Eva Jospin & Claire Tabouret au Grand Palais
Deux artistes contemporaines entre matière et lumière
Quand deux artistes contemporaines investissent les espaces du Grand Palais, le regard oscille entre architecture de carton et promesse de lumière pour la cathédrale Notre-Dame.
Le Grand Palais accueille en effet deux expositions complémentaires : « Grottesco » d’Eva Jospin et « D’un seul souffle » de Claire Tabouret.
Deux univers très différents, mais qui dialoguent autour de la matière, de la création et du travail de l’artiste.
Eva Jospin - Grottesco
Le travail d’Eva Jospin est véritablement fascinant. Son univers se déploie ici dans une installation spectaculaire qui transforme l’espace d’exposition en grotte monumentale faite de carton.
L’artiste est connue pour ses sculptures réalisées dans ce matériau pourtant très simple. Mais entre ses mains, le carton devient dentelle architecturale. La minutie est impressionnante : chaque détail semble sculpté avec une précision incroyable.
On se retrouve face à un paysage imaginaire, presque onirique, où la matière crée reliefs, creux et perspectives. Le regard se perd dans cette forêt de formes et de textures.
Impossible de ne pas se demander comment un tel travail est techniquement possible tant le niveau de détail est étonnant.
L’univers d’Eva Jospin, tout en délicatesse et en poésie, prend ici toute son ampleur.
Claire Tabouret - D’un seul souffle
La partie consacrée à Claire Tabouret propose une approche très différente.
L’exposition dévoile les coulisses d’un projet monumental : la création de six vitraux contemporains destinés à la cathédrale Cathédrale Notre‑Dame de Paris.
Le projet, sélectionné en 2024 à l’issue d’un appel à projets lancé par l’État et le diocèse de Paris, prévoit l’installation de ces vitraux dans l’une des chapelles de la cathédrale à la fin de l’année 2026.
Au Grand Palais, on découvre les maquettes grandeur nature, appelées « cartons », qui servent de base aux maîtres verriers pour la fabrication des vitraux. Ces six immenses peintures (sept mètres de hauteur sur quatre mètres de large) attirent immédiatement le regard. C’est très impressionnant de voir le travail préparatoire et d’imaginer ce que ces œuvres deviendront une fois transformées en vitraux.
Le projet suscite d’ailleurs une controverse, certains estimant qu’un monument aussi emblématique que Notre-Dame devrait conserver des vitraux historiques plutôt que contemporains.
Personnellement, j’ai trouvé très intéressant de découvrir les coulisses de ce processus artistique, même s’il faudra attendre l’installation définitive pour réellement juger du résultat.
Au final, ces deux expositions se complètent bien et permettent de découvrir deux approches très différentes de la création contemporaine. Heureusement qu’elles sont présentées ensemble, car chacune prise séparément aurait sans doute paru un peu courte.
Petit bémol toutefois : il y avait énormément de monde lors de ma visite. Et pour moi, c’est toujours quelque chose de très désagréable. Lorsque les salles sont bondées, qu’il faut se frayer un passage et qu’il devient difficile de prendre le temps d’observer les œuvres tranquillement, le plaisir de la visite diminue forcément… et j’avoue que cela me donne rapidement moins envie.
Une visite qui permet d’entrer dans deux univers artistiques très différents et de mesurer, une fois encore, toute la richesse et la diversité de la création contemporaine.
Exposition présentée du 10 décembre 2025 – 29 mars 2026 · Prolongation exceptionnelle
Infos Pratiques
- Grand Palais - 75008 Paris
- 01 44 13 17 17
- https://www.grandpalais.fr/fr
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