BEAUTE FRAGILE
Un voyage à travers les regards et les émotions
La photographie sous toutes ses formes
Quand le thermomètre s’emballe, les musées deviennent parfois les meilleurs refuges.
C’est donc en pleine canicule que j’ai poussé pour la première fois les portes du Jeu de Paume. Une visite qui me permettait à la fois de profiter d’un peu de fraîcheur et de découvrir une exposition dont j’entendais beaucoup parler ces derniers temps : Fragile Beauté, photographies de la collection de Sir Elton John et David Furnish.
Je dois avouer que j’étais surtout curieuse.
Curieuse de découvrir cette collection privée de plus de 7 000 photographies constituée depuis plus de trente ans. Curieuse aussi de comprendre ce qui pouvait réunir des univers aussi différents sous un même regard de collectionneur.
Et c’est probablement ce qui m’a le plus intéressée.
L’exposition ne cherche pas à présenter un style unique ou une vision homogène de la photographie. Au contraire, elle nous fait voyager d’un univers à l’autre, parfois avec une certaine douceur, parfois de manière beaucoup plus brutale.
On passe ainsi des portraits de célébrités aux images de mode, du photojournalisme aux questionnements identitaires, des icônes hollywoodiennes aux mouvements militants.
Certaines photographies m’ont immédiatement touchée.
D’autres m’ont laissée plus distante.
Mais c’est finalement ce mélange qui fait la richesse de l’exposition.
On peut admirer des images devenues iconiques de Marilyn Monroe puis se retrouver quelques instants plus tard face à des photographies beaucoup plus engagées consacrées aux Black Panthers ou encore découvrir l’univers très particulier de Nan Goldin, dont certaines images peuvent dérouter par leur dimension intime, parfois crue et sans filtre.
Je dois reconnaître que tout ne m’a pas séduite de la même manière.
Certaines œuvres m’ont profondément émue tandis que d’autres correspondent moins à ma sensibilité. Mais c’est aussi ce que j’apprécie dans ce type d’exposition : sortir de ses habitudes, découvrir des artistes que l’on ne connaît pas et confronter son regard à des univers très différents.
L’ensemble offre finalement une véritable traversée de la photographie moderne et contemporaine.
À travers les cinq grandes thématiques du parcours, on découvre comment les photographes ont exploré la célébrité, le désir, l’identité, les luttes sociales ou encore la représentation de soi.
Le fil conducteur reste l’humain.
Sa force, ses fragilités, ses combats, ses excès parfois, mais aussi sa beauté.
J’ai également beaucoup apprécié la diversité des signatures présentées. Irving Penn, Diane Arbus, Robert Mapplethorpe, Nan Goldin, Ai Weiwei ou encore Herb Ritts offrent autant de regards différents sur le monde.
Cette richesse permet à chacun de trouver des images qui lui parlent davantage.
L’exposition est assez dense mais se parcourt facilement. Les espaces du Jeu de Paume sont agréables et permettent de prendre le temps de regarder les œuvres sans se sentir pressé.
Au final, je ressors avec le sentiment d’avoir découvert bien plus qu’une simple collection privée.
À travers leurs choix, Elton John et David Furnish racontent aussi une certaine histoire de la photographie et de notre société.
Une exposition parfois déroutante, souvent passionnante, qui invite à regarder autrement et à accepter que toutes les images ne provoquent pas les mêmes émotions.
Et c’est sans doute ce qui en fait tout l’intérêt.
Infos Pratiques
- Jeu de Paume - 1 Pl. de la Concorde, 75001 Paris
- 01 47 03 12 50
- https://jeudepaume.org/
- Contact
- Exposition présentée du 12 juin au 27septembre 2026 - Tous les jours sauf le lundi
- 1h00 de visite
- Tarif Plein : 14.00 € - Tarif réduit : 9.50€ / Gratuit pour les - de 18 ans