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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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MUSÉE REINA SOFÍA – MADRID

Guernica, forcément… mais pas seulement.

L’art contemporain n’est pas toujours celui qui me touche le plus, et l’univers de Picasso me laisse souvent assez perplexe. Pourtant, j’étais vraiment curieuse de découvrir Guernica. Rien que pour lui, cette visite du Reina Sofía valait le détour.

 

Après le Prado, un autre grand musée madrilène était au programme de notre séjour : le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofía.

Cette fois, changement complet d’univers.

Ici, place à l’art moderne et contemporain, avec une collection de près de 25 000 œuvres allant de la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. Picasso, Dalí, Miró et bien d’autres grands noms de l’art espagnol y occupent évidemment une place importante.

Je dois l’avouer, c’est un univers auquel je suis un peu moins sensible.

Dalí, encore, certaines œuvres peuvent vraiment m’intriguer.

Picasso…

Beaucoup moins !

J’ai parfois du mal à entrer dans son univers, comme plus généralement dans certaines formes d’art contemporain.

Mais il y avait une œuvre que j’étais vraiment très curieuse de découvrir.

Guernica.

Enfin devant Guernica

C’était clairement l’œuvre que j’attendais le plus.

On la connaît.

On l’a vue dans les livres.

Dans les documentaires.

On en a forcément entendu parler.

Mais se retrouver réellement devant elle, c’est autre chose.

Je dois avouer que je n’ai pas été déçue.

Guernica est impressionnant.

Déjà par ses dimensions : environ 3,50 mètres de haut pour près de 7,80 mètres de large.

Impossible de ne pas être happée par cette immense toile en noir, blanc et gris.

Picasso la réalise en 1937, après le bombardement de la ville basque de Guernica, le 26 avril de la même année. Le gouvernement de la République espagnole lui avait commandé une grande œuvre destinée au pavillon espagnol de l’Exposition internationale de Paris.

Après avoir découvert les images du bombardement dans la presse, Picasso abandonne son projet initial. En moins de six semaines, il réalise près de cinquante dessins et études préparatoires avant d’aboutir à cette immense composition.

  • Le cheval.
  • Le taureau.
  • La mère portant son enfant mort.
  • Les visages.
  • Les corps déformés.
  • La souffrance est partout.

Même si Picasso n’est vraiment pas l’artiste auquel je suis la plus sensible, là, j’ai été impressionnée.

Je crois que c’est aussi la force de certaines œuvres : elles peuvent vous toucher alors même que l’univers de l’artiste ne vous parle pas habituellement.

Juste un petit manque de recul…

S’il y a une chose que j’ai regrettée devant Guernica, c’est de ne pas pouvoir prendre davantage de recul.

Le tableau est tellement grand que j’aurais aimé pouvoir m’en éloigner beaucoup plus pour le découvrir autrement, l’avoir complètement dans mon champ de vision, puis m’en rapprocher pour regarder les détails.

J’ai trouvé que l’espace ne permettait pas vraiment cette approche.

Cela n’enlève évidemment rien à l’émotion de se retrouver enfin devant cette œuvre que j’étais tellement curieuse de voir.

J’étais vraiment très contente d’être là.

Guernica occupe d’ailleurs une place centrale dans l’histoire du Reina Sofía. Il y est installé depuis 1992, au deuxième étage du bâtiment Sabatini. Son transfert avait nécessité des précautions considérables : le tableau n’a notamment pas été roulé afin de préserver la toile.

D’ailleurs, il y a un détail historique assez incroyable que j’ai découvert après ma visite.

Avant de devenir un musée, le bâtiment Sabatini était un hôpital. Pendant la guerre civile espagnole, la salle où se trouve aujourd’hui Guernica accueillait des victimes des bombardements de Madrid.

La même légion Condor allemande qui participa au bombardement de Guernica intervint également dans les bombardements de Madrid.

Quand on connaît cette histoire, le lieu dans lequel le tableau est exposé prend encore une autre dimension.

Picasso, Dalí… et moi au milieu de tout ça

Au fil des salles, nous avons évidemment retrouvé de nombreuses œuvres très connues de Picasso et de Salvador Dalí.

C’était intéressant de pouvoir les voir réellement.

Mais je ne vais pas vous raconter que j’ai soudainement eu une révélation devant Picasso.

Ce n’est toujours pas vraiment mon univers.

Certaines œuvres me laissent même assez perplexe.

Dalí m’interpelle davantage, même si là encore je suis loin d’être sensible à tout.

Et j’ai envie de dire que finalement, ce n’est pas très grave.

J’aime aussi visiter un musée pour découvrir des œuvres qui sortent complètement de ce que j’irais naturellement voir.

Parfois j’aime.

Parfois je ne comprends pas.

Parfois je reste devant en me demandant ce que l’artiste a bien voulu raconter.

Cela fait aussi partie de la visite

Un musée dans lequel je me suis parfois un peu perdue

En revanche, il y a une chose qui m’a un peu déroutée au Reina Sofía :

son organisation.

Le musée ne m’a pas semblé très simple à appréhender, en plus nous n’avions pas de plan.

On entre dans un espace.

On traverse plusieurs petites salles.

On ressort ailleurs.

Puis il faut comprendre où continuer.

À plusieurs reprises, j’ai eu cette sensation de ne plus vraiment savoir où je me trouvais ni dans quelle direction repartir.

Finalement, ce ressenti n’est peut-être pas complètement étonnant.

Le site principal du Reina Sofía se compose aujourd’hui de deux grands ensembles, le bâtiment Sabatini et le bâtiment Nouvel, avec plusieurs niveaux et différents accès. Le musée est par ailleurs en train de réorganiser progressivement la présentation de ses collections, un chantier qui doit se poursuivre jusqu’en 2028 afin, justement, d’améliorer notamment la circulation des visiteurs.

Cela explique peut-être en partie cette impression de parcours un peu morcelé que j’ai ressentie.

Rien de catastrophique, évidemment.

Mais contrairement au Prado, où j’avais davantage la sensation de comprendre naturellement comment les salles s’enchaînaient, ici j’ai parfois perdu le fil.

Une jolie surprise au milieu du jardin

Et puis, au cours de la visite, une petite respiration très agréable :

le jardin du musée.

Un espace vert installé au cœur du bâtiment Sabatini, entouré par les anciennes façades de l’hôpital.

Après toutes ces salles, j’ai beaucoup aimé cette ouverture vers l’extérieur.

Mais surtout, une œuvre attire immédiatement le regard au milieu de la végétation :

Carmen, d’Alexander Calder.

Une sculpture monumentale caractéristique de cet artiste que j’aime toujours retrouver dans des lieux un peu inattendus.

Le jardin accueille d’ailleurs plusieurs sculptures, notamment des œuvres de Calder et Joan Miró, et fait véritablement partie du parcours artistique du musée.

J’ai trouvé que cette œuvre de Calder fonctionnait particulièrement bien à cet endroit.

Entourée de verdure, avec l’architecture du musée tout autour, c’était une très belle surprise au milieu de la visite.

Finalement, une découverte que je suis contente d’avoir faite

Je savais avant d’entrer que le Reina Sofía ne serait probablement pas le musée madrilène qui me toucherait le plus.

L’art contemporain reste un univers avec lequel j’ai parfois un peu de mal.

Cette visite ne m’a pas transformée en passionnée de Picasso.

Mais elle m’a permis de voir des œuvres majeures que je connaissais uniquement en photo.

De découvrir certains tableaux de Dalí.

De me laisser surprendre par Calder dans le jardin.

Puis surtout…

de me retrouver enfin devant Guernica.

Rien que pour ce moment-là, je suis vraiment contente d’avoir fait cette visite.

Après le Prado, pouvoir ajouter un musée supplémentaire à ces quelques jours passés à Madrid était également une très bonne idée.

Parce qu’après tout, visiter un musée, ce n’est pas forcément ressortir en ayant tout aimé.

C’est aussi aller voir, découvrir, être curieuse, parfois être déroutée… et se faire son propre avis.

De ce côté-là, le Reina Sofía a parfaitement rempli sa mission !

Mon petit conseil

Si vous venez principalement pour Guernica, ne vous contentez pas de passer rapidement devant.

Prenez le temps de regarder l’ensemble, puis les différents personnages. Même lorsque l’on connaît déjà l’œuvre, ses dimensions changent complètement la perception que l’on en a une fois devant elle.

Je vous conseille également de prendre un plan du musée ou de préparer un peu votre parcours, surtout si vous souhaitez voir des œuvres précises. Avec ses différents bâtiments, ses étages et ses nombreuses petites salles, j’ai trouvé qu’il était assez facile de perdre le fil de la visite.

Enfin, ne manquez pas le jardin du bâtiment Sabatini. Il offre une jolie pause entre deux séries de salles et permet de découvrir plusieurs sculptures en plein air, dont celle d’Alexander Calder.

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Artiste : Pablo Picasso (peint en 1937)Dimensions : 349,3 × 776,6 cm
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