LEANDRO ERLICH
Au Grand Palais
Une exposition ludique et surprenante qui nous invite à douter de ce que nous voyons
Le nom de Leandro Erlich ne me disait absolument rien de chez rien avant cette exposition.
Et pourtant, quelques minutes après avoir franchi les portes du Grand Palais, j’étais déjà en train de me demander si je pouvais vraiment faire confiance à mes yeux.
Un bateau qui semble flotter sur l’eau alors qu’il n’y a pas d’eau. Des nuages suspendus dans l’espace. Un immeuble que l’on peut escalader à l’horizontale. Des miroirs qui brouillent tous nos repères…
Ici, rien n’est tout à fait ce qu’il paraît être.
J’ai vraiment passé un très bon moment.
Leandro Erlich est un artiste argentin né en 1973 à Buenos Aires.
Depuis plus de trente ans, il imagine des installations qui jouent avec notre perception du réel.
À travers des objets du quotidien, des éléments d’architecture ou de simples jeux de miroir, il crée des situations qui nous poussent à remettre en question ce que nous croyons voir.
C’est précisément ce qui rend cette exposition aussi agréable et réussie, à mon sens.
On avance de salle en salle avec une vraie curiosité. On observe, on cherche à comprendre, on s’amuse à découvrir le mécanisme caché derrière chaque illusion. Puis finalement, on réalise que ce n’est pas forcément le trucage qui est intéressant, mais ce qu’il révèle de notre façon de regarder le monde.
Notre cerveau complète en permanence les informations qu’il reçoit. Il interprète, imagine, anticipe. Et parfois… il se trompe.
L’exposition nous le rappelle avec beaucoup d’intelligence mais aussi beaucoup d’humour.
J’ai particulièrement aimé toute la partie qui explique son travail, les maquettes et sa démarche artistique. Derrière le côté spectaculaire se cache une véritable réflexion sur la perception, les images et nos certitudes.
L’une des premières installations qui m’a marquée est ce petit port plongé dans une ambiance presque poétique. Quelques barques semblent flotter tranquillement sur l’eau. Le clapotis est là, les reflets aussi. Tout paraît parfaitement normal… jusqu’au moment où l’on réalise qu’il n’y a pas la moindre goutte d’eau. On reste quelques secondes à observer, à chercher ce qui nous a trompés, puis on sourit en comprenant à quel point notre cerveau a complété lui-même les informations manquantes.
J’ai également beaucoup aimé les nuages suspendus dans l’obscurité. Ils semblent flotter librement devant nous, comme capturés dans des boîtes lumineuses. Là encore, la magie opère immédiatement. Puis en tournant autour de l’installation, le mécanisme se dévoile peu à peu. Mais même lorsque l’on comprend comment l’œuvre fonctionne, le charme reste intact.
L’installation de l’escalier infini est probablement l’une des plus impressionnantes. Entre les jeux de miroirs et les perspectives déformées, on a véritablement l’impression de se retrouver face à une construction sans fin. Certains visiteurs hésitent même avant d’avancer tellement l’illusion fonctionne bien.
Et puis il y a cette fameuse façade d’immeuble qui est devenue l’une des signatures de l’artiste. Impossible de ne pas sourire en regardant les visiteurs se transformer en grimpeurs ou en acrobates suspendus dans le vide. Le principe est pourtant d’une simplicité désarmante, mais le résultat est bluffant. C’est ludique, participatif et cela fonctionne aussi bien avec les enfants qu’avec les adultes.
Ce que j’ai apprécié tout au long du parcours, c’est que l’on ne se sent jamais exclu. Pas besoin d’être spécialiste d’art contemporain pour entrer dans l’univers de Leandro Erlich. Les œuvres parlent immédiatement. Elles nous invitent à observer, à expérimenter et surtout à nous amuser.
Et pour une fois, j’ai eu beaucoup de chance : il n’y avait pas beaucoup de monde.
Aucune attente, aucune cohue devant les installations, ce qui m’a permis de profiter pleinement de chaque expérience. Un vrai luxe dans une grande exposition parisienne.
Cette visite m’a aussi rappelé à quel point j’aime découvrir des artistes que je ne connais pas. Je suis entrée sans attente particulière et j’en suis ressortie avec l’envie d’en savoir davantage sur son travail.
Une exposition accessible, amusante, intelligente et parfois même un peu poétique.
Infos Pratiques
- Le Grand Palais -1 Avenue Winston Churchill, 75008 Paris - Entrée Rotonde Clarence Dillon
- 01 44 13 17 17
- https://www.grandpalais.fr/fr
- -
- Exposition présentée du 2 juin au 6 septembre 2026 - Ouvert tous les jours
- environ 1h00 de visite
- Tarif Plein : 19.00 € - Tarif réduit : 10.00 € et 16.00 € / Gratuit pour les - de 18 ans