KERRY JAMES MARSHALL « THE HISTORIES » – MUSÉE D'ART MODERNE DE PARIS
Une belle surprise, des œuvres monumentales et un univers artistique que je ne pensais pas autant apprécier
Pour sa première grande exposition en France, l'artiste américain Kerry James Marshall dévoile plus de quarante ans de création à travers des peintures où se rencontrent histoire, culture populaire, couleurs et matières.
Une exposition vers laquelle je ne me serais pas forcément dirigée spontanément, un artiste que je ne connaissais absolument pas… et finalement, une belle surprise !
Direction le Musée d’Art Moderne de Paris pour découvrir The Histories, une exposition consacrée à Kerry James Marshall, figure majeure de la peinture contemporaine américaine.
Je dois reconnaître que ce n’est pas forcément le style artistique qui m’attire le plus habituellement. Mais j’aime aussi profiter des expositions pour sortir de mes préférences, découvrir de nouveaux artistes et parfois être surprise.
Et c’est exactement ce qui s’est passé ici.
Alors, Kerry James Marshall ne deviendra probablement pas mon peintre préféré, mais j’ai pris un réel plaisir à découvrir son univers, ses compositions parfois impressionnantes et surtout sa manière de travailler les couleurs et les matières.
Kerry James Marshall, un artiste qui donne une autre place aux figures noires
Né en 1955 à Birmingham, en Alabama, Kerry James Marshall grandit aux États-Unis dans une période profondément marquée par les luttes pour les droits civiques.
Il passe une partie de son enfance à Los Angeles, notamment dans le quartier de Watts, avant de poursuivre une formation artistique à l’Otis Art Institute.
Ces expériences, ainsi que l’histoire des Afro-Américains, vont profondément nourrir son travail.
Très tôt, l’artiste s’intéresse à une question essentielle : pourquoi les personnes noires occupent-elles si peu de place dans les grandes représentations de l’histoire de l’art occidental ?
À travers ses peintures, il choisit de leur redonner une place centrale.
Ses personnages deviennent les protagonistes de grandes compositions, empruntant parfois leurs codes à la peinture classique, aux scènes historiques ou aux portraits traditionnels.
Mais son inspiration ne s’arrête pas là.
Kerry James Marshall puise également dans la bande dessinée, la publicité, la science-fiction et la culture populaire.
Il aborde ainsi des sujets liés à l’histoire, à l’identité, à la mémoire collective et à la représentation des personnes noires dans la société américaine.
Une démarche artistique que j’ai trouvée intéressante à découvrir, notamment parce qu’elle permet de regarder ses tableaux autrement.
Des œuvres monumentales et des contrastes de couleurs étonnants
L’exposition rassemble environ 70 œuvres, dont huit peintures inédites réalisées spécialement pour ce projet.
Le parcours retrace plus de quarante années de création, depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui.
Et ce qui m’a immédiatement frappée, c’est la taille de certaines toiles.
Plusieurs compositions sont particulièrement imposantes et demandent, pour moi, de prendre du recul pour pouvoir les apprécier dans leur ensemble.
J’ai d’ailleurs trouvé que les espaces du Musée d’Art Moderne se prêtaient parfaitement à cette exposition.
Les salles sont suffisamment vastes pour laisser respirer les œuvres, ce qui est particulièrement agréable avec des tableaux de cette dimension.
On peut d’abord les observer à distance, découvrir leur composition générale, puis s’en approcher pour regarder les détails.
Et justement, des détails, il y en a beaucoup !
L’autre élément qui m’a particulièrement plu, c’est le contraste des couleurs.
On passe de tableaux aux tonalités assez sombres à des compositions beaucoup plus lumineuses, parfois très colorées.
Certains personnages se détachent sur des fonds aux couleurs vives, tandis que d’autres œuvres jouent davantage sur des nuances profondes et des contrastes marqués.
Kerry James Marshall utilise notamment des noirs très intenses pour représenter ses personnages, un choix qui occupe une place très importante dans son travail.
J’ai trouvé cette manière de jouer avec les couleurs particulièrement intéressante.
Chaque tableau possède sa propre atmosphère, et l’on peut passer d’une ambiance assez sombre à quelque chose de beaucoup plus éclatant.
Ce contraste apporte une véritable diversité au parcours.
Peinture, collages et paillettes : des œuvres qui prennent du relief
Autre aspect que j’ai beaucoup aimé : le mélange des matières et des techniques.
En regardant les œuvres, on découvre que Kerry James Marshall ne se limite pas à la peinture traditionnelle.
Il utilise également des collages, des éléments rapportés et parfois même des paillettes.
Je trouve que cela apporte quelque chose de vraiment intéressant.
Les surfaces ne sont pas toujours uniformes, certains éléments attirent davantage la lumière et d’autres donnent une impression de relief.
J’aime beaucoup lorsque l’on peut observer la matière d’une œuvre, comprendre comment elle a été construite et découvrir des détails que l’on n’avait pas remarqués au premier regard.
C’est aussi pour cela que j’ai apprécié les dimensions des salles.
Elles permettent de profiter des tableaux de deux manières différentes : d’abord dans leur ensemble, puis en s’approchant pour observer les techniques utilisées.
On découvre alors une richesse de détails qui ne se perçoit pas forcément à distance.
Et même si cet univers artistique ne correspond pas totalement à mes goûts habituels, j’ai trouvé certaines compositions vraiment intéressantes.
Une exposition qui raconte aussi une histoire
Le titre The Histories prend tout son sens lorsque l’on découvre le parcours.
Car Kerry James Marshall ne peint pas uniquement des personnages ou des scènes du quotidien.
À travers ses œuvres, il interroge aussi la manière dont l’histoire est racontée et représentée.
Son travail fait notamment référence à l’esclavage, aux mouvements pour les droits civiques et à l’histoire des communautés noires américaines.
Mais ce qui est intéressant, c’est qu’il ne choisit pas systématiquement de représenter la violence ou les événements dramatiques.
Il donne également une place importante à des scènes de vie, à des personnages ordinaires et à des moments du quotidien.
Des sujets qui deviennent parfois de véritables tableaux monumentaux, comme ceux que l’on retrouve traditionnellement dans les grands musées.
Cette volonté de faire entrer d’autres personnages et d’autres récits dans l’histoire de l’art constitue l’un des fils conducteurs de l’exposition.
Et j’ai trouvé intéressant de découvrir cette démarche tout en observant l’évolution de son travail au fil des décennies.
Un parcours agréable, avec des cartels enfin faciles à lire
Je voudrais aussi souligner un point qui peut sembler secondaire, mais qui compte beaucoup pour moi lorsque je visite une exposition : la qualité des cartels.
Et ici, bonne surprise !
Je les ai trouvés plutôt bien réalisés, avec des textes suffisamment lisibles pour ne pas avoir à enlever mes lunettes à chaque fois.
Cela peut paraître anecdotique, mais je trouve que c’est un vrai confort.
Il n’y a rien de plus agaçant que de devoir se contorsionner devant un cartel ou de s’approcher à quelques centimètres pour réussir à déchiffrer les explications.
Ici, j’ai pu prendre le temps de lire les informations et de mieux comprendre les œuvres sans difficulté particulière.
Et comme le travail de Kerry James Marshall comporte de nombreuses références historiques et artistiques, ces explications sont particulièrement utiles.
J’ai également apprécié la circulation dans les salles et la possibilité de prendre du recul devant les grandes toiles.
L’ensemble rend la visite agréable et permet de découvrir les œuvres à son rythme. J’ai eu aussi beaucoup de chance, il n’y avait pas trop de monde.
Une belle découverte, même si ce n'est pas mon univers de prédilection
Ce que je retiens finalement de cette exposition, c’est le plaisir d’avoir découvert un artiste vers lequel je ne serais pas forcément allée spontanément.
Je ne vais pas prétendre avoir eu un coup de cœur pour toutes les œuvres, ni que Kerry James Marshall est devenu l’un de mes artistes préférés.
Ce serait exagéré.
Mais j’ai sincèrement apprécié cette visite.
J’ai aimé les contrastes de couleurs, les compositions monumentales, les mélanges de matières et cette façon d’associer différentes références artistiques.
J’ai également trouvé intéressant de mieux comprendre son parcours et les thèmes qu’il développe dans son travail.
Et puis, cette exposition m’a rappelé quelque chose que j’aime particulièrement dans les musées : on peut être agréablement surprise par un artiste ou un courant artistique qui ne correspond pas à nos goûts habituels.
Il suffit parfois de prendre le temps de regarder, de s’intéresser à la démarche et de se laisser surprendre.
C’est exactement ce qui m’est arrivé avec The Histories.
Une exposition que j’ai pris plaisir à parcourir, qui m’a permis de découvrir un univers artistique différent et qui mérite vraiment que l’on s’y attarde.
Mon petit conseil
Prenez le temps d’observer les œuvres à différentes distances.
Certaines toiles sont particulièrement imposantes et gagnent à être regardées dans leur ensemble avant de s’en approcher pour découvrir les détails, les collages et les effets de matière.
Les grands espaces du Musée d’Art Moderne permettent justement de profiter pleinement de ces différentes perspectives.
Je vous conseille également de lire les cartels, que j’ai trouvés clairs et agréables à consulter. Ils apportent des éléments intéressants pour comprendre la démarche de l’artiste et les nombreuses références présentes dans ses tableaux.
- Musée des Arts Moderne - 11 Av. du Président Wilson, 75116 Paris
- 01 53 67 40 00
- https://www.mam.paris.fr/
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- Pour réserver
- Exposition présentée du 18 septembre 2026 au 24 janvier 2027 - Tous les jours sauf le lundi
- environ 1h15 de visite
- Tarif : Adulte : 17.00 € / Tarif réduit : 15.00 € - Gratuit pour les -18 ans
- Il est possible d'acheter les places directement sur place mais je vous conseille de réserver en ligne, pour plus de sérénité