HASSAN HAJJAJ « MY ROCK STARS » – MUSÉE DE LA MUSIQUE, PHILHARMONIE DE PARIS
Une exposition pop, colorée et pleine d'énergie, à la découverte d'un artiste dont l'univers décalé m'a totalement séduite
Entre portraits de musiciens, objets du quotidien détournés et création musicale d'Acid Arab, Hassan Hajjaj nous entraîne dans un univers où se rencontrent cultures marocaines, influences londoniennes et Pop Art
De la couleur, de la musique, des portraits étonnants et une bonne dose de fantaisie… Voilà une exposition qui m’a immédiatement mise de bonne humeur.
Direction la cité de la musique, à la Philharmonie de Paris, pour découvrir My Rock Stars, une exposition consacrée au photographe et plasticien Hassan Hajjaj.
Et pour être tout à fait franche, je ne connaissais absolument pas cet artiste.
C’est donc sans idée préconçue que je suis entrée dans son univers. Et quelle agréable surprise !
J’ai vraiment passé un très bon moment.
C’est pop, c’est coloré, c’est vivant, parfois complètement décalé, et surtout, cela donne envie de regarder chaque œuvre dans ses moindres détails.
J’ai beaucoup aimé cette liberté, cette façon de mélanger les influences et de détourner des objets que l’on connaît tous pour en faire quelque chose de totalement inattendu.
Une exposition joyeuse, originale, qui ne ressemble pas vraiment aux autres.
Hassan Hajjaj, un artiste entre le Maroc et Londres
Avant cette visite, son nom ne m’évoquait absolument rien. J’ai donc pris plaisir à en apprendre davantage sur son parcours.
Hassan Hajjaj est né en 1961 à Larache, au Maroc. Encore adolescent, il rejoint sa famille à Londres, où il grandit dans une ville particulièrement effervescente sur le plan culturel.
Dans les années 1980, il découvre l’univers des clubs, du reggae, du hip-hop et des cultures urbaines londoniennes.
Autodidacte, il évolue dans différents domaines, notamment la mode, le design, la musique et la photographie.
C’est à la fin des années 1980 qu’il commence à développer son travail photographique.
Son originalité réside dans sa capacité à faire dialoguer ses racines marocaines et la culture populaire occidentale, sans chercher à les opposer.
Les motifs traditionnels côtoient les vêtements contemporains, les objets du quotidien deviennent des éléments artistiques et les codes de la photographie de mode sont complètement réinventés.
Il s’inspire notamment du Pop Art, mais aussi de l’esthétique des souks, de la publicité, des cultures de rue et de la photographie africaine.
Son univers lui vaut même le surnom d’« Andy Wahloo », clin d’œil à Andy Warhol, imaginé par son ami le chanteur Rachid Taha.
Une référence qui prend tout son sens lorsque l’on découvre ses œuvres.
Car Hassan Hajjaj aime détourner les images, jouer avec les codes et bousculer les représentations habituelles.
Aujourd’hui, son travail est présenté dans de nombreuses institutions internationales, et il partage sa vie entre Marrakech et Londres.
Des portraits qui ne ressemblent à aucun autre
L’exposition My Rock Stars rassemble une galerie de portraits de personnalités issues d’univers musicaux très différents.
On y retrouve notamment Madonna, Billie Eilish, Rachid Taha, Alicia Keys, mais aussi des artistes moins connus du grand public, dont des musiciens de la tradition gnawa marocaine.
Et c’est justement ce mélange que j’ai trouvé intéressant.
Hassan Hajjaj ne se contente pas de photographier des célébrités.
Il met également en lumière des artistes et des personnalités qui participent à la richesse de différentes cultures musicales.
Mais ce qui m’a immédiatement séduite, c’est surtout sa manière de composer les photographies.
Les poses sont travaillées, les vêtements sont étonnants, les accessoires parfois extravagants et les couleurs particulièrement vives.
Les motifs se répondent, les contrastes sont assumés et les portraits possèdent une véritable personnalité.
On retrouve un esprit qui évoque à la fois la photographie de mode, la publicité et le Pop Art.
Et pourtant, l’ensemble reste très personnel.
J’aime beaucoup cette esthétique qui ose les mélanges, les couleurs et les associations inattendues.
Il y a quelque chose de joyeux et de presque impertinent dans ces images.
Elles attirent immédiatement le regard, mais elles donnent aussi envie de s’approcher pour observer les détails.
Des boîtes de conserve transformées en cadres : j'adore l'idée
Hassan Hajjaj utilise notamment des boîtes de conserve, des emballages et différents produits de consommation courante pour entourer ses portraits.
Des boîtes de thé, de concentré de tomates et d’autres objets du quotidien deviennent ainsi des éléments décoratifs.
Parfois, ils se répètent à l’identique tout autour de l’image. Ailleurs, ils jouent avec les motifs et les couleurs de la photographie.
Je trouve cela particulièrement réussi.
Qui aurait imaginé qu’une simple boîte de conserve puisse devenir un élément aussi important dans la composition d’une œuvre ?
C’est original, amusant et visuellement très efficace.
J’ai aimé cette manière de détourner les objets, de leur donner une nouvelle fonction et de transformer quelque chose de banal en une création pleine de caractère.
On retrouve évidemment l’esprit du Pop Art, avec cette utilisation des produits de consommation et des images populaires.
Mais il y a aussi une dimension liée à la récupération, aux traditions artisanales et à la culture marocaine.
C’est justement ce mélange qui fait toute la singularité de son travail.
Rien n’est vraiment conventionnel, et c’est ce qui me plaît !
Même les cadres deviennent des œuvres à part entière.
Une exposition qui se regarde… et qui s'écoute
Autre très bonne idée : la présence d’une création musicale originale du groupe Acid Arab, qui accompagne la première partie du parcours.
Et franchement, j’ai trouvé cela très sympa.
La musique apporte une véritable dimension supplémentaire à la découverte des photographies et à l’univers de l’exposition.
Le groupe, connu pour ses mélanges entre musique électronique et sonorités d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, a imaginé une bande-son spécialement pour l’exposition.
On y retrouve des rythmes électroniques, des influences traditionnelles et des sonorités qui font écho à l’univers de Hassan Hajjaj.
J’ai beaucoup aimé cette association entre les images et la musique.
Cela donne du rythme à la visite, crée une ambiance particulière et renforce cette impression d’entrer dans un univers artistique à part entière.
On ne se contente plus de passer devant des photographies accrochées aux murs.
On se laisse entraîner dans une atmosphère.
Et comme la musique occupe une place importante dans le travail de Hassan Hajjaj, cette création sonore trouve naturellement sa place dans l’exposition.
C’est un petit plus qui, à mes yeux, fait vraiment la différence.
Quand l'art contemporain s'invite au milieu des collections permanentes
L’autre aspect que j’ai particulièrement apprécié, c’est que l’exposition ne s’arrête pas à son espace principal.
Plusieurs œuvres de Hassan Hajjaj sont disséminées dans les salles du Musée de la musique, au milieu de la collection permanente.
J’ai trouvé cette idée excellente.
Cela permet de prolonger la découverte de l’artiste tout en parcourant le musée.
On passe ainsi d’instruments anciens, parfois vieux de plusieurs siècles, à des créations contemporaines pleines de couleurs et de fantaisie.
Deux univers très différents qui se rencontrent de manière assez inattendue.
J’aime énormément ce genre de décalage.
Le contraste entre les instruments historiques et les œuvres de Hassan Hajjaj fonctionne particulièrement bien.
Il attire le regard, surprend et invite à regarder autrement les collections.
J’ai aussi apprécié cette façon de faire dialoguer les époques.
Après tout, la musique n’a jamais cessé d’évoluer, de voyager et de se nourrir de différentes influences.
Faire entrer l’art contemporain dans un musée consacré à l’histoire de la musique me paraît donc particulièrement pertinent.
Puis, cela donne une bonne raison de redécouvrir les collections permanentes.
On vient voir une exposition temporaire et l’on profite finalement de deux visites en une.
Une initiative que j’aimerais retrouver plus souvent dans les musées.
Une exposition joyeuse qui donne envie d'explorer
Ce que je retiens surtout de My Rock Stars, c’est cette impression de liberté.
Hassan Hajjaj semble prendre un plaisir évident à mélanger les styles, les cultures, les objets et les références.
Rien n’est figé.
Les photographies sont pleines de personnalité, les cadres sont étonnants et la scénographie prolonge cet univers coloré.
On retrouve notamment l’esprit d’un salon marocain, avec des motifs, des couleurs et des éléments décoratifs qui contribuent à l’ambiance.
Et ce qui m’a plu, c’est que l’exposition reste très accessible.
Pas besoin de connaître l’artiste ni d’être spécialiste de photographie contemporaine pour prendre plaisir à la découvrir.
On peut simplement se laisser surprendre par les images, s’amuser des détails, apprécier les associations de couleurs et profiter de la musique.
Le parcours propose également un espace où les visiteurs peuvent se prêter au jeu du portrait avec des accessoires, dans l’esprit des photographies de l’artiste.
Une manière ludique de prolonger la visite.
Pour ma part, je suis vraiment contente d’avoir découvert Hassan Hajjaj.
J’aime beaucoup son univers, sa créativité et cette façon de faire cohabiter des éléments qui, au premier abord, ne semblent pas forcément destinés à aller ensemble.
La culture marocaine, l’énergie londonienne, la musique, la mode, les objets de consommation, la photographie…
Tout se mélange, et le résultat possède une identité immédiatement reconnaissable.
Une exposition pleine de vie, de couleurs et de fantaisie, qui m’a fait passer un excellent moment.
Et surtout, une belle rencontre avec un artiste dont j’aurai désormais plaisir à suivre le travail.
Mon petit conseil
Prenez le temps d’observer les cadres autant que les photographies. Les boîtes de conserve, les emballages et les objets détournés font pleinement partie des œuvres, et certains détails méritent vraiment que l’on s’y attarde.
Profitez également de la création musicale d’Acid Arab, qui accompagne très agréablement la première partie de l’exposition.
Et surtout, ne quittez pas la cité de la musique après ce premier parcours ! Plusieurs œuvres de Hassan Hajjaj sont disséminées au milieu des collections permanentes, du musée, créant un dialogue particulièrement intéressant entre les instruments anciens et l’art contemporain.
Je vous conseille vivement de prendre la petite brochure disponible à l’entrée du musée. Elle permet de repérer plus facilement les œuvres de l’artiste parmi les collections et de ne pas passer à côté de certaines d’entre elles.
- Cité de la musique - 221 Av. Jean Jaurès, 75019 Paris
- 01 44 84 44 84
- https://philharmoniedeparis.fr/fr
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- Pour réserver
- Exposition présentée du 22 septembre 2026 au 25 avril 2027 - Tous les jours sauf le lundi
- environ 1h45 de visite
- Tarif : Adulte : 12.00 € / Tarifs réduits - Tarif réduit 1 : 10 € / Tarif réduit 2 : 6 € Bénéficiaires du tarif réduit 1 : Abonnés et titulaires d’un billet de concert Philharmonie de Paris de la saison en cours, groupes à partir de 10 personnes, professeurs des écoles de musique, jeunes de 26 à 28 ans inclus, titulaires du Pass éducation. Bénéficiaires du tarif réduit 2 : Jeunes de moins de 26 ans, demandeurs d’emploi, bénéficiaires des minima sociaux.
- Il est possible d'acheter les places directement sur place mais je vous conseille de réserver en ligne, pour plus de sérénité