THE SOCIAL RECKONING - AARON SORKIN
Quand les réseaux sociaux deviennent aussi puissants qu’inquiétants
Une histoire vraie qui interroge sur les dérives d’un univers devenu incontournable.
MON REGARD
Les réseaux sociaux font aujourd’hui tellement partie de nos vies qu’il est parfois difficile d’imaginer tout ce qui se joue derrière nos écrans.
Je les utilise moi-même beaucoup, notamment pour partager mes découvertes et faire vivre mon site. Je sais donc tout ce qu’ils peuvent apporter de positif : créer du lien, partager, découvrir, informer, donner de la visibilité…
Mais j’en vois aussi régulièrement les dérives.
Les mensonges, les comportements agressifs, le cyberharcèlement, cette place parfois démesurée qu’ils prennent dans nos vies… et, je dois l’avouer, certaines choses arrivent vraiment à me rendre dingue.
Alors oui, je vais peut-être passer pour une vieille en disant cela…
Mais tant pis.
C’est justement pour toutes ces raisons que j’ai trouvé The Social Reckoning intéressant.
Le film s’inspire de l’histoire vraie de Frances Haugen, ingénieure chez Facebook qui décide de ne plus fermer les yeux sur ce qu’elle découvre au sein de l’entreprise. Elle se rapproche alors de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal, avec lequel elle va contribuer à révéler des informations jusque-là restées internes à Facebook.
Ce qui m’a particulièrement intéressée, c’est évidemment le dilemme de cette femme.
Elle aurait pu faire comme beaucoup d’autres.
Continuer à travailler.
Fermer les yeux.
Conserver un poste certainement confortable et bien payé.
Après tout, pourquoi prendre autant de risques ?
Mais visiblement, cela ne correspondait tout simplement pas à ses valeurs.
Et pour cela, je trouve qu’elle a fait preuve d’un courage énorme.
Dénoncer les pratiques de l’entreprise pour laquelle on travaille, surtout lorsqu’il s’agit d’un géant aussi puissant que Facebook, implique forcément de s’exposer personnellement et professionnellement.
Le film montre bien ce choix : à un moment, continuer à se taire devient plus difficile pour elle que de parler.
Mikey Madison est d’ailleurs très convaincante dans le rôle de Frances Haugen. Elle réussit à transmettre cette détermination sans en faire une héroïne spectaculaire.
Face à elle, j’ai également beaucoup aimé Jeremy Allen White dans le rôle du journaliste Jeff Horwitz.
Leur relation fonctionne bien parce que le film ne repose pas uniquement sur de grandes révélations. Il raconte aussi le travail nécessaire pour faire sortir ces informations, les vérifier, les comprendre puis réussir à les rendre publiques.
Mais forcément, derrière toute cette histoire plane l’immense machine Facebook.
Et avec elle, Mark Zuckerberg.
C’est probablement la partie qui m’a le plus dérangée.
Pas parce que Jeremy Strong est mauvais, bien au contraire. Il réussit parfaitement à faire ressentir cette froideur.
Le Zuckerberg présenté dans le film m’a semblé particulièrement peu empathique, obsédé par la protection de son image, de son entreprise et de l’empire qu’il a construit.
Et c’est assez glaçant.
J’ai parfois eu l’impression que les conséquences humaines passaient après le reste.
Évidemment, il s’agit d’un film et donc d’une représentation de Mark Zuckerberg, pas d’un accès à ce qu’il pense réellement. Mais le personnage tel qu’il est montré ici incarne parfaitement l’une des questions soulevées par le récit : jusqu’où une entreprise est-elle prête à aller pour protéger son modèle, son influence et ses intérêts ?
Car au fond, The Social Reckoning parle bien de cela.
De réseaux sociaux capables du meilleur comme du pire.
Ils peuvent rapprocher les gens, faire circuler une information, permettre à chacun de s’exprimer ou créer de formidables communautés.
Mais ils peuvent également amplifier les mensonges, favoriser certains comportements violents, devenir le terrain du cyberharcèlement ou prendre une place considérable dans nos vies.
Et derrière tout cela se trouvent des entreprises.
Des algorithmes.
Des intérêts économiques.
Des décisions dont nous ne connaissons finalement presque rien.
C’est ce côté très nébuleux qui me questionne le plus.
Nous utilisons quotidiennement des outils dont nous ne savons finalement pas grand-chose du fonctionnement réel. On publie, on partage, on regarde, on réagit… sans forcément savoir pourquoi certains contenus nous sont proposés plutôt que d’autres ou ce qui se passe réellement derrière notre écran.
Pour autant, je ne suis pas sortie de The Social Reckoning en me disant que les réseaux sociaux étaient forcément mauvais.
Ce serait beaucoup trop simple.
Je continue d’ailleurs moi-même à les utiliser.
Mais ce film rappelle qu’un outil aussi puissant mérite probablement que l’on conserve un minimum de recul et d’esprit critique.
J’ai donc trouvé le film plutôt pas mal.
Pas un énorme coup de cœur, mais un sujet vraiment intéressant, porté par de bons acteurs et surtout par une histoire qui pousse forcément à s’interroger sur nos propres usages.
Parce qu’au fond, nous sommes presque tous concernés.
Les infos sur le film
- Date de sortie en salle : 7 octobre 2026
- 1h54 mn
- Drame, Faits réels
- De Aaron Sorkin | Par Aaron Sorkin Avec Mikey Madison, Jeremy Allen White, Jeremy Strong
- Tout public
Synopsis
Le film s’inspire de l’histoire vraie de Frances Haugen, une jeune ingénieure chez Facebook, qui sollicite l’aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête pleine de dangers qui les mènera à révéler au grand jour les secrets les mieux gardés du puissant réseau social.