JACE - COEUR SENSIBLE
Une exposition pleine d'humour, de tendresse et de réflexion autour du célèbre Gouzou
Tendresse, humour et lucidité
Impossible de compter le nombre de fois où je suis passée devant la galerie Mathgoth sans jamais pousser la porte.
Pourtant, elle se trouve à quelques minutes de chez moi.
L’exposition Cœur sensible a finalement été l’occasion de découvrir ce lieu que je connaissais surtout de nom. Et je dois dire que j’ai passé un agréable moment.
Jace n’est pas un artiste totalement inconnu pour moi. J’avais déjà croisé son célèbre Gouzou il y a plusieurs années, au détour d’un mur, d’une photographie ou d’une publication sur les réseaux sociaux. Et je dois dire que j’ai toujours eu beaucoup de sympathie pour ce petit personnage sans visage.
Avec quelques traits seulement, il parvient à raconter des situations, à faire sourire et parfois même à faire réfléchir. C’est sans doute ce qui rend le Gouzou aussi attachant et universel.
Né en 1992, ce personnage est devenu au fil des années l’une des figures les plus reconnaissables du street art contemporain. Présent dans plus de quarante pays, il accompagne Jace depuis plus de trente ans et lui permet de porter un regard à la fois drôle, tendre et parfois critique sur le monde qui nous entoure.
- Cette exposition permet justement d’aller beaucoup plus loin que les quelques Gouzous que l’on peut croiser dans l’espace public.
Installée dans un vaste espace de plus de 300 m² à proximité de la Bibliothèque François-Mitterrand, Cœur sensible est pensée comme un véritable parcours immersif. Une neuvième collaboration entre Jace et la galerie Mathgoth, preuve d’une fidélité devenue rare dans le monde de l’art.
Le parcours s’articule autour de trois grands thèmes.
- Le premier porte sur notre société contemporaine.
Jace utilise des matériaux récupérés dans l’espace urbain : palissades, plaques métalliques ou éléments de construction, pour évoquer les crises, les conflits, les dérives économiques ou encore les excès de pouvoir. Le Gouzou devient alors une sorte de révélateur discret. Sans jugement ni discours moralisateur, il pointe simplement certaines absurdités de notre époque avec beaucoup d’humour et de finesse. - La deuxième partie est consacrée à Tchernobyl.
En 2019, Jace a eu l’opportunité exceptionnelle de passer plusieurs jours dans la ville fantôme de Prypiat. Sur place, il a réalisé vingt-six fresques dans la zone d’exclusion. L’exposition présente des photographies prises durant ce séjour, imprimées sur bois puis retravaillées à la peinture.
J’ai trouvé cette partie particulièrement touchante. Les couleurs volontairement atténuées renforcent l’atmosphère du lieu. Le Gouzou apparaît discrètement dans ces paysages abandonnés, comme une présence bienveillante au milieu d’un passé douloureux.
Un film réalisé lors de cette aventure est également présenté et permet de mieux comprendre cette expérience hors du commun.
- La dernière partie, la plus importante de l’exposition, est consacrée à l’amour.
Un choix qui pourrait sembler simple mais qui prend aujourd’hui une résonance particulière. Face aux tensions, aux divisions et aux inquiétudes qui traversent notre époque, Jace défend l’idée que l’amour, l’entraide et la solidarité restent essentiels.
Le Gouzou y devient plus tendre, plus complice, parfois même plus émouvant.
Cette série de toiles est sans doute celle qui m’a le plus touchée.
J’ai particulièrement apprécié la mise en valeur des œuvres.
Le parcours est agréable à suivre et permet de découvrir les différentes facettes du travail de l’artiste.
Mon seul petit regret concerne les explications. J’aurais aimé trouver des cartels ou de commentaires accompagnant certaines œuvres.
Bien sûr, un film présente Jace et son travail, mais quelques informations supplémentaires auraient parfois permis d’aller encore plus loin dans la compréhension de certaines créations.
Cela ne m’a toutefois pas empêchée de profiter pleinement de la visite.
Voir les œuvres en vrai apporte toujours quelque chose de différent. On découvre les détails, les matières, les supports et toute la richesse du travail réalisé.
J’ai également apprécié de mieux comprendre la démarche de l’artiste. Derrière l’apparente simplicité du Gouzou se cache un regard particulièrement juste sur notre société. Sans donner de leçon, Jace observe, questionne et invite chacun à regarder le monde autrement.
J’ai retrouvé avec plaisir ce petit personnage que je croise depuis plusieurs années. Toujours aussi drôle, toujours aussi attachant, mais aussi beaucoup plus profond qu’il n’y paraît au premier regard.
Une première visite à la galerie Mathgoth réussie et une belle occasion de découvrir davantage l’univers de Jace.
Une exposition qui se découvre avec le sourire.
Les collectionneurs et amateurs de l’univers de Jace pourront repartir avec un peu de cette exposition puisque l’ensemble des œuvres présentées est proposé à la vente.
Infos Pratiques
- Galerie Mathgoth 1, rue Alphonse Boudard - 75013 Paris
- 06 63 01 41 50
- https://mathgoth.com/
- Contact
- Exposition présentée du 30 mai au 4 juillet 2026 - du mercredi au samedi, de 14.30 à 19.00 - le dimanche de 15.00 à 18.00
- 30mn à 45mn de visite
- Entrée libre et gratuite