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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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SCULPTER LA COULEUR – MUSÉE DU LOUVRE, PARIS

Une découverte intéressante, des sculptures au réalisme parfois saisissant et un beau complément à l'exposition Zurbarán

Des chefs-d'œuvre du Musée national de sculpture de Valladolid pour explorer la sculpture religieuse espagnole du XVIIe siècle et son étonnant travail de la couleur

 

Après avoir été totalement émerveillée par les peintures de Zurbarán, direction l’exposition voisine, Sculpter la couleur, pour prolonger cette immersion dans l’art espagnol du XVIIe siècle.

Les deux expositions sont présentées côte à côte, au Hall Napoléon du musée du Louvre, et ont été pensées pour se compléter.

Même époque, même contexte religieux, mais cette fois, ce ne sont plus des peintures que l’on admire, ce sont des sculptures.

Et je dois reconnaître que ce n’est pas du tout le style d’art vers lequel je me dirige habituellement.

Je ne connais pratiquement rien à la sculpture religieuse espagnole et, pour être franche, ce n’est pas un domaine auquel je suis particulièrement sensible.

Mais après avoir autant aimé l’exposition Zurbarán, j’avais envie de poursuivre la découverte.

Finalement, j’ai trouvé cette visite vraiment intéressante, notamment pour la qualité du travail présenté et les explications qui permettent de mieux comprendre ces œuvres.

La sculpture espagnole du XVIIe siècle, un art au service de la religion

Pour comprendre cette exposition, il faut revenir à l’Espagne du XVIIe siècle, une époque durant laquelle la religion occupe une place centrale dans la société et dans la création artistique.

Les églises, les couvents et les confréries commandent alors de nombreuses sculptures destinées à représenter le Christ, la Vierge et les saints.

Mais ces œuvres ne sont pas uniquement décoratives.

Elles jouent un rôle essentiel dans la pratique religieuse, qu’il s’agisse d’accompagner la prière, de susciter l’émotion ou de participer aux grandes processions.

L’une des particularités de cette sculpture espagnole est l’utilisation du bois polychromé.

Les artistes sculptent le bois avant de le peindre avec une précision parfois extraordinaire, afin de reproduire les carnations, les vêtements, les blessures et les expressions des personnages.

L’objectif est de donner aux figures une présence presque humaine.

Et même si je ne suis pas particulièrement attirée par cet art, je ne peux que reconnaître la qualité impressionnante du travail réalisé.

Certaines sculptures sont d’un réalisme étonnant.

Des chefs-d'œuvre venus de Valladolid

L’exposition est organisée par le musée du Louvre, avec la collaboration exceptionnelle du Museo Nacional de Escultura de Valladolid, en Espagne.

Elle permet de découvrir plusieurs œuvres majeures de la sculpture espagnole du XVIIe siècle, dont certaines n’avaient encore jamais été présentées en France.

Parmi les artistes représentés figurent notamment Gregorio Fernández, Alonso Cano, Pedro de Mena, Juan de Mesa, José de Mora ou encore Luisa Roldán, l’une des rares femmes sculptrices de cette époque à avoir connu une carrière remarquable, jusqu’à la cour royale.

Le parcours explore plusieurs thèmes : le culte des reliques, les représentations des saints, les statues habillées, les souffrances du Christ et de la Vierge ou encore la dévotion privée.

Une façon de comprendre que ces sculptures avaient des fonctions bien précises et occupaient une place importante dans la vie religieuse.

Ce que j’ai trouvé intéressant, c’est justement de ne pas les regarder uniquement comme des objets d’art, mais aussi comme des témoins des croyances et des pratiques d’une époque.

Des sculptures au réalisme parfois impressionnant

Parmi les pièces majeures de l’exposition, on découvre notamment Le Chemin du Calvaire (Camino del Calvario), un ensemble monumental réalisé par Gregorio Fernández au début du XVIIe siècle.

Il s’agit d’un paso, c’est-à-dire d’un ensemble sculpté destiné à être porté lors des processions religieuses.

Celui-ci réunit cinq personnages grandeur nature, sculptés et peints.

Présenté à hauteur d’homme, il permet de prendre toute la mesure du travail réalisé et de l’importance que pouvaient avoir ces représentations pour les fidèles.

L’exposition présente également le Cristo de la Luz, un Christ en croix grandeur nature, également réalisé par Gregorio Fernández, dont le réalisme est particulièrement saisissant.

D’autres œuvres permettent d’apprécier la diversité des styles, notamment le Saint Jean Baptiste d’Alonso Cano, la Vierge et l’Enfant avec saint Jean Baptiste de Luisa Roldán ou encore L’Immaculée Conception de Pedro de Mena.

Ce qui m’a frappée devant certaines sculptures, c’est la précision du travail.

Les visages, les expressions, les mains, les vêtements et les détails des corps témoignent d’un savoir-faire remarquable.

On peut ne pas être particulièrement sensible au sujet représenté et rester impressionné par la technique.

Et c’est exactement ce que j’ai ressenti.

Ce n’est pas un art qui me touche spontanément, mais il est impossible de ne pas reconnaître le talent de ces sculpteurs.

Un complément intéressant à l'exposition Zurbarán

C’est probablement ce qui donne tout son intérêt à cette exposition : sa proximité avec celle consacrée à Francisco de Zurbarán.

Les deux parcours ont été conçus conjointement pour permettre de mieux comprendre les liens entre la peinture et la sculpture espagnoles du XVIIe siècle.

Finalement, même si les techniques sont très différentes, on retrouve plusieurs points communs.

La place essentielle de la religion, bien sûr, mais aussi la recherche du réalisme, l’importance des expressions et cette volonté de donner aux personnages une présence particulièrement forte.

Après avoir admiré les tableaux de Zurbarán, ses jeux de lumière et la précision de ses drapés, il est intéressant de découvrir comment les sculpteurs de la même époque abordaient eux aussi les vêtements, les visages et les émotions.

On passe de la peinture à la sculpture, mais on reste plongé dans le même univers culturel et religieux.

Pour ma part, je suis contente d’avoir découvert les deux expositions à la suite.

Je n’aurais probablement pas eu l’idée de venir spécialement pour Sculpter la couleur, mais dans ce contexte, j’ai trouvé cette visite tout à fait pertinente

Une application qui apporte un véritable plus

Comme pour l’exposition Zurbarán, le Louvre propose une application gratuite accessible depuis son téléphone.

Et là encore, je vous recommande vraiment de l’utiliser.

Les explications permettent de mieux comprendre les œuvres, leur fonction, les techniques utilisées et le contexte dans lequel elles ont été réalisées.

Pour quelqu’un comme moi, qui ne connaît absolument pas ce domaine, c’est particulièrement appréciable.

Car devant certaines sculptures, il n’est pas toujours évident de comprendre ce que l’on regarde ou pourquoi elles ont été conçues de cette manière.

L’application apporte des informations importantes et rend le parcours beaucoup plus accessible.

C’est un excellent complément à la visite, surtout lorsque l’on découvre cet univers pour la première fois.

Mon petit conseil

Profitez de votre visite de l’exposition Zurbarán pour découvrir également Sculpter la couleur.

Les deux expositions sont installées dans le même espace du Louvre et un seul billet permet d’accéder aux deux parcours.

Même si vous n’êtes pas particulièrement amateur de sculpture religieuse, je trouve intéressant de prolonger la découverte de l’art espagnol du XVIIe siècle sous une autre forme.

Prévoyez environ 30 minutes supplémentaires.

Et surtout, utilisez l’application gratuite commune aux deux expositions, accessible à l’adresse zurbaran.louvre.fr (le QRcode est accessible à l’entrée des expositions)

Pensez à prendre vos écouteurs : les commentaires apportent de précieuses explications, notamment si vous ne connaissez pas cet univers artistique.

coups de coeur (11)

🩷 Pour prolonger votre découverte de l’exposition Sculpter la couleur, je vous invite à regarder sa présentation par Par Valérie Carpentier-Vanhaverbeke (conservatrice en chef au département des Sculptures, musée du Louvre) et Alejandro Nuevo Gómez (directeur du Museo Nacional de Escultura, Valladolid)

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