Passer au contenu principal

Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

bannière les pages articles (1192 x 220 px) (4)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne

ÉGLISE SAINT-SULPICE

Une église devant laquelle je suis trop souvent passée

Des voûtes impressionnantes, dix-huit chapelles, des œuvres remarquables et une magnifique Vierge : une première visite que je suis vraiment contente d’avoir enfin faite.

 

Combien de fois suis-je passée devant l’église Saint-Sulpice sans jamais prendre le temps d’y entrer ?

Beaucoup trop visiblement. Cette fois-ci, j’ai enfin poussé la porte.

Vous connaissez maintenant mon amour pour les églises et les édifices religieux. Je ne sais toujours pas vraiment expliquer pourquoi ils me touchent autant et, finalement, je crois que ce n’est pas très grave.

Saint-Sulpice était pourtant restée jusque-là une inconnue.

Dès les premiers instants, j’ai trouvé l’intérieur vraiment très beau.

  • Les dimensions.
  • Les voûtes.
  • Les couleurs.
  • Les chapelles.
  • La lumière.

Cette immense perspective qui accompagne le regard lorsque l’on avance dans l’église…

Puis certains éléments qui attirent immédiatement l’attention, comme cette magnifique Vierge que l’on aperçoit au fond.

Une très belle première découverte.

Une église monumentale au cœur de Paris

Saint-Sulpice se dresse au cœur du 6e arrondissement, sur la place qui porte son nom.

La reconstruction de l’église actuelle débute en 1645 et va durer environ un siècle. Plusieurs architectes se succèdent sur cet immense chantier, en suivant notamment les plans de Daniel Gittard à partir de 1660.

Le résultat est un mélange particulièrement intéressant entre tradition gothique et architecture classique.

Du gothique, Saint-Sulpice conserve notamment son plan avec une nef et des bas-côtés, un chœur arrondi, des chapelles rayonnantes et cette impression d’élévation renforcée par des voûtes culminant à 33 mètres.

L’influence classique se retrouve dans les colonnes corinthiennes, les grandes perspectives et l’organisation très harmonieuse des espaces.

Lorsque l’on entre pour la première fois, ses proportions font vraiment leur petit effet.

Puis on entre…

C’est vraiment à l’intérieur que Saint-Sulpice m’a séduite.

L’espace est immense, mais je ne l’ai pas trouvé froid.

Au contraire.

Les couleurs apportent beaucoup à l’atmosphère de l’église.

On avance dans cette longue nef et le regard part rapidement dans toutes les directions.

  • Une sculpture.
  • Une chapelle.
  • Une peinture.
  • Une touche de dorure.

Puis cette perspective qui conduit jusqu’au fond de l’édifice.

J’ai pris beaucoup de plaisir à simplement me promener dans l’église, sans forcément chercher à tout comprendre ou à tout connaître.

Parfois, regarder et ressentir suffisent déjà largement à une visite.

Les voûtes… forcément !

Vous commencez à connaître mes habitudes.

Dans une église, mes yeux finissent toujours par partir vers le haut. S’il n’y avait que dans les églises !

Saint-Sulpice n’a évidemment pas échappé à la règle.

Ses immenses voûtes m’ont beaucoup plu.

J’aime regarder leur architecture, les lignes qui se rejoignent, les différences de lumière et tous ces petits éléments que l’on finit par apercevoir en prenant simplement le temps de lever la tête.

Avec leurs 33 mètres de hauteur, elles renforcent forcément le caractère monumental de l’édifice.

Je peux rester plusieurs minutes au même endroit et continuer à observer.

Puis avancer un peu.

Lever à nouveau la tête.

Regarder encore.

La chapelle de la Vierge, mon véritable coup de cœur

En avançant jusqu’au fond de l’église, impossible de manquer la chapelle de la Vierge.

La Vierge à l’Enfant, sculptée en marbre par Jean-Baptiste Pigalle, occupe le centre d’un décor spectaculaire.

Elle semble presque apparaître au milieu de la lumière.

Tout autour, les sculptures, les angelots, les peintures et les dorures créent une véritable mise en scène.

Je l’ai trouvée magnifique.

Cette chapelle possède également une histoire mouvementée.

En 1762, un incendie endommage fortement sa coupole. Les peintures réalisées par François Lemoyne sont partiellement brûlées et recouvertes de suie. Antoine-François Callet intervient ensuite pour compléter les parties disparues et enrichir le décor.

Plus de deux siècles plus tard, une nouvelle campagne de restauration de grande ampleur s’est achevée en 2024.

Autant dire que j’ai eu la chance de la découvrir après qu’elle a retrouvé tout son éclat.

Même sans connaître son histoire au moment de ma visite, mon regard s’y est arrêté immédiatement.

Le Christ et son cœur doré

Un autre élément a particulièrement attiré mon attention : cette représentation du Christ avec son cœur doré.

Au milieu de la pierre, des couleurs plus douces et de l’immensité du bâtiment, cette touche dorée ressort immédiatement.

C’est typiquement le genre de détail que je remarque pendant mes visites.

Deux personnes peuvent parcourir exactement la même église sans s’arrêter devant les mêmes choses.

Pour moi, ce jour-là, ce furent les voûtes, les couleurs, la Vierge… et ce cœur doré.

18 chapelles à découvrir

Saint-Sulpice compte 18 chapelles latérales.

Autant dire qu’il serait vraiment dommage de parcourir uniquement la nef centrale avant de repartir.

Elles accompagnent toute la promenade et forment presque une succession de petits sanctuaires, chacun avec sa propre identité.

  • Des peintures.
  • Des sculptures.
  • Des couleurs différentes.

Certaines sont extrêmement riches.

D’autres beaucoup plus sobres.

Leurs décors ont largement été enrichis au XIXe siècle par des artistes romantiques et néoclassiques, parmi lesquels Émile Signol, François-Joseph Heim ou encore Charles Landelle.

C’est aussi ce que j’ai aimé pendant cette visite : passer d’une chapelle à l’autre sans jamais retrouver exactement la même ambiance.

Certaines sont malheureusement très abîmées

Le contraste entre les chapelles m’a vraiment frappée.

Certaines viennent d’être restaurées et leurs couleurs sont magnifiques.

D’autres sont encore très abîmées. Cela se voit vraiment.

Peintures écaillées, décors altérés, couleurs assombries, traces laissées par d’anciennes infiltrations…

Je trouve toujours un peu triste de voir de si beaux décors dans cet état.

Mais en me renseignant après ma visite, j’ai compris que Saint-Sulpice fait justement l’objet depuis plusieurs années d’un immense travail de restauration.

Les dégradations que l’on peut encore observer ne sont donc pas laissées de côté.

La chapelle Sainte-Geneviève, par exemple, avait beaucoup souffert d’anciennes infiltrations d’eau. La couche picturale se soulevait par endroits, certaines parties avaient disparu et les décors étaient très encrassés.

La chapelle Saint-Martin présentait elle aussi des peintures soulevées ou écaillées, des coulures et des couleurs devenues ternes.

Les restaurateurs ont dû nettoyer, consolider et parfois réintégrer les parties les plus altérées.

Cela correspond finalement assez bien à ce que j’ai pu observer dans certaines parties de l’église.

Des restaurations qui révèlent des couleurs étonnantes

Plusieurs chapelles permettent aujourd’hui de mesurer tout ce que ces restaurations peuvent apporter.

En 2025, quatre d’entre elles ont retrouvé leur éclat : Sainte-Geneviève, Saint-Martin, Saint-Denis et la chapelle des Fonts baptismaux. Avec Saint-Denis, l’ensemble des décors des chapelles du déambulatoire sud est désormais restauré.

D’autres campagnes avaient déjà réservé quelques belles surprises.

Dans la chapelle Sainte-Anne, la restauration achevée en 2022 a notamment permis de retrouver les couleurs très vives imaginées par Jules-Eugène Lenepveu au XIXe siècle.

La chapelle des Âmes-du-Purgatoire avait, elle, retrouvé ses couleurs en 2020 après une importante restauration des peintures de François-Joseph Heim.

Je trouve cela assez fascinant.

On regarde parfois un décor sombre ou très abîmé en pensant qu’il a toujours été ainsi.

Puis le travail des restaurateurs fait réapparaître des couleurs que l’on ne soupçonnait absolument pas.

Un tombeau remarquable dans la chapelle Saint-Jean-Baptister

Parmi les chapelles, celle consacrée à saint Jean-Baptiste renferme un monument assez exceptionnel.

Il s’agit du tombeau de Jean-Baptiste Languet de Gergy, curé de Saint-Sulpice de 1714 à 1748.

Réalisé en 1757 par Michel-Ange Slodtz, il constitue l’un des rares grands monuments funéraires du XVIIIe siècle encore conservés à Paris à son emplacement d’origine.

Le monument avait été commandé par les paroissiens eux-mêmes en souvenir de leur curé.

Sa composition est très symbolique : l’Immortalité vient arracher l’âme du défunt à la Mort et à l’oubli.

Mais j’aime particulièrement les deux petits angelots placés au bas du monument.

Ils rappellent que Jean-Baptiste Languet de Gergy n’est pas seulement honoré pour son rôle dans la reconstruction de Saint-Sulpice, mais également pour sa foi et sa charité envers les plus pauvres.

Typiquement le genre de détail devant lequel on pourrait passer rapidement et que l’on regarde complètement différemment lorsqu’on en connaît l’histoire.

Delacroix se cache aussi à Saint-Sulpice

Autre trésor à ne surtout pas manquer : la chapelle des Saints-Anges.

Elle abrite trois œuvres monumentales réalisées par Eugène Delacroix à la fin de sa vie, dont le célèbre Combat de Jacob avec l’Ange, peint en 1861.

C’est aussi ce que j’aime dans les églises parisiennes.

On pousse une porte parce qu’un bâtiment nous intrigue et, quelques minutes plus tard, on se retrouve devant les œuvres d’un immense peintre français.

Saint-Sulpice est finalement autant un édifice religieux qu’un véritable lieu d’art et de patrimoine.

Un grand orgue exceptionnel

Puis il faut penser à se retourner et à regarder le grand orgue.

Celui de Saint-Sulpice est loin d’être un instrument ordinaire.

L’église possède un orgue de chœur datant de 1857 et surtout un grand orgue achevé en 1862 par Aristide Cavaillé-Coll, l’un des plus grands facteurs d’orgues français.

Avec 102 jeux répartis sur cinq claviers et un pédalier, il s’agit du plus grand instrument jamais construit par Cavaillé-Coll.

Il conserve également une grande partie de la tuyauterie d’un orgue précédent réalisé par François-Henri Clicquot en 1781. Son buffet comme sa partie instrumentale sont classés au titre des Monuments historiques.

Albert Schweitzer parlait même de lui comme du « plus bel orgue du monde ».

Rien que ça !

Ce que je trouve encore plus intéressant, c’est que cet instrument exceptionnel continue à vivre.

Les orgues jouent chaque dimanche pendant les offices et des auditions sont régulièrement proposées. L’association des Amis des orgues organise également sept grands concerts chaque année.

Voir cet instrument est déjà impressionnant.

L’entendre résonner sous les immenses voûtes de Saint-Sulpice doit être une tout autre expérience.

Voilà une excellente raison de revenir.

Et même un instrument astronomique !

Saint-Sulpice réserve encore une surprise assez inattendue : son gnomon.

Au XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Languet de Gergy autorise la réalisation de mesures astronomiques à l’intérieur même de l’église.

Le principe est étonnant.

Un rayon de soleil pénètre dans l’édifice et forme une tache lumineuse qui se déplace dans le transept. Celle-ci franchit une ligne métallique incrustée dans le sol au moment du midi solaire.

Plus surprenant encore : le dispositif fonctionne toujours aujourd’hui.

J’adore ce genre de découverte.

On entre dans une église pour regarder des voûtes, des peintures et des sculptures et on se retrouve finalement devant un instrument astronomique du XVIIIe siècle.

Saint-Sulpice avait visiblement encore quelques surprises à me réserver. 

Faire attention car on peut passer devant sans même y faire attention !

Une église marquée par un incendie récent

En me renseignant après ma visite, j’ai également découvert que Saint-Sulpice avait connu un incendie en mars 2019, quelques semaines seulement avant celui de Notre-Dame de Paris.

Le feu s’était déclaré au niveau du transept sud.

Une partie du vitrail avait explosé, tandis que des bas-reliefs et les parties hautes du sas d’entrée avaient été fortement endommagés.

Plusieurs années de travail ont été nécessaires avant la réouverture du transept sud en mars 2023.

La restauration a même nécessité de retrouver un savoir-faire ancien pour reproduire certains bas-reliefs réalisés en carton-pierre, une technique à base de pâte à papier dont la mise en œuvre avait été largement oubliée.

Je trouve ces histoires de restauration passionnantes.

Lorsque l’on se promène tranquillement dans une église, on ne soupçonne pas forcément tout le travail qui se cache derrière les décors que l’on regarde.

Une première visite… enfin !

Je suis surtout ressortie de Saint-Sulpice en me demandant pourquoi je n’étais jamais entrée auparavant.

Je suis pourtant passée plusieurs fois devant.

Comme quoi, certaines découvertes peuvent nous attendre pendant des années juste à côté de chez nous.

Cette première visite m’a vraiment plu.

J’ai aimé ses dimensions, ses couleurs, ses voûtes, toutes ces chapelles que l’on découvre les unes après les autres, le cœur doré du Christ et surtout cette magnifique Vierge qui m’a immédiatement attirée.

Oui, certaines parties sont encore très abîmées. Cela se voit et je trouve important de le dire.

Mais découvrir ensuite tout le travail de restauration déjà réalisé m’a aussi permis de comprendre l’ampleur du chantier nécessaire pour préserver un monument comme Saint-Sulpice.

Je suis vraiment contente d’avoir enfin poussé cette porte.

Maintenant que je sais ce qu’elle cache, je ne passerai certainement plus devant de la même façon.

Mon petit conseil

Ne faites pas comme moi : n’attendez pas plusieurs passages devant Saint-Sulpice avant de vous décider à entrer.

Surtout, ne vous contentez pas de parcourir la nef centrale.

Prenez le temps de faire le tour des 18 chapelles, de vous arrêter devant la chapelle de la Vierge, d’observer les œuvres de Delacroix, de repérer le tombeau de Jean-Baptiste Languet de Gergy et de vous retourner pour admirer le grand orgue.

Essayez également de trouver le gnomon.

Et si vous souhaitez aller plus loin, la paroisse propose plusieurs visites guidées : visite générale de l’église, parties hautes, cryptes, gnomon ou encore chapelle des Saints-Anges de Delacroix.

coups de coeur (27)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (1)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (2)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (3)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (4)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (5)
chapelle des Saints-Anges dans l'église Saint-Sulpice à Paris, décorée par les peintures murales d'Eugène Delacroix
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (6)
cénotaphe de Jean-Baptiste Languet de Gergy, curé de l'église Saint-Sulpice à Paris.
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (7)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (8)
magnifique chaire à prêcher
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (9)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (10)
vitrail de la Crucifixion réalisé par l'atelier Chabin en 1873, situé dans la chapelle des Âmes-du-Purgatoire
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (11)
chœur et le maître-autel de l'église Saint-Sulpice
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (12)
chapelle de la Vierge
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (13)
La vierge
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (16)
Plafond de la chapelle de la vierge
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (17)
coupole de la chapelle de la Vierge
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (18)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (19)
Le gnomon (méridienne) : Un instrument astronomique du XVIIIe siècle matérialisé par une ligne en laiton au sol et un obélisque. La statue : Elle représente Jean-Jacques Olier, le fondateur de la compagnie et du séminaire de Saint-Sulpice
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (20)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (21)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (23)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (25)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (26)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (27)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (28)
chapelle dédiée à la Miséricorde Divine (qui abrite les reliques de sainte Faustine)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (29)
l'un des deux célèbres bénitiers de l'église Saint-Sulpice à Paris, dont le bassin est constitué d'une immense coquille de tridacne géant
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (31)
bas-relief en pierre sculptée au milieu de la nef principale de l'église
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (32)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (33)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (14)
eglise saint sulpice paris st germain des près patrimoine christelle lefresne (15)