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Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

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MUSÉE DU PRADO – MADRID

1 h 30 pour découvrir l’un des plus grands musées du monde… forcément, c’est beaucoup trop court !

Velázquez, Rubens, Goya, quelques œuvres monumentales et même une sculpture qui semble presque impossible à réaliser… Notre guide nous a offert un très bel aperçu des collections du Prado, même si ma curiosité aurait bien aimé y rester beaucoup plus longtemps.

 

Le Prado faisait évidemment partie des incontournables de notre séjour à Madrid.

Nous avions choisi de le découvrir avec un guide.

Et heureusement !

Parce qu’une fois à l’intérieur, on comprend rapidement que vouloir tout voir est totalement illusoire.

Le musée est immense, les salles s’enchaînent, les œuvres aussi. Il y a énormément de monde, particulièrement devant les tableaux les plus célèbres.

Notre guide avait donc préparé une sélection d’œuvres pour nous permettre de découvrir quelques-uns des grands artistes présents dans les collections.

Une visite d’environ 1 h 30.

Autant vous dire qu’au Prado, ça passe très vite.

Première grande déception pour moi : pas de photos !

Je l’ai appris une fois à l’intérieur : impossible de photographier les œuvres.

Je dois dire qu’ils ne plaisantent vraiment pas avec cette règle.

La sécurité veille et vraiment beaucoup, ils font vraiment très attention.

Impossible de sortir discrètement son téléphone en espérant ramener une petite photo souvenir de son tableau préféré.

Pour moi qui aime justement photographier les œuvres, les détails ou simplement garder une trace de ce que j’ai découvert, c’était forcément une très grande déception.

Mais bon…

Il ne restait plus qu’à ranger le téléphone, écouter attentivement notre guide et regarder.

Les Ménines… forcément

Difficile de découvrir le Prado sans passer devant Velázquez.

Nous avons pu voir plusieurs de ses œuvres, dont évidemment l’une des plus célèbres :

Les Ménines.

Peint en 1656, le tableau mesure plus de trois mètres de haut. Il représente l’infante Marguerite entourée de différents membres de la cour, tandis que Velázquez s’est lui-même représenté à gauche devant son immense toile.

Au fond, dans un miroir, apparaissent le roi Philippe IV et la reine Marianne d’Autriche.

Lorsque l’on se retrouve devant, sa taille participe vraiment à l’impression qu’il produit.

C’est aussi là que les explications de notre guide prennent tout leur sens.

Parce qu’on ne regarde plus simplement un tableau très célèbre.

On cherche les personnages.

On regarde le miroir.

On remarque Velázquez.

On essaie de comprendre qui regarde qui.

C’est exactement ce que j’aime dans une visite guidée : quelqu’un attire votre attention sur un détail devant lequel vous seriez peut-être passée sans le voir.

Rubens et ses Trois Grâces

Autre artiste particulièrement présent dans les collections : Rubens.

Nous avons notamment découvert Les Trois Grâces.

Trois femmes nues, enlacées, représentées dans un paysage.

Il s’agit d’Aglaya, Euphrosyne et Thalie, les trois Grâces de la mythologie, associées notamment à la beauté, à la joie et à l’abondance.

Mais c’est surtout l’histoire personnelle cachée derrière le tableau que j’ai trouvée intéressante.

Rubens peint cette œuvre vers 1630-1635. La femme située à gauche reprend les traits d’Helena Fourment, sa seconde épouse, qu’il avait épousée en 1630 et qui devient une véritable source d’inspiration pour lui.

Le tableau aurait été peint par Rubens pour lui-même. Il est d’ailleurs resté dans sa collection jusqu’à sa mort avant d’être acquis par Philippe IV d’Espagne.

Encore une fois, connaître cette petite histoire change complètement la façon de regarder le tableau.

Puis arrive Goya…

Nous avons évidemment vu plusieurs œuvres de Francisco de Goya.

Là, changement d’ambiance !

Parmi elles, Le 3 mai 1808 à Madrid, également appelé Les Fusillamientos.

Un tableau immense, particulièrement fort, qui revient sur les exécutions menées par les troupes françaises après le soulèvement madrilène du 2 mai 1808.

Goya le peint en 1814.

Face aux soldats dont on ne distingue pratiquement pas les visages, les condamnés attendent la mort. Au centre, un homme vêtu de blanc lève les bras sous la lumière d’une lanterne.

Quand notre guide nous raconte ce qui se passe dans la scène, forcément, le tableau devient encore plus impressionnant.

Mais Goya peut aller encore beaucoup plus loin dans le macabre.

Pour cela, il y a évidemment…

Saturne dévorant un de ses fils.

Alors celui-là…

Difficile de rester complètement indifférent devant.

Peint entre 1820 et 1823, il fait partie des fameuses Peintures noires de Goya.

Saturne y apparaît en train de dévorer le corps de l’un de ses enfants.

  • Le regard.
  • Les mains.
  • Le corps déjà mutilé.
  • L’obscurité qui entoure la scène…

C’est franchement macabre.

Mais impossible de ne pas regarder.

Les deux Majas et une histoire beaucoup plus osée qu’il n’y paraît

Nous avons également découvert deux autres œuvres extrêmement célèbres de Goya :

La Maja nue et La Maja vêtue.

Leur histoire vaut vraiment la peine d’être racontée.

La Maja nue est réalisée la première, avant 1800. La Maja vêtue vient ensuite, au début du XIXe siècle.

Les deux tableaux ont appartenu à Manuel Godoy, puissant ministre de Charles IV.

Aujourd’hui, cela peut sembler assez anodin.

À l’époque, beaucoup moins !

Représenter ainsi une femme nue, allongée, regardant directement celui qui l’observe était particulièrement audacieux dans l’Espagne de l’époque.

Les tableaux finiront d’ailleurs par attirer l’attention de l’Inquisition, qui s’intéresse notamment à l’identité de leur auteur et à celle de leur propriétaire.

Quant à la jeune femme représentée, son identité reste encore mystérieuse.

On a longtemps évoqué la duchesse d’Albe.

Une autre hypothèse veut qu’il s’agisse de Pepita Tudó, la maîtresse de Manuel Godoy.

Mais rien ne permet aujourd’hui de l’affirmer avec certitude.

Ce qui m’a amusée, c’est de constater que La Maja vêtue n’est finalement pas beaucoup plus sage que sa grande sœur.

Sa tenue épouse complètement son corps.

Son regard reste directement tourné vers nous.

Finalement, elle semble presque aussi provocante habillée que nue.

Et au Prado, il n’y a pas que des tableaux

C’est aussi quelque chose que j’ai apprécié pendant la visite. On vient évidemment au Prado pour ses peintures, mais les collections ne s’arrêtent pas là.

On découvre également des sculptures, des objets d’art ou encore du mobilier.

Parmi les sculptures, il y en a une devant laquelle je me suis vraiment arrêtée :

Isabel II, velada – Isabelle II voilée.

Un buste réalisé en 1855 par le sculpteur italien Camillo Torreggiani, entièrement sculpté dans du marbre de Carrare.

Là, franchement, je dois dire qu’il y a une telle finesse.

Le visage de la reine est recouvert d’un voile.

Sauf qu’évidemment…

Il n’y a pas de voile.

Tout est en marbre.

On distingue pourtant les traits du visage à travers ce tissu qui semble presque transparent. Un collier un peu masqué, une couronne à moitié couverte.

C’est assez incroyable.

Je trouve ce genre de prouesse fascinant.

Comment peut-on réussir à donner au marbre, un matériau aussi dur, une impression de transparence et de légèreté pareille ?

C’est typiquement le genre d’œuvre devant laquelle j’aime m’arrêter pour regarder les détails.

1 h 30… beaucoup trop court pour moi !

Quand notre visite s’est terminée, j’ai surtout eu une impression :

j’aurais bien continué ! Une heure trente pour un musée comme le Prado, c’est finalement très peu.

Nous avons découvert une sélection.

  • Velázquez.
  • Rubens.
  • Goya.
  • Quelques sculptures et objets.

Mais autour de nous, il restait tellement de salles, tellement de tableaux, tellement de choses que nous n’avions pas vues.

Le lieu lui-même est impressionnant. Le bâtiment néoclassique, conçu à la fin du XVIIIe siècle par Juan de Villanueva, n’était d’ailleurs pas destiné à l’origine à devenir un musée de peinture. Il devait accueillir un cabinet d’histoire naturelle.

Le Prado ouvre finalement ses portes en 1819 comme Musée royal de peintures.

Depuis, ses collections se sont considérablement enrichies.

Malgré le monde, malgré ma frustration de ne pas pouvoir prendre de photos, malgré cette visite beaucoup trop courte pour satisfaire ma curiosité, j’ai vraiment passé un très bon moment.

Surtout, notre guide a apporté quelque chose que j’aurais forcément perdu en visitant seule.

  • Des histoires.
  • Des détails.

Le contexte dans lequel les œuvres ont été créées.

  • Pourquoi tel personnage est là.
  • Pourquoi tel tableau a fait scandale.
  • Ce qui se cache derrière une scène que l’on aurait peut-être simplement trouvée belle ou impressionnante.

C’est exactement pour cela que j’aime les visites guidées dans ce type de musée.

Mais 1 h 30 au Prado, forcément, cela laisse aussi un petit goût d’inachevé.

Il y avait encore tellement de salles à découvrir, d’œuvres devant lesquelles s’arrêter, de détails à observer…

Lors d’un prochain séjour à Madrid, ce sera donc une très bonne occasion d’y retourner.

Cette fois, avec un peu plus de temps devant moi.

Mon conseil

Si c’est votre première visite au Prado, une visite guidée permet vraiment d’avoir une première approche de cet immense musée sans se sentir complètement perdu.

Mais surtout, prenez votre temps et évitez, si vous le pouvez, de prévoir une autre grosse visite juste après.

Le Prado est immense. On marche beaucoup, on reste longtemps debout devant les œuvres, les salles s’enchaînent… et mine de rien, c’est assez fatigant.

Avec le recul, je pense que c’est vraiment un musée auquel il faut consacrer du temps, quitte à en voir moins mais à profiter davantage des œuvres qui nous intéressent.

Si, comme moi, vous aimez photographier les œuvres et les petits détails qui vous ont marqués, sachez également que les photos ne sont pas autorisées. Une très grande frustration à laquelle je ne m’attendais vraiment pas.

Bonne nouvelle si vous souhaitez découvrir le Prado sans payer l’entrée : le musée propose actuellement des horaires de gratuité, pendant les deux dernières heures d’ouverture :

  • du lundi au samedi : de 18 h à 20 h
  • les dimanches et jours fériés : de 17 h à 19 h

Le Prado précise toutefois que l’accès gratuit se fait dans la limite des capacités d’accueil. Et attention, il y a énormément de monde lors de ces gratuités. Il y avait un queue vraiment très longue lorsque nous sommes sortis.

Personnellement, pour une première découverte et si vous souhaitez vraiment prendre votre temps, je privilégierais quand même une visite en dehors de ces créneaux, surtout au regard du monde qu’il y avait déjà lors de notre passage.

Pour moi, la conclusion reste la même : lors d’un prochain séjour à Madrid, ce sera l’occasion d’y retourner… mais cette fois en lui consacrant beaucoup plus de temps. 

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