REVELER LE FEMININ
Mode & apparences au XVIIIe siècle
Une exposition élégante dans un musée intimiste, plein de charme
La découverte du Musée Cognacq-Jay s’est faite dans la continuité des expositions que j’ai pu voir consacrée au XVIIIe siècle. Après plusieurs expositions autour de cette période, l’envie de prolonger l’expérience était là… et ce musée est venu compléter le parcours de manière assez naturelle.
Et pourtant, c’était une vraie découverte.
Un lieu que je ne connaissais pas du tout, et qui m’a immédiatement séduite par son atmosphère. On est loin des grands musées, ici tout est plus intime, presque comme si l’on entrait dans un appartement parisien d’époque. Les boiseries, les volumes, la manière dont les pièces s’enchaînent… il y a quelque chose de très chaleureux, de très agréable et délégant.
Ce qui est intéressant aussi, c’est l’histoire du musée lui-même. Installé dans un hôtel particulier du Marais, l’Hôtel Donon, le lieu porte déjà en lui une certaine élégance. À l’origine, il s’agit de la collection d’un couple, Ernest Cognacq et Marie-Louise Jay, fondateurs de la Samaritaine, qui ont réuni au fil du temps des œuvres et objets d’art du XVIIIe siècle.
Leur volonté était de partager cet univers avec le public, presque comme s’il s’agissait d’un intérieur habité plutôt que d’un musée classique. Et c’est exactement ce que l’on ressent aujourd’hui en parcourant les salles.
L’exposition Révéler le féminin – Mode et Apparences au XVIIIe siècle, présentée en collaboration avec le Palais Galliera, s’inscrit parfaitement dans ce cadre.
On y découvre une exploration de la féminité à travers les codes du XVIIIe siècle, entre représentation, apparence et mise en scène. Portraits, scènes galantes, pièces textiles… tout dialogue avec beaucoup de cohérence, sans jamais donner l’impression d’un parcours figé.
Ce qui m’a particulièrement plu, c’est cette manière de croiser les regards.
On passe des portraits d’artistes comme Élisabeth Vigée Le Brun ou Jean-Marc Nattier à des œuvres plus idéalisées, inspirées des univers de François Boucher ou Antoine Watteau. Il y a à la fois quelque chose de très esthétique, très travaillé, mais aussi une approche plus sensible, plus intime dans certaines œuvres.
Et puis il y a ce dialogue avec le contemporain, qui vient apporter une autre lecture. Des photographies modernes, une création de Karl Lagerfeld pour Chanel… comme un écho entre les époques, qui montre à quel point ces codes continuent d’exister, d’une manière ou d’une autre.
Ce n’est pas une exposition très grande, mais elle est suffisamment riche pour capter l’attention sans saturer.
On prend le temps, on circule tranquillement, on passe d’une salon à un autre, et l’ensemble reste très agréable à parcourir.
Ce que j’ai aussi apprécié, c’est cette impression de continuité avec les autres expositions vues sur le XVIIIe siècle. Une manière de prolonger le regard, d’approfondir certains éléments, sans répétition.
Et puis il y a le lieu lui-même.
Un petit musée, discret, plein de charme, presque « caché », qui mérite vraiment d’être découvert.
On en ressort avec le sentiment d’avoir vu de très belles choses, sans avoir été submergé.
Et c’est aussi ça qui rend la visite agréable.
Infos Pratiques
- Musée Cognac Jay - 8 Rue Elzevir, 75003 Paris
- 01 40 27 07 21
- https://www.museecognacqjay.paris.fr/
- Formulaire de contact
- Exposition présentée du 25 mars au 20 septembre 2026 - Fermé les lundis
- Environ 1h15 de visite
- Tarif plein : 11.00€, 9.00€ (tarif réduit). Gratuit pour les moins de 18 ans.