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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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SILLA : L’OR ET LE SACRÉ

Trésors royaux de Corée (57 av. J.-C. – 935)

Près de mille ans d’histoire coréenne racontés à travers l’or, le sacré et des objets d’une étonnante finesse

 

L’art asiatique m’attire depuis de nombreuses années et le musée Guimet fait partie de ces musées parisiens où j’aime revenir. Derrière sa façade se cachent tellement de trésors que je sais presque toujours que la visite me réservera de belles découvertes.

Avec Silla : l’Or et le Sacré, direction la Corée et un royaume que, je dois bien l’avouer, je connaissais très peu.

Et c’est aussi ce que j’aime dans une exposition : entrer avec quelques connaissances et ressortir avec l’envie d’en savoir davantage.

Le royaume de Silla a pourtant occupé une place majeure dans l’histoire de la péninsule coréenne. Fondé, selon les chroniques, en 57 avant J.-C., il a perduré jusqu’en 935, soit presque un millénaire. Sa capitale, Gyeongju, fut pendant des siècles un important centre politique, culturel et spirituel.

L’exposition permet de remonter le temps et de comprendre progressivement comment ce royaume s’est construit, développé puis imposé.

Les premières salles montrent notamment l’importance du travail du fer dans l’essor de Silla. Armes, outils et équipements témoignent d’une maîtrise technique qui a participé à son développement militaire, mais aussi à ses échanges avec les territoires voisins, notamment la Chine et le Japon.

C’est d’ailleurs l’un des aspects que j’ai appréciés dans cette exposition : la diversité des objets présentés.

On passe de morceaux de haches et d’armes à des bijoux extrêmement délicats, du verre, du jade, des objets funéraires ou religieux… Certains ont traversé tellement de siècles que leur finesse est assez incroyable.

Et puis vient l’or.

À partir du IVe siècle, il prend une place considérable et devient l’un des symboles du pouvoir du royaume. Les tombes royales ont livré des couronnes, ceintures, boucles d’oreilles, pendentifs, bracelets et autres parures destinées aux souverains et aux élites.

La couronne en or et jade du Ve siècle, présentée dans l’exposition, est forcément l’une des pièces qui attire le regard. Ses formes ne sont pas uniquement décoratives : dans les couronnes de Silla, elles évoquent notamment l’arbre sacré et le lien entre la terre, les hommes et les forces de la nature.

C’est exactement ce que j’aime dans l’art asiatique : cette finesse, cette douceur que peuvent dégager certains objets et, quelques mètres plus loin, quelque chose de beaucoup plus brut, parfois même violent. Ce contraste m’a toujours fascinée.

L’exposition raconte également un royaume beaucoup moins isolé qu’on pourrait l’imaginer.

Silla était intégré à de vastes réseaux d’échanges reliant le Japon, la Chine, l’Asie centrale et bien au-delà. Certains objets retrouvés dans les tombes en sont des témoins étonnants : du verre romain provenant d’Égypte ou de Syrie a ainsi parcouru des milliers de kilomètres avant d’arriver jusqu’en Corée.

J’ai trouvé ce détail assez incroyable. Imaginer le voyage de ces objets il y a plus de quinze siècles permet aussi de regarder les collections autrement.

De l’or au sacré

L’exposition change progressivement d’atmosphère avec l’arrivée du bouddhisme, officiellement adopté par Silla en 527.

La religion va profondément transformer le royaume. Après l’unification d’une grande partie de la péninsule au VIIe siècle, les matériaux précieux autrefois associés aux tombes et au pouvoir royal se retrouvent davantage dans les temples, les pagodes, les reliquaires et les représentations sacrées.

C’est une autre facette de l’art coréen qui apparaît alors.

Les représentations deviennent plus spirituelles, plus apaisées. J’ai retrouvé dans certaines pièces cette douceur qui me touche particulièrement dans l’art asiatique : un visage, une posture, un regard suffisent parfois à dégager une véritable sérénité.

Le Bouddha debout en bronze doré datant de 692, notamment, témoigne de cette évolution de l’art de Silla.

Cette place prise par le bouddhisme se retrouve encore aujourd’hui autour de Gyeongju, notamment avec la grotte de Seokguram, construite au VIIIe siècle et pensée comme un véritable chemin spirituel vers l’éveil.

Gyeongju, une histoire toujours présente

J’ai aussi aimé que l’exposition ne s’arrête pas uniquement aux objets.

Elle permet de comprendre ce qu’est aujourd’hui Gyeongju, l’ancienne capitale de Silla. Ses immenses tumulus royaux, ses temples, ses pagodes et ses vestiges sont toujours présents dans le paysage d’une ville moderne qui continue de vivre avec son histoire.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, Gyeongju reste un véritable témoignage de cette civilisation, dont les fouilles archéologiques menées depuis le début du XXe siècle continuent à révéler la richesse.

C’est assez fascinant de penser que les bijoux, les armes, les objets en verre ou les sculptures que l’on observe derrière les vitrines du musée proviennent pour certains de ces immenses tombes royales qui ponctuent encore aujourd’hui le paysage coréen.

Une belle découverte… un peu trop rapide à mon goût

La scénographie est agréable, le parcours clair et les pièces présentées sont vraiment belles.

J’ai passé un très bon moment.

Mais j’ai tout de même eu une petite frustration en arrivant à la fin : l’exposition est passée vraiment très vite à mon goût.

Lorsque je suis arrivée dans les dernières salles, ma première réaction a presque été : déjà ?

C’est peut-être finalement bon signe. Lorsqu’une exposition donne envie qu’elle continue encore un peu, c’est qu’elle a réussi à éveiller la curiosité et l’envie.

J’aurais simplement aimé voir davantage de pièces, prolonger un peu plus cette plongée dans près de mille ans d’histoire et continuer à découvrir cette civilisation que je connaissais finalement pas.

Cela reste néanmoins une très belle exposition, et surtout une occasion assez rare puisque plusieurs trésors nationaux coréens sont présentés pour la première fois hors de Corée du Sud. 

Le musée Guimet l’a conçue en collaboration notamment avec le musée national de Gyeongju.

Une jolie parenthèse coréenne au cœur de Paris, qui m’a surtout donné envie d’en voir encore davantage.

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