Aucune attente particulière en y allant… et sans doute pour cela une si belle surprise.
Cette exposition, franchement, je l’ai trouvée magnifique.
Sèvres, une passion Rothschild. De la Villa Ephrussi à Paris a été un vrai coup de cœur.
L’exposition raconte avant tout une passion familiale.
Au sein de la famille Rothschild, la porcelaine de Manufacture de Sèvres n’est pas un simple objet de collection : c’est presque une obsession, transmise de génération en génération.
De Francfort à Paris, de Vienne à Londres, les différentes branches de la famille ont réuni des pièces parmi les plus spectaculaires du XVIIIe siècle, fascinées par la virtuosité des formes, l’audace des couleurs, la finesse des décors et l’excellence de cette manufacture fondée en 1740.
La figure de Béatrice Ephrussi de Rothschild traverse d’ailleurs magnifiquement le parcours. Grande collectionneuse, passionnée absolue de Sèvres, elle en est presque l’âme.
Et c’est cela que l’exposition montre très bien : derrière les objets, il y a aussi une histoire de goût, de transmission et de passion.
Au fil du parcours, la passion de la famille Rothschild pour les créations de la Manufacture de Sèvres apparaît dans toute son ampleur.
Les pièces présentées sont magnifiques. Virtuosité des formes, raffinement des décors, couleurs chatoyantes, audaces presque folles de certaines porcelaines… tout cela est saisissant.
Mais ce qui rend cette exposition particulièrement réussie, c’est sa scénographie.
À plusieurs moments, le sentiment est presque celui d’entrer dans des appartements, de traverser des intérieurs habités, de se retrouver plongé dans une époque.
C’est intime, chaleureux, parfois délicieusement rococo. Et surtout très immersif.
Le parcours en dix temps est particulièrement bien pensé :
La section Tables prodigieuses est superbe, avec cette mise en scène qui donne presque l’illusion que les convives vont arriver.
Et puis il y a cette fameuse Pink Room. Exceptionnelle.
Une salle finale d’une beauté folle, pour moi, mais qui n’éclipse pas tout ce qui précède, tant le niveau est élevé.
Autre vraie réussite : la lisibilité du parcours.
Cartels clairs, textes bien faits, accrochage élégant, circulation fluide… tout semble pensé pour le visiteur.
Et cela compte énormément.
Le tout se découvre en environ une heure, avec une sensation de plaisir constant.
J’ai eu aussi la chance d’y aller en semaine, alors qu’elle venait d’ouvrir : peu de monde, une vraie respiration, le luxe de prendre son temps.
Et ça a clairement participé au plaisir.