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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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RAFAEL PAVAROTTI, PHOTOGRAPHE – MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS, PARIS

Une explosion de couleurs, de contrastes et d’images qui ne laissent pas indifférent

Une très belle découverte qui m’a donné envie d’en savoir davantage sur l’homme derrière les images.

 

Des couleurs intenses, des contrastes saisissants, des visages, des corps, des compositions presque théâtrales… Dès les premières photographies, l’univers de Rafael Pavarotti s’impose.

Certaines de ses images ne m’étaient finalement pas totalement inconnues. J’en avais déjà croisé quelques-unes, sans vraiment m’intéresser à l’artiste qui les avait réalisées.

Il aura donc fallu cette exposition au musée des Arts décoratifs pour que je mette enfin un nom, un parcours et tout un univers derrière ces photographies.

Franchement, je n’ai pas regretté de pousser un peu plus loin la découverte.

Avec plus de 200 tirages présentés, on entre véritablement dans son travail. Très vite, ce sont les couleurs, les contrastes, la puissance des portraits et ce côté extrêmement graphique qui m’ont séduite.

On en prend plein les yeux !

Mais surtout, plus j’avançais dans l’exposition, plus j’avais envie de comprendre qui était Rafael Pavarotti, d’où venait cette esthétique si particulière et ce qui nourrissait son travail.

Un univers immédiatement reconnaissable

Ce qui frappe en premier, ce sont évidemment les couleurs.

Elles sont fortes, intenses, parfois presque saturées. Les contrastes sont très marqués, les compositions extrêmement graphiques.

Il y a quelque chose de puissant dans ses photographies.

Certaines explosent littéralement de couleurs, tandis que d’autres jouent davantage avec l’ombre, la lumière ou des tonalités plus profondes. Dans tous les cas, l’image semble pensée jusque dans le moindre détail.

C’est beau, c’est graphique, c’est fort.

Même lorsque la personne photographiée m’était totalement inconnue, l’image suffisait à retenir mon regard.

C’est d’ailleurs l’une des choses que j’ai particulièrement appréciées : la notoriété du modèle devient finalement assez secondaire.

On regarde avant tout une photographie.

De l’Amazonie aux plus grands magazines de mode

Découvrir ses images donne naturellement envie de s’intéresser à l’homme qui se trouve derrière l’objectif.

Né en 1993 dans l’État de Pará, en Amazonie brésilienne, Rafael Pavarotti s’initie seul à la photographie dès l’âge de 12 ans en subtilisant l’appareil de son père.

Quatre ans plus tard, attiré par la photographie de mode, il part pour Rio de Janeiro. São Paulo, Londres puis Paris jalonneront ensuite son parcours.

Son travail trouve progressivement sa place dans les plus grands magazines de mode : Vogue, i-D, Acne Paper, mais aussi The New York Times.

Son identité visuelle séduit également de grandes maisons telles que Dior, Balmain, Maison Margiela, Ferragamo ou encore L’Oréal.

Lorsque l’on découvre ce parcours après avoir commencé à regarder ses photographies, on comprend rapidement pourquoi son travail a réussi à s’imposer : il possède une véritable signature visuelle.

Des couleurs qui viennent aussi de son histoire

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est de comprendre que cette palette si reconnaissable ne vient pas de nulle part.

Rafael Pavarotti puise une grande partie de son inspiration dans son enfance en Amazonie.

La nature qui l’entourait, les femmes fortes de sa famille, mais aussi quelque chose d’aussi simple que la vaisselle aux couleurs vives de sa grand-mère ont nourri son regard.

J’aime beaucoup cette idée.

Derrière ces photographies aujourd’hui publiées dans les plus grands magazines ou réalisées pour de prestigieuses maisons de mode subsiste quelque chose de beaucoup plus intime : des souvenirs d’enfance, une famille, des couleurs, un environnement.

Son histoire personnelle continue donc d’habiter ses images.

Beyoncé, Madonna, Kate Moss… mais pas seulement

Forcément, certains visages attirent immédiatement l’œil parce qu’on les reconnaît.

Beyoncé, Madonna, Kate Moss, mais également Rihanna ou Harry Styles font partie des personnalités internationales passées devant son objectif.

C’est amusant de découvrir ces célébrités à travers son univers, tant sa signature semble prendre le dessus sur l’image que l’on connaît habituellement d’elles.

Mais finalement, ce ne sont pas forcément les personnalités célèbres que je retiens le plus.

De nombreux modèles sont totalement inconnus.

Cela n’a absolument aucune importance.

Une attitude, un regard, une silhouette, une couleur ou une composition suffisent parfois à nous arrêter devant une photographie.

L’image devient presque plus importante que la personne photographiée.

Je trouve que c’est probablement l’une des grandes forces de son travail.

Des images spectaculaires qui racontent aussi quelque chose

Derrière cette esthétique extrêmement travaillée se trouve également un véritable engagement.

D’origine afro-autochtone, Rafael Pavarotti accorde une place importante à la représentation des corps noirs et autochtones, longtemps sous-représentés dans l’univers de la mode.

En février 2022, il réalise notamment pour le British Vogue la série As the World Turns, avec une couverture réunissant neuf mannequins noirs.

À travers son travail, il souhaite créer des images dans lesquelles les générations futures pourront aussi se reconnaître et se projeter, quelle que soit leur couleur de peau.

Cette dimension m’a intéressée parce qu’elle n’est jamais dissociée de son univers esthétique.

Le message passe d’abord par l’image.

Des photographies colorées, puissantes, parfois pop ou surréalistes, qui attirent le regard avant de raconter quelque chose de plus personnel, mais aussi de plus social.

Il sollicite d’ailleurs les souvenirs et les idées de ses modèles afin que les images puissent également raconter une part de leur propre histoire.

Plus de 200 photographies sans impression de répétition

Avec plus de 200 tirages, on pourrait craindre une certaine monotonie.

Ce n’est absolument pas le cas.

Portraits, séries de mode, couvertures de magazines ou campagnes se succèdent avec des univers différents, tout en conservant cette identité visuelle très forte.

Le musée met également le travail de Rafael Pavarotti en regard de photographies issues de ses propres collections.

Mais ce qui domine pour moi reste avant tout le plaisir visuel.

  • Les couleurs.
  • Les contrastes.
  • Les compositions.
  • Les regards.
  • Les silhouettes.
  • Les lumières.

Il y a énormément de choses à observer.

Certaines photographies m’ont immédiatement séduite, d’autres m’ont davantage intriguée, mais très peu m’ont laissée indifférente.

Mettre enfin un artiste derrière des images

C’est peut-être finalement ce que je retiens le plus de cette visite.

J’étais déjà passée devant certaines photographies de Rafael Pavarotti sans vraiment chercher à savoir qui les avait réalisées.

Cette fois, j’ai pris le temps de découvrir l’artiste derrière les images.

Et je n’ai vraiment pas regretté !

Son univers m’a beaucoup plu.

Cette utilisation très assumée de la couleur, les contrastes puissants, le côté graphique des compositions, mais aussi tout ce que son histoire personnelle apporte à son travail m’ont donné envie d’aller plus loin.

Car Rafael Pavarotti ne photographie pas simplement un vêtement, un mannequin ou une personnalité.

Il construit véritablement une image.

Une image avec une lumière, des couleurs, une mise en scène, une intention.

Maintenant que je connais davantage l’homme qui se trouve derrière certaines photographies que j’avais déjà croisées, je pense que je ne les regarderai plus tout à fait de la même manière.

C’est exactement ce que j’aime lorsqu’une exposition consacrée à un artiste que je connais peu réussit à faire : me donner envie de poursuivre la découverte une fois la visite terminée.

Mon conseil

Même si la photographie de mode n’est pas forcément votre domaine de prédilection, ne vous arrêtez pas à cette seule étiquette.

Prenez le temps de regarder les compositions, les couleurs, les contrastes, les lumières, mais également les expressions ou les attitudes des modèles.

Il n’est absolument pas nécessaire de connaître les personnes photographiées pour apprécier les images.

Si, comme moi, vous avez déjà croisé certaines photographies de Rafael Pavarotti sans réellement connaître son travail, cette exposition est justement une très belle occasion de découvrir l’artiste qui se cache derrière elles.

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