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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

THE CHRISTOPHERS

Une histoire d'art, de faux-semblants et de transmission

Quand l'héritage devient un enjeu

MON REGARD

Quand l’héritage devient un enjeu

Derrière son apparente légèreté, The Christophers propose une réflexion plutôt savoureuse sur l’art, la famille et l’héritage.

Le film nous fait rencontrer Julian Sklar, ancienne figure du pop art londonien devenu aussi talentueux qu’insupportable. Depuis des décennies, il n’a plus peint une seule toile. Pourtant, une série d’œuvres inachevées, les fameux Christophers, pourrait valoir une véritable fortune.

Ses enfants y voient surtout une opportunité financière.

Ils recrutent alors Lori, restauratrice d’art et ancienne faussaire, pour terminer discrètement les tableaux et permettre leur vente. Un plan qui semblait simple sur le papier mais qui va rapidement se compliquer au contact de Julian.

J’ai passé un agréable moment devant ce film, et malheureusement je n’ai pas pu profiter de la clim du cinéma qui était en panne.

L’un de ses principaux atouts réside dans l’interprétation des acteurs.

Ian McKellen domine largement l’ensemble avec une prestation tout en finesse. Son Julian Sklar est à la fois agaçant, brillant, manipulateur, drôle et parfois profondément touchant. Il impose naturellement sa présence à l’écran et capte l’attention dès qu’il apparaît.

Face à lui, Michaela Coel est remarquable de retenue. Son personnage de Lori est plus discret, plus mystérieux, mais tout aussi essentiel à l’équilibre du récit.

Au fil du film, la relation qui se construit entre eux devient d’ailleurs le véritable cœur de l’histoire.

Leur complicité naissante, leurs échanges, leurs non-dits et leurs failles respectives apportent beaucoup de sensibilité à l’ensemble. Une relation inattendue qui évolue avec beaucoup de justesse et qui devient progressivement très attachante.

À l’inverse, les enfants de Julian ne cherchent pas vraiment à susciter la sympathie.

James Corden et Jessica Gunning incarnent deux personnages particulièrement opportunistes, obsédés par l’héritage à venir. À plusieurs reprises, on en vient même à se demander s’ils aiment réellement leur père ou si seule la valeur de son œuvre les intéresse encore.

Cette opposition entre l’intérêt financier des enfants et le lien plus sincère qui se crée entre Julian et Lori constitue l’un des fils conducteurs du film.

Au-delà de l’histoire familiale, The Christophers interroge également la valeur de l’art.

Une œuvre est-elle définie par la main qui la réalise ? Par l’intention de l’artiste ? Par le regard que l’on porte sur elle ? 

Sans jamais devenir pesant, le film soulève ces questions avec une certaine malice.

L’ensemble avance à un rythme tranquille mais efficace, porté par des dialogues bien écrits et des personnages suffisamment complexes pour éviter toute caricature.

Ce n’est pas un film spectaculaire mais il est touchant.

C’est avant tout un film de personnages, où les relations humaines prennent progressivement le dessus sur l’intrigue elle-même.

Et c’est précisément ce qui le rend attachant.

Une comédie dramatique élégante, portée par un excellent Ian McKellen et une très belle alchimie avec Michaela Coel.

Un film sensible, parfois drôle, parfois mélancolique, qui parle d’art mais surtout de relation, transmission et de liens familiaux.

Les infos sur le film

Synopsis

Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.