LA FOLLE JOURNÉE OU LE MARIAGE DE FIGARO – THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT-MARTIN, PARIS
Une comédie pétillante, une troupe remarquable et un Vincent Dedienne qui m'a impressionnée
Une journée de mariage qui tourne au règlement de comptes, entre intrigues amoureuses, quiproquos et critique des privilèges.
Une grande pièce du répertoire français, une distribution particulièrement séduisante et, pour moi, une première découverte du Mariage de Figaro sur scène.
C’est au Théâtre de la Porte Saint-Martin, dans une mise en scène d’Alain Françon, que j’ai eu le plaisir de découvrir cette célèbre comédie de Beaumarchais, avec Vincent Dedienne dans le rôle-titre.
Une pièce que je n’avais encore jamais vue au théâtre et dont j’ai beaucoup apprécié l’énergie, les décors, les costumes, mais surtout la belle harmonie entre les nombreux comédiens.
Une représentation vive, joyeuse et pétillante, malgré quelques petites réserves et des conditions de confort qui n’ont malheureusement pas été à la hauteur de mes attentes.
Une folle journée où rien ne se passe comme prévu !
Écrite par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais en 1778 et créée à la Comédie-Française en 1784, La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro est la deuxième pièce de la trilogie consacrée à Figaro, après Le Barbier de Séville.
L’histoire se déroule au château du comte Almaviva, près de Séville.
Figaro, valet du comte, s’apprête à épouser Suzanne, femme de chambre de la comtesse.
Mais ce qui devrait être une journée de fête va rapidement se transformer en une succession de complications.
Le comte Almaviva, pourtant marié, cherche à séduire Suzanne et espère obtenir ses faveurs avant la cérémonie.
Figaro découvre les intentions de son maître et décide de lui tenir tête.
Avec l’aide de Suzanne et de la comtesse Almaviva, délaissée par son mari, il imagine plusieurs stratagèmes pour déjouer ses projets.
Mais d’autres personnages viennent encore compliquer les choses.
Marceline souhaite épouser Figaro en vertu d’une ancienne promesse liée à une dette. Quant au jeune Chérubin, amoureux de l’amour et particulièrement sensible au charme de la comtesse, il multiplie malgré lui les situations embarrassantes.
Entre rendez-vous secrets, lettres, manigances, révélations inattendues et malentendus, les événements s’enchaînent à un rythme effréné.
Mais derrière cette comédie pleine de rebondissements, Beaumarchais développe une critique particulièrement audacieuse de la société de son époque.
À travers Figaro, un simple valet qui ose tenir tête à son maître, il dénonce les privilèges de la naissance, les abus de pouvoir et les inégalités sociales.
Une liberté de ton qui fit scandale au XVIIIe siècle, quelques années seulement avant la Révolution française.
Une pièce qui fait rire, mais qui invite aussi à réfléchir sur les rapports entre les puissants et ceux qui les servent.
Une mise en scène particulièrement réussie
Ce qui m’a immédiatement plu dans cette représentation, c’est la qualité de la mise en scène d’Alain Françon.
J’ai beaucoup aimé les décors et les costumes, qui nous plongent dans l’univers de Beaumarchais tout en apportant une véritable élégance à l’ensemble.
Les espaces sont bien exploités, les déplacements des comédiens parfaitement organisés.
Cela est loin d’être un détail, car ils sont nombreux à évoluer sur scène.
Entre les entrées, les sorties, les rencontres inattendues et les échanges parfois très rapides, la pièce pourrait facilement devenir confuse.
Pourtant, tout est fluide, harmonieux et particulièrement agréable à suivre.
On sent un vrai travail de mise en scène, mais aussi une belle complicité entre les artistes.
C’est justement cette énergie collective qui donne autant de vie à la représentation.
Une troupe remarquable, avec une mention spéciale à Vincent Dedienne
La distribution réunit de nombreux comédiens, parmi lesquels Vincent Dedienne, Micha Lescot, Alix Poisson, Noémie Lvovsky, Ana Blagojević, ainsi qu’Axel Auriant ou Nemo Schiffman, en alternance dans le rôle de Chérubin.
Je dois dire que j’ai trouvé toute la troupe très bonne.
Les personnages se répondent naturellement, les échanges sont rythmés, chacun trouve sa place dans cette mécanique théâtrale parfois complexe.
Mais j’ai particulièrement envie de saluer Vincent Dedienne.
C’était la première fois que je le voyais sur scène et j’ai vraiment beaucoup aimé son interprétation de Figaro.
Il possède une belle présence, une énergie communicative et une véritable aisance dans ce rôle exigeant.
Je dois avouer quelque chose aussi : la quantité de texte qu’il doit retenir m’a impressionnée.
Figaro est un personnage qui parle énormément, argumente, réplique, se lance dans de longues tirades…
Il faut non seulement une mémoire remarquable, mais aussi une grande maîtrise pour donner vie à tout ce texte sans perdre le rythme.
Vincent Dedienne y parvient avec beaucoup de naturel.
Une très belle prestation qui m’a donné envie de le revoir au théâtre.
Une comédie vive et joyeuse, malgré deux passages moins convaincants
Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé le rythme de cette représentation. Les situations s’enchaînent, les quiproquos se multiplient, avec une belle énergie qui donne à la pièce son caractère joyeux et pétillant.
J’ai néanmoins deux petites réserves.
La première concerne la séquence qui se déroule dans la pénombre. L’éclairage est parfois si faible que l’on distingue difficilement les comédiens, au point de se demander quel personnage est en train de parler.
Et pourtant, nous étions très bien placés, avec une excellente visibilité sur la scène. Je me suis donc demandé ce que pouvaient réellement voir les spectateurs installés plus loin dans la salle.
La seconde concerne la partie chantée, à laquelle j’ai moins adhéré.
Deux passages qui m’ont moins convaincue, sans pour autant remettre en cause le plaisir que j’ai pris à découvrir cette pièce.
Une excellente visibilité… mais un confort vraiment décevant !
Autre déception de cette soirée, et pas des moindres : le confort de nos places.
Pour profiter pleinement de cette représentation d’environ 2h15, j’avais volontairement choisi des places en catégorie 1, avec l’envie d’être installée dans les meilleures conditions possibles.
Nous étions au premier rang de la corbeille, légèrement sur le côté.
Concernant la visibilité, absolument rien à redire : nous voyions parfaitement l’ensemble de la scène.
En revanche, pour les jambes, c’était une tout autre histoire.
Je mesure 1,63 m et mes genoux touchaient déjà le devant de la corbeille. Je devais même me positionner légèrement de côté pour trouver un minimum de place.
Alors, je vous laisse imaginer pour mon ami, qui est plus grand que moi.
Pendant une bonne partie de la représentation, j’ai eu le sentiment de chercher une position confortable plutôt que de pouvoir rester tranquillement installée.
Sur une pièce de cette durée, cela finit forcément par peser.
C’est vraiment dommage, surtout lorsqu’on choisit des places en catégorie 1 précisément pour profiter du spectacle dans de bonnes conditions.
La visibilité était excellente, certes, mais ce manque d’espace pour les jambes a malheureusement un peu gâché mon plaisir.
Une arrivée au théâtre quelque peu mouvementée !
Cette soirée a également été marquée par des difficultés qui n’avaient rien à voir avec Beaumarchais.
Avec les manifestations organisées à Paris, notamment autour de la place de la République, rejoindre le Théâtre de la Porte Saint-Martin n’a pas été une mince affaire.
Nous avons finalement réussi à arriver jusqu’au théâtre, mais non sans difficulté.
Je dois avouer avoir été un peu déçue par le manque de communication de l’établissement.
Aucune information sur les réseaux sociaux pour préciser si la représentation était maintenue, alors que les perturbations rendaient l’accès assez compliqué.
Impossible également de joindre le théâtre pour obtenir une confirmation.
Dans ce genre de situation, une simple publication aurait été vraiment appréciable pour rassurer les spectateurs.
Heureusement, nous avons pu venir jusqu’au théâtre et assister à la représentation.
Mon conseil
Si vous aimez les grandes comédies classiques, les belles distributions et les mises en scène soignées, je vous recommande cette version du Mariage de Figaro.
Même sans avoir vu la pièce auparavant, on se laisse facilement entraîner dans cette succession de ruses et de quiproquos.
En revanche, soyez particulièrement attentifs au choix de vos places.
Au premier rang de la corbeille, la visibilité sur scène était excellente, mais l’espace pour les jambes vraiment insuffisant, même pour une personne de 1,63 m.
Pour une représentation d’environ 2h15, c’est un élément à ne pas négliger, surtout si vous êtes grand.
Enfin, si des manifestations sont annoncées dans le secteur de République ou de Strasbourg-Saint-Denis, renseignez-vous bien avant de vous déplacer. Lors de notre venue, de nombreuses stations de métro autour du théâtre étaient totalement fermées, ce qui a considérablement compliqué notre trajet.
La circulation dans les rues à proximité des zones de manifestation n’est pas toujours très rassurante, surtout lorsque l’on ne sait pas précisément quels accès restent possibles.
Dans ces circonstances, une communication du théâtre sur le maintien de la représentation et les difficultés d’accès aurait vraiment été appréciable. Malheureusement impossible de les joindre.
- Théâtre de la Porte St Martin - 18 Bd Saint-Martin, 75010 Paris
- 01 42 08 00 32
- https://www.portestmartin.com/
- -
- Pièce présentée actuellement, jusqu’au 31 décembre 2026 - Tout public
- Environ 2h15 sans entracte
- Tarif en fonction de la catégorie sélectionnée
Pour prolonger votre découverte de la pièce…
Je vous invite à écouter ce podcast de France Culture, dans lequel Alain Françon et Vincent Dedienne évoquent leur nouvelle collaboration autour de La Folle Journée ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais, présentée au Théâtre de la Porte Saint-Martin.
Un échange passionnant pour mieux comprendre leur approche de cette comédie satirique, aussi vive que mordante !