé, dans notre univers professionnel ou personnel, une personne dont on s’est dit qu’elle buvait peut-être un peu trop.
Et que fait-on dans ces moments-là ?
Est-ce qu’on lui en parle ?
Comment lui en parler ?
À quel moment une consommation que l’on trouve excessive devient-elle réellement inquiétante ?
Et surtout, comment aider quelqu’un qui ne considère pas forcément avoir besoin d’aide ?

Je trouve que le film montre assez bien ce désarroi de l’entourage.

  • On voit.
  • On sait parfois.
  • On s’inquiète.
  • Mais on ne sait pas toujours quoi dire ni quoi faire.

Pendant longtemps, l’alcool a aussi été beaucoup plus facilement banalisé. Quelqu’un qui buvait beaucoup pouvait être considéré comme un bon vivant, quelqu’un qui aimait faire la fête, profiter, boire un verre avec les autres.

Heureusement, je trouve que notre regard a évolué.

Aujourd’hui, la parole autour de l’alcool et de la dépendance est plus libre et on sait aussi davantage que derrière cette image du « bon vivant » peut se cacher une véritable addiction. Et tant mieux.

Garance montre justement que la frontière n’est pas toujours évidente à voir, notamment lorsque la personne continue à travailler, à sortir, à rire et à vivre presque normalement.
Mais derrière cette histoire d’addiction, j’ai aussi vu une très belle histoire d’amour. Ou plutôt plusieurs histoires d’amour.

Il y a d’abord l’amour entre Garance et sa sœur. Cet amour familial qui fait que l’on reste présent, même lorsqu’on ne comprend plus vraiment l’autre, que l’on s’inquiète ou que l’on ne sait plus comment l’aider.

Puis il y a cette autre histoire d’amour, avec le personnage interprété par Sara Giraudeau, que j’ai également trouvée très bien. Elle est tout en douceur et dans l’écoute.
Elle accompagne Garance, accepte beaucoup, essaie de comprendre et reste présente. Parfois peut-être même un peu trop, au point de s’effacer elle-même.
J’ai trouvé cette relation très touchante. Parce qu’elle pose aussi une autre question : jusqu’où peut-on aller pour quelqu’un que l’on aime ?
À quel moment aider l’autre commence-t-il à nous faire disparaître nous-même ?

Sara Giraudeau apporte beaucoup de douceur à cette relation et j’ai trouvé que cela fonctionnait vraiment bien face à Adèle Exarchopoulos.
L’une prend énormément de place avec ses excès, ses fragilités et son addiction, tandis que l’autre écoute, accompagne et tente d’être là.

Finalement, derrière l’histoire de cette jeune femme qui sombre peu à peu dans l’alcool, Garance parle beaucoup des liens que l’on entretient avec les autres.

De ceux qui aiment.
De ceux qui voient.
De ceux qui essaient d’aider.
Mais aussi de cette impuissance que l’on peut ressentir lorsque quelqu’un que l’on aime est en train de se faire du mal.

J’ai trouvé le film sensible sans chercher à donner de leçon.

Il est porté par une Adèle Exarchopoulos vraiment excellente, qui réussit à rendre Garance attachante, agaçante, fragile, joyeuse et parfois complètement perdue.

Parce que son personnage n’est jamais seulement « une alcoolique ». C’est une jeune femme qui vit, aime, travaille, rit, souffre et qui, progressivement, se retrouve enfermée dans une dépendance dont elle n’a pas vraiment envie de sortir.

Jusqu’à ce que la vie lui rappelle qu’elle ne pourra pas continuer ainsi éternellement.

Les infos sur le film

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Synopsis

Garance est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à la potentialité de la mort.