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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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MUSÉE JACQUEMART-ANDRÉ

Un musée où j’aime revenir

Un magnifique hôtel particulier, des collections remarquables et une atmosphère chaleureuse : un musée à taille humaine dans lequel je prends toujours autant de plaisir à revenir.

 

Il y a des musées que l’on visite une fois, que l’on trouve très beaux, puis il y a ceux dans lesquels on aime revenir.

Le musée Jacquemart-André fait clairement partie de cette deuxième catégorie pour moi.

Ce n’est pas le plus grand musée de Paris, loin de là, et c’est peut-être justement aussi ce qui fait son charme.

Je le trouve chaleureux, élégant et particulièrement agréable à parcourir.

On ne se sent pas perdu au milieu d’interminables galeries. On entre dans une maison, avec ses salons, ses appartements, son mobilier et toutes les œuvres réunies par deux passionnés d’art.

Chaque fois que j’y retourne, je m’y sens bien.

Puis il faut dire que le lieu en lui-même est vraiment très beau.

Avant le musée, une maison

Pour comprendre le musée Jacquemart-André, il faut d’abord oublier quelques instants que nous sommes dans un musée.

À l’origine, c’est une demeure privée.

Édouard André naît en 1833 dans une riche famille de banquiers. Passionné d’art, il commence à constituer sa collection dès les années 1860 en réunissant peintures, sculptures, tapisseries, mobilier et objets d’art.

En 1869, il confie à l’architecte Henri Parent la construction d’un hôtel particulier sur le tout nouveau boulevard Haussmann.

Les travaux vont durer plusieurs années et la demeure est inaugurée en 1876. Elle a été pensée autant comme un lieu de vie que comme un espace destiné à recevoir et à mettre en valeur les œuvres d’art.

Plus de 150 ans plus tard, cette dimension est toujours présente.

On ne visite pas seulement une collection, on entre dans une maison.

Édouard André et Nélie Jacquemart, un couple réuni par l’art

L’histoire du musée est évidemment indissociable de celle de Nélie Jacquemart.

Née en 1841, elle devient une artiste peintre reconnue et se spécialise notamment dans le portrait.

Leurs chemins se croisent lorsqu’Édouard André lui commande son portrait en 1872. Ils se marient en 1881.

Une passion commune pour l’art va ensuite occuper une place considérable dans leur vie.

Le couple voyage beaucoup, notamment en Italie, et enrichit progressivement sa collection. Leur intérêt pour la Renaissance italienne devient si important qu’une partie entière de la demeure lui sera finalement consacrée : le Musée italien, que le couple réservait à quelques amis et amateurs privilégiés.

Ce que j’aime particulièrement dans leur histoire, c’est qu’ils n’ont pas simplement accumulé des œuvres.

Ils ont vécu au milieu d’elles. C’est encore ce que l’on ressent aujourd’hui en parcourant le musée.

Une collection impressionnante dans un musée à taille humaine

C’est d’ailleurs assez étonnant de voir tout ce qui est réuni dans un musée qui n’est finalement pas immense.

La collection permanente rassemble de très grands noms de l’histoire de l’art : Botticelli, Rembrandt, Fragonard, Canaletto, Van Dyck, Uccello, Mantegna, Le Pérugin, Chardin ou encore Donatello.

Pourtant, malgré cette richesse, je ne ressens jamais ici cette impression de trop-plein que l’on peut parfois avoir dans certains grands musées.

On passe tranquillement d’un salon à l’autre.

  • Un tableau attire le regard.
  • Puis un meuble.
  • Une sculpture.
  • Un plafond.
  • Un détail dans le décor.

Tout se découvre assez naturellement.

Cette petite fille à la tourterelle que j’aime tant

Dès la première salle, il y a une sculpture devant laquelle je prends toujours le temps de m’arrêter : cette petite fille accompagnée d’une tourterelle.

Je la trouve d’une incroyable douceur.

Il y a quelque chose de très poétique dans cette œuvre, dans l’attitude de cette enfant et dans toute la délicatesse qui s’en dégage.

J’aime également beaucoup la façon dont elle est présentée.

Installée au centre de la pièce, elle est vraiment très joliment mise en valeur. On peut tourner autour d’elle, l’observer sous différents angles et prendre le temps de regarder ses détails.

Dans une collection où les œuvres remarquables ne manquent pas, elle pourrait presque passer inaperçue.

Pour moi, c’est tout l’inverse.

Elle vaut vraiment la peine que l’on s’arrête devant elle.

C’est même devenu l’un de mes petits rendez-vous lorsque je reviens au musée Jacquemart-André. Je sais qu’elle est là et j’ai toujours autant de plaisir à la retrouver.

Certaines œuvres impressionnent par leur taille, leur histoire ou le nom de leur artiste.

Celle-ci me touche simplement par sa douceur et sa poésie.

Parfois, c’est largement suffisant pour qu’une œuvre devienne l’une de nos préférées.

Des salons qui racontent encore la vie de la maison

Le parcours permet également de comprendre comment cette demeure fonctionnait lorsqu’Édouard André et Nélie Jacquemart y vivaient et y recevaient.

Les différents salons n’étaient pas seulement destinés à exposer leurs collections.

Ils étaient faits pour vivre.

Le Salon des Peintures servait notamment d’antichambre avant le Grand Salon.

Lors des grandes réceptions, un ingénieux système de cloisons mobiles permettait de réunir plusieurs pièces afin de créer un espace spectaculaire capable d’accueillir un très grand nombre d’invités.

Il faut alors essayer d’imaginer ces salons éclairés, remplis de monde, de conversations et de musique.

Tout à coup, le musée redevient un peu la maison qu’il était autrefois.

Et puis il y a cet escalier...

Impossible de parler du musée Jacquemart-André sans évoquer son magnifique escalier.

C’est probablement l’un des éléments architecturaux que je préfère ici.

Sa double révolution, ses courbes, ses balustrades, les sculptures qui l’entourent, la lumière du jardin d’hiver…

Il est superbe.

Dès l’inauguration de l’hôtel particulier en 1876, il faisait déjà partie des éléments qui impressionnaient les invités.

Plus d’un siècle après, cela fonctionne toujours. 

Personnellement, j’aime autant le regarder d’en bas que d’en haut.

Mais la perspective depuis l’étage est vraiment magnifique.

On domine alors le jardin d’hiver et une partie des différents espaces de la maison.

C’est typiquement le genre d’endroit où je peux rester un moment simplement à regarder. A admirer.

Les appartements privés, une autre atmosphère

J’aime également beaucoup la visite des appartements privés.

L’atmosphère change complètement.

On quitte les grands espaces destinés aux réceptions pour entrer dans une partie plus intime de la demeure.

C’est quelque chose que j’apprécie particulièrement dans les maisons-musées, car au-delà des collectionneurs, on retrouve davantage les personnes qui vivaient ici.

Les chambres de Nélie Jacquemart et d’Édouard André, leurs antichambres et les objets qui les entouraient permettent de se rapprocher un peu de leur quotidien.

Après le faste des grands salons, cette partie plus personnelle apporte un autre regard sur la maison.

Une passion particulière pour l’art italien

En poursuivant vers l’étage supérieur, une autre passion du couple apparaît très clairement : l’art italien.

Le musée possède une remarquable collection d’œuvres de la Renaissance italienne.

On y retrouve notamment Botticelli, Mantegna, Bellini, Uccello, Le Pérugin ou encore Donatello.

Ces œuvres sont directement liées aux nombreux voyages et acquisitions d’Édouard et Nélie.

Je trouve assez fascinant de penser que nous parcourons aujourd’hui une collection privée constituée par deux personnes au gré de leurs goûts, de leurs voyages et de leurs coups de cœur.

Ce musée raconte donc autant une histoire de l’art qu’une histoire de collectionneurs.

De grands travaux pour préserver la maison

Une étape plus récente de l’histoire du musée mérite également d’être racontée.

Le musée Jacquemart-André a fermé pendant plus d’un an pour une importante campagne de travaux, menée sous la conduite de l’Institut de France, propriétaire des lieux. Le musée a finalement rouvert ses portes au public le 6 septembre 2024.

Je trouve cette période importante dans l’histoire du lieu parce qu’un hôtel particulier construit au XIXe siècle, aussi magnifique soit-il, a forcément besoin d’être entretenu et adapté pour continuer à accueillir du public et préserver ses collections.

Cette longue fermeture a ainsi permis d’engager une importante restauration du musée avant sa réouverture.

Ce que je trouve important c’est que l’esprit de la maison a été conservé.

C’est essentiel ici.

On ne vient pas au musée Jacquemart-André pour découvrir un bâtiment entièrement transformé en espace contemporain. Son charme tient justement à ses décors, ses salons, son mobilier, son escalier et cette sensation d’entrer encore un peu chez Édouard et Nélie.

Après plus d’un an de fermeture, le musée a choisi une réouverture particulièrement symbolique avec l’exposition Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse, réunissant une quarantaine d’œuvres venues de Rome, de Botticelli à Raphaël, du Caravage à Bernin.

Une belle manière de renouer avec le public et, surtout, avec cette passion pour l’art italien qui était déjà au cœur des collections d’Édouard André et Nélie Jacquemart. Et je dois dire que cette exposition était vraiment magnifique.

Des expositions temporaires que j’aime beaucoup… mais toujours trop courtes

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles je reviens régulièrement au musée Jacquemart-André : ses expositions temporaires.

Elles sont généralement de très belle qualité et permettent de découvrir de grands artistes dans un cadre qui reste assez intimiste.

Au fil des années, le musée a notamment consacré des expositions à Botticelli, Turner, Rembrandt, Bellini, Artemisia Gentileschi, Georges de La Tour et bien d’autres.

J’en ai déjà découvert plusieurs ici et je prends toujours beaucoup de plaisir à les visiter.

Avec malgré tout un petit reproche récurrent.

Je les trouve souvent trop courtes !

Quand une exposition me plaît, j’ai envie d’en voir encore un peu plus et j’arrive parfois à la dernière salle avec cette impression :

« Ah… c’est déjà fini ? »

Cela reste évidemment très personnel.

Le musée n’étant pas immense, les espaces consacrés aux expositions temporaires ne le sont pas non plus.

Mais lorsque le sujet me passionne, je serais volontiers partante pour quelques salles supplémentaires.

Un musée qui ne se contente pas d’exposer

C’est probablement une autre raison pour laquelle j’aime autant revenir ici.

Le musée Jacquemart-André ne propose pas uniquement ses collections permanentes et ses expositions temporaires.

Il imagine aussi différentes expériences pour faire vivre le lieu autrement.

J’ai déjà eu l’occasion d’en tester plusieurs.

Une visite à la bougie, qui change complètement l’atmosphère de la demeure.

Plus récemment, Les Secrets de Nélie, une visite théâtralisée avec des comédiens en costume qui nous entraîne dans l’histoire de Nélie Jacquemart et dans l’art de vivre de la fin du XIXe siècle.

→ Des articles spécifiques sont consacrés à ces expériences sur le site.

C’est exactement le genre d’initiative que j’adore.

Même lorsque l’on connaît déjà les lieux, on trouve une nouvelle raison d’y revenir.

Le musée continue d’ailleurs dans cette direction avec des jeux d’investigation, des spectacles lyriques immersifs ou encore des événements ponctuels organisés au cœur des salons.

Un musée peut raconter son histoire de nombreuses façons.

Et ici, je trouve qu’ils l’ont vraiment bien compris.

De la demeure privée au musée

Toute cette histoire aurait pourtant pu rester celle d’une extraordinaire collection privée.

Après la mort d’Édouard André en 1894, Nélie poursuit seule l’enrichissement des collections.

Avant sa disparition, elle décide finalement de léguer l’hôtel particulier et ses collections à l’Institut de France, avec la volonté que l’ensemble soit ouvert au public.

Nélie Jacquemart meurt en 1912.

Le 8 décembre 1913, le musée Jacquemart-André est officiellement inauguré par le président de la République Raymond Poincaré.

Plus d’un siècle plus tard, nous pouvons donc toujours entrer dans leur maison et découvrir les œuvres qu’ils avaient choisies.

Je trouve que connaître cette histoire apporte vraiment quelque chose à la visite.

Parce que finalement, derrière chacune de ces salles, il y a d’abord l’histoire de deux personnes qui ont aimé l’art au point d’en faire une partie essentielle de leur vie.

Un musée dans lequel je me sens bien

Finalement, ce que j’aime le plus au musée Jacquemart-André est peut-être difficile à mesurer.

  • C’est son atmosphère.
  • Bien sûr, il y a les œuvres.
  • L’architecture.
  • Le magnifique escalier.
  • Les appartements privés.
  • Les expositions temporaires.
  • Cette petite fille à la tourterelle que je retrouve toujours avec autant de plaisir.
  • Mais il y a surtout cette sensation d’être dans un musée chaleureux et à taille humaine.

Je ne ressens jamais le besoin de courir d’une salle à l’autre pour essayer de tout voir.

Je prends mon temps.

Je retrouve certaines œuvres que j’aime.

Je regarde encore une fois l’escalier depuis l’étage.

Puis je découvre ce que le musée a imaginé de nouveau depuis ma précédente visite.

Je prends toujours autant de plaisir à y revenir.

Finalement, c’est probablement l’un des plus beaux compliments que je puisse faire à un musée.

Mon petit conseil

Ne venez pas uniquement pour l’exposition temporaire.

Même si c’est elle qui vous a donné envie de pousser la porte, prenez le temps de poursuivre la visite dans les collections permanentes et les appartements privés.

Le musée Jacquemart-André mérite vraiment d’être découvert comme une maison dans son ensemble.

Regardez également sa programmation avant votre venue. Les différentes expériences proposées peuvent être une excellente occasion de découvrir ou redécouvrir les lieux d’une manière totalement différente.

Et dans la première salle, cherchez cette petite fille à la tourterelle.

Prenez quelques instants pour l’observer.

Vous comprendrez peut-être pourquoi je la trouve si jolie.

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Chambre d'Edouard André
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Salle de bain - cabinet de toilette
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