MOULIN – LÁSZLÓ NEMES
Un film historique prenant et pesant, porté par un Gilles Lellouche particulièrement convaincant
Juin 1943, Lyon. Jean Moulin tente d'unifier la Résistance française, tandis que la Gestapo se rapproche dangereusement de lui..
MON REGARD
Une page sombre de notre histoire, un homme devenu le symbole de la Résistance et un destin dont on connaît malheureusement l’issue.
Grande amatrice de films historiques, je ne pouvais pas manquer l’avant-première de Moulin, réalisé par László Nemes, avec Gilles Lellouche dans le rôle de Jean Moulin et Lars Eidinger dans celui de Klaus Barbie.
Et je n’ai pas été déçue !
Pour remettre un peu les choses dans leur contexte, Jean Moulin, né en 1899 à Béziers, était un haut fonctionnaire français, devenu préfet d’Eure-et-Loir avant la Seconde Guerre mondiale.
En juin 1940, refusant de signer un document mensonger imposé par les Allemands, il est arrêté et maltraité. Il tente alors de se trancher la gorge plutôt que de céder, mais survit.
Par la suite, il rejoint la Résistance et devient l’un des principaux représentants du général de Gaulle en France occupée.
Sa mission est essentielle : réunir les différents mouvements de résistance, souvent divisés, afin de coordonner leurs actions.
Le 27 mai 1943, il préside la première réunion du Conseil national de la Résistance. Moins d’un mois plus tard, le 21 juin, il est arrêté à Caluire, près de Lyon.
C’est cette période particulièrement dangereuse que nous fait revivre le film.
Ce que j’ai trouvé très réussi, c’est cette tension permanente qui nous accompagne alors même que nous connaissons déjà l’issue de l’histoire.
Nous savons que Jean Moulin va être arrêté, nous savons ce qui l’attend, mais nous guettons malgré tout le moment où tout va basculer.
À plusieurs reprises, j’avais presque envie de lui crier : « Non, n’y va pas ! »
C’est assez étrange de ressentir cela devant un événement historique dont on connaît le dénouement. Et pourtant, c’est bien ce qui rend le film si prenant.
L’atmosphère est lourde, pesante, avec ce sentiment que le danger peut surgir à chaque instant.
Gilles Lellouche m’a particulièrement convaincue dans le rôle de Jean Moulin.
Ce que j’ai aimé, c’est qu’il ne nous présente pas uniquement un héros déterminé, courageux et sûr de lui.
Il laisse aussi apparaître une certaine fragilité, des hésitations, un homme parfois moins assuré qu’on pourrait l’imaginer.
Finalement, c’est peut-être ce qui m’a le plus touchée dans son interprétation.
Car derrière cette grande figure de notre histoire, il y avait avant tout un homme, confronté à des responsabilités immenses et à un danger permanent.
J’ai également apprécié cette part de mystère que Gilles Lellouche parvient à donner au personnage, cette retenue, cette impression qu’il doit constamment mesurer ses paroles et ses réactions.
Face à lui, Lars Eidinger est tout aussi convaincant dans le rôle de Klaus Barbie.
Il incarne un personnage véritablement glaçant.
On ressent toute sa cruauté, mais surtout ce côté vicieux, manipulateur, cette façon de chercher à déstabiliser son interlocuteur.
Sa présence suffit parfois à installer un profond malaise.
La confrontation entre les deux hommes est particulièrement éprouvante, tant on imagine ce qui peut se jouer derrière chaque échange.
Et justement, ce que le film ne montre pas est parfois aussi difficile à supporter que ce qu’il nous laisse voir.
Nous ne connaissons pas précisément tout ce que Jean Moulin a subi durant sa détention. Mais nous savons qu’il a été torturé, et il n’est pas difficile d’imaginer l’horreur de ces interrogatoires.
Personnellement, je me suis demandé comment un être humain pouvait trouver la force de résister à de telles souffrances.
Je crois même que j’aurais préféré mettre fin à mes jours plutôt que de subir les tortures de la Gestapo.
Bien sûr, il est impossible de savoir comment on réagirait réellement dans une situation aussi extrême.
Mais c’est une réflexion qui m’a traversé l’esprit pendant le film, tant l’idée de ce qu’il a pu endurer m’a bouleversée.
C’est aussi pour cela que j’ai apprécié de découvrir un Jean Moulin plus vulnérable, moins sûr de lui, loin de l’image presque intouchable que l’on peut parfois se faire des grandes figures historiques.
Moulin ne se contente pas de raconter un épisode majeur de la Seconde Guerre mondiale. Il nous rappelle aussi le prix humain de la Résistance, le courage de ceux qui ont choisi de lutter et les terribles conséquences que cet engagement pouvait entraîner.
Les infos sur le film
- Date de sortie en salle : 28 octobre 2026
- 2h14 mn
- Drame, Historique
- De László Nemes | Par Olivier Demangel Avec Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin
- Tout public avec avertissement
Synopsis
Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence. Le destin de la France libre en dépend.