L'ÉTOFFE DE L'ARTISTE – MUSÉE BOURDELLE, PARIS
Une exposition passionnante, une scénographie remarquable et le plaisir de découvrir des vêtements chargés d'histoire
De Rosa Bonheur à Sonia Delaunay, un parcours en onze sections qui explore la manière dont les artistes ont façonné leur image à travers leurs vêtements
Des vêtements qui ont traversé le temps, des artistes qui affirment leur personnalité et un musée que j’aime énormément… Tous les ingrédients étaient réunis pour passer un excellent moment !
Le musée Bourdelle fait partie de ces lieux parisiens dans lesquels je prends toujours beaucoup de plaisir à revenir. J’aime son atmosphère, ses sculptures, ses espaces et surtout ce magnifique atelier d’artiste qui lui donne un charme si particulier.
Autant dire que j’étais ravie d’y retourner pour découvrir L’Étoffe de l’artiste, une exposition consacrée à la place du vêtement dans la construction de l’identité des artistes.
Je dois dire que j’ai vraiment beaucoup aimé cette exposition
Quand le vêtement raconte l'artiste
À l’origine de cette exposition, une découverte assez étonnante : des vêtements ayant appartenu à Antoine Bourdelle, retrouvés en 2020.
De là est née l’idée d’explorer la manière dont les artistes, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe siècle, ont utilisé leurs vêtements pour construire leur image, affirmer leur personnalité ou encore revendiquer leur liberté.
Car finalement, le vêtement n’est pas seulement quelque chose que l’on porte. Il peut aussi raconter qui l’on est, ou qui l’on souhaite être.
À cette époque, certains artistes adoptent les tenues élégantes de leur milieu, tandis que d’autres préfèrent la blouse, la salopette ou la combinaison, affirmant ainsi leur identité d’artiste au travail.
Progressivement, les codes évoluent. Les vêtements deviennent parfois une véritable prolongation de la démarche artistique, un moyen de se distinguer, de bousculer les conventions ou de jouer avec les identités.
Pour illustrer cette évolution, l’exposition rassemble plus de 50 pièces textiles, accessoires et objets ayant appartenu à des artistes, parmi lesquels Gustav Klimt, Rosa Bonheur, Foujita, Sonia Delaunay ou encore Camille Bernier.
Ces pièces dialoguent avec 50 photographies, 33 peintures, 12 dessins et 9 sculptures, permettant de découvrir ces personnalités sous un angle différent.
Ce qui m’a également intéressée, c’est le travail réalisé pour réunir tous ces éléments. Cinq années de recherches ont été nécessaires, avec des prêts provenant de grandes institutions françaises et européennes, mais aussi de collections privées.
Pour ma part, j’aime énormément découvrir des vêtements et des objets qui ont une histoire, qui ont appartenu à quelqu’un et qui ont traversé le temps.
Imaginer qu’un vêtement a réellement été porté par un artiste, parfois il y a plus d’un siècle, lui donne une dimension particulière.
Ce n’est plus simplement une pièce de tissu exposée derrière une vitrine. C’est aussi un petit morceau de vie qui nous est parvenu.
C’est précisément ce qui m’a plu dans cette exposition : elle ne se contente pas de présenter des vêtements anciens, elle nous invite à regarder les artistes autrement, à travers leurs choix, leurs habitudes et la façon dont ils souhaitaient être perçus.
Un parcours en onze sections particulièrement bien pensé
L’exposition est organisée autour de onze sections, chacune abordant une facette différente du rapport entre l’artiste et son apparence :
- Hériter
- Se reconnaître
- Faire artiste
- Se protéger
- Emprunter
- Partir
- Troubler les genres
- Se distinguer
- Se retrouver
- Transformer le réel
- Se substituer
J’ai trouvé cette organisation vraiment réussie.
Elle permet de comprendre progressivement que les vêtements peuvent répondre à des intentions très différentes.
Certains artistes adoptent une tenue qui correspond à l’image traditionnelle de leur profession. D’autres, au contraire, cherchent à rompre avec les conventions.
Il y a ceux qui veulent se protéger, ceux qui s’inspirent d’autres cultures, ceux qui jouent avec les codes masculins et féminins, ou encore ceux qui font de leur apparence une véritable prolongation de leur démarche artistique.
Le vêtement devient alors un langage à part entière.
Ce qui m’a plu, c’est que l’exposition ne se limite pas à montrer de belles pièces anciennes. Elle nous invite à nous interroger sur ce qu’elles racontent de ceux qui les ont portées.
C’est ce qui rend le contenu aussi riche et intéressant.
Une scénographie remarquable et des cartels très agréables à lire
Autre point que j’ai particulièrement apprécié : la qualité de la scénographie.
Le parcours est fluide, les différents espaces sont bien organisés et les œuvres sont mises en valeur avec beaucoup de soin.
On passe d’une section à l’autre très naturellement, sans avoir l’impression de perdre le fil de l’exposition.
Mais il y a aussi un détail qui mérite d’être souligné : les cartels explicatifs sont vraiment très bien conçus !
Les textes sont intéressants, suffisamment détaillés et surtout écrits dans une taille qui permet de les lire confortablement.
Pas besoin de se pencher ou de s’approcher exagérément pour déchiffrer quelques lignes.
Cela peut sembler anodin, mais pour moi, c’est un véritable point positif.
Une exposition peut présenter des pièces extraordinaires ; si les explications sont difficiles à lire, on passe parfois à côté d’informations essentielles.
Ici, j’ai pu prendre le temps de lire, de regarder, de faire le lien entre les objets et les œuvres.
Un vrai plaisir de visite
Une heure trente de visite… et pas envie de se presser
Je suis restée 1h30 dans cette exposition, et je n’ai absolument pas vu le temps passer.
Il faut dire que j’ai aussi eu la chance de la découvrir dans des conditions idéales : il n’y avait pas trop de monde.
Et quel bonheur !
Pouvoir s’arrêter devant une vitrine, observer un vêtement dans ses moindres détails, lire tranquillement les explications, prendre un peu de recul pour apprécier la scénographie…
Sans avoir quelqu’un juste derrière soi qui attend sa place.
J’ai vraiment pu profiter de chaque section à mon rythme.
Cette tranquillité a certainement contribué au plaisir que j’ai pris à parcourir l’exposition, mais elle n’explique pas tout.
Le contenu est passionnant, le parcours intelligent et la présentation particulièrement soignée.
Pour moi, c’était tout simplement une visite comme je les aime.
Et surtout, ne manquez pas le musée Bourdelle !
Impossible de parler de cette exposition sans évoquer le lieu qui l’accueille.
J’aime énormément le musée Bourdelle, et je trouve qu’il mérite vraiment que l’on prenne le temps de le visiter.
Installé dans les anciens ateliers du sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929), ce musée possède une atmosphère particulière.
On y découvre bien sûr ses sculptures, mais aussi des espaces qui permettent d’imaginer le quotidien de l’artiste et son environnement de travail.
Puis il y a son magnifique atelier, qui fait partie de ce que je préfère dans ce lieu.
C’est un musée plein de charme, où l’on prend plaisir à déambuler.
Alors, même si vous venez principalement pour L’Étoffe de l’artiste, ne repartez surtout pas sans avoir visité les collections permanentes et les ateliers, et sans oublier les jardins.
Ce serait vraiment dommage de passer à côté.
Mon petit conseil
Prévoyez au moins 1h30 pour découvrir l’exposition, surtout si, comme moi, vous aimez lire les explications et observer les objets dans leurs moindres détails.
Prenez le temps de suivre les onze sections : elles se complètent et permettent de mieux comprendre les différentes façons dont les artistes ont construit leur image.
Et si vous le pouvez, privilégiez un moment où l’affluence est plus faible. Pouvoir admirer les pièces et lire les cartels tranquillement est un véritable plaisir, même si cela dépend évidemment du jour de votre visite. Pour ma part, j’y suis allée un mardi sur le créneau horaire de 15h.
Enfin, si vous le pouvez, prolonger absolument votre découverte par une visite du musée Bourdelle, de ses collections et de son très bel atelier d’artiste. (prévoir au moins 1h supplémentaire).
Pour information, l’accès aux collections permanentes est gratuit.
- Musée Bourdelle - 18 Rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris
- 01 49 54 73 73
- https://www.bourdelle.paris.fr/
- Formulaire de contact
- Pour réserver
- Exposition présentée du 23 septembre 2026 au 24 janvier 2027 - Tous les jours sauf le lundi
- environ &1h30 de visite
- Tarif : Adulte : 12.00 € / Tarif réduit : 10.00€ - Gratuit pour les moins de 18 ans
- Il est possible d'acheter les places directement sur place mais je vous conseille de réserver en ligne, pour plus de sérénité