ÉGLISE DE LA SAINTE-TRINITÉ – PARIS
Enfin débarrassée de ses échafaudages !
Une silhouette familière dans le quartier, une façade que j’ai presque eu l’impression de découvrir et, derrière ses portes, un intérieur qui réserve bien plus de détails que je ne l’imaginais.
C’est assez étrange, mais dans mon esprit, l’église de la Sainte-Trinité a presque toujours été en travaux.
Je sais bien que ce n’est pas possible, mais c’est pourtant l’image qui me vient immédiatement lorsque je pense à elle : une grande silhouette au bout de la rue de la Chaussée-d’Antin… et des échafaudages avec sa bâche.
Alors, en me rendant dans un musée situé non loin de là, quelque chose m’a forcément interpellée : les bâches et les protections avaient enfin disparu.
Et quelle différence !
La Sainte-Trinité est déjà assez impressionnante par sa position. On l’aperçoit de loin lorsque l’on descend la rue de la Chaussée-d’Antin et elle semble presque fermer la perspective. Mais cette fois, je pouvais enfin en distinguer véritablement la façade, la pierre nettoyée, les sculptures et tous ces détails architecturaux qui avaient disparu de mon paysage depuis plusieurs années.
Puis, en passant sur le côté, j’ai vu que les portes étaient ouvertes.
Je me rendais ailleurs, cette visite n’était absolument pas prévue… mais il aurait été dommage de ne pas en profiter.
Je suis donc entrée.
Une façade qui retrouve enfin tous ses détails
Avant de découvrir l’intérieur, j’ai quand même pris le temps de regarder cette façade que j’avais si souvent vue cachée.
Le résultat de la restauration est vraiment très beau.
La pierre a retrouvé sa luminosité et surtout, maintenant que les échafaudages ont disparu, on peut à nouveau apprécier toute la richesse de son architecture : les sculptures, les colonnes, les ouvertures, les reliefs… on redécouvre totalement l’église.
Construite entre 1861 et 1867 par l’architecte Théodore Ballu, la Sainte-Trinité est née dans ce Paris du Second Empire en pleine transformation. Sa position dans la perspective de la rue de la Chaussée-d’Antin faisait d’ailleurs partie intégrante du projet urbain.
Depuis plusieurs années, c’est elle qui connaît une nouvelle transformation avec un immense chantier de restauration portant aussi bien sur la pierre que sur les sculptures et les différents décors de l’édifice.
Découvrir la restauration de l’église de la Sainte-Trinité – Ville de Paris
Un intérieur beaucoup plus impressionnant que je ne l’imaginais
Une fois à l’intérieur, j’ai été assez surprise par les dimensions de l’église.
Elle est vraiment impressionnante.
La nef est immense, les grandes arches se succèdent et la hauteur donne immédiatement beaucoup d’ampleur à l’ensemble. Pourtant, malgré ses proportions et la richesse de ses décors, je ne l’ai pas trouvée excessivement chargée.
Au contraire, il y a un assez joli équilibre entre la pierre claire, très présente, et toutes les touches de couleurs apportées par les peintures, les vitraux, les dorures et le bois.
Et chose parfait pour moi, ce jour-là, il n’y avait vraiment pas grand monde.
J’ai donc pu faire mon petit tour tranquillement, sans me presser, m’arrêter devant les chapelles, regarder les peintures, lever les yeux vers les voûtes et, forcément, commencer à m’attarder sur les détails.
Passer un moment comme j’aime. Et pour le coup, j’était seule, donc je pouvais prendre tout mon temps.
Des voûtes assez sobres… jusqu’à ce que l’on regarde de plus près
En levant les yeux, j’ai d’abord trouvé les grandes voûtes assez sobres.
Pas d’immenses fresques recouvrant entièrement le plafond. Les grandes scènes peintes et les représentations religieuses se concentrent davantage sur les côtés, autour des arches et dans certaines parties de l’église.
Mais en regardant plus attentivement, j’ai commencé à remarquer tout un décor beaucoup plus discret.
Sur toutes les voûtes centrales se répètent notamment de petits motifs qui m’ont fait penser à trois épis réunis par un petit ruban bleu. Ils sont minuscules par rapport aux dimensions du plafond, mais ils apportent justement quelque chose de délicat à cet immense espace.
Le bleu ne s’arrête pas là. On le retrouve sur les petites voûtes latérales, associé à des motifs végétaux et à des touches dorées.
J’ai beaucoup aimé ces couleurs assez douces qui contrastent avec les peintures religieuses beaucoup plus présentes autour des grandes arches.
Finalement, le plafond que je trouvais assez sobre au premier regard ne l’est pas tant que cela. Il faut simplement prendre le temps de le regarder.
Des anges dans les vitraux de toutes les chapelles
J’ai ensuite commencé à faire le tour des différentes chapelles.
Elles sont ornées de très belles représentations religieuses, parfois assez monumentales, avec des personnages, des anges et de nombreuses couleurs.
Mais en passant de l’une à l’autre, c’est autre chose qui a fini par attirer mon attention.
Dans chacune des différentes chapelles que j’ai observées, les vitraux comportent des anges.
J’ai trouvé ce fil conducteur vraiment joli.
Ils ne sont pas tous représentés de la même façon. Sur certains vitraux, on découvre simplement un petit visage entouré d’ailes ; sur d’autres, l’ange est davantage intégré dans les entrelacs et les motifs colorés.
Ce sont de toutes petites représentations que l’on peut facilement manquer si l’on traverse rapidement l’église.
Évidemment, une fois que j’avais remarqué les premiers, je me suis mise à regarder les vitraux des autres chapelles pour découvrir les suivants.
C’est typiquement le genre de petit jeu qui me plaît dans une visite : commencer par regarder un lieu dans son ensemble et finir par chercher un détail qui revient d’un endroit à l’autre.
Des peintures qui apportent énormément de couleurs
Les peintures sont également très présentes dans toute l’église.
On les retrouve dans les chapelles mais aussi au-dessus des grandes arches, où elles forment parfois de véritables compositions monumentales.
J’ai particulièrement aimé la manière dont elles viennent rompre avec la pierre très claire de l’architecture.
Il y a beaucoup de couleurs, mais elles sont finalement réparties dans l’espace de telle manière que je n’ai jamais trouvé l’ensemble trop chargé.
Lorsque l’on prend un peu de recul, tous ces éléments se répondent : la pierre, le bois, les dorures, le métal, le bleu des décors et les couleurs des peintures.
Impossible de ne pas remarquer les lustres
Puis il y a les lustres.
Là, difficile de parler de petit détail.
Ils sont vraiment imposants, et je dois avouer que j’ai beaucoup aimé.
Certains sont particulièrement travaillés, avec leurs grandes volutes dorées, leurs nombreuses branches, les bougies et ces gros globes blancs qui apportent une lumière complètement différente.
Ils sont presque des éléments de décoration à part entière et prennent une place importante dans la perspective de la nef.
J’ai simplement trouvé dommage qu’ils ne soient pas tous allumés ce jour-là.
En regardant ceux qui l’étaient, j’imagine facilement ce que doit donner l’ensemble lorsque tous les luminaires fonctionnent. Cela doit apporter encore davantage de chaleur à l’intérieur de l’église.
Un chœur imposant lui aussi
En avançant vers le chœur, le regard est naturellement attiré par la grande structure dorée qui se dresse en son centre.
Le chœur est à la hauteur du reste de l’église : assez monumental.
J’ai trouvé l’ensemble vraiment joli, notamment avec les grands luminaires qui l’entourent et toutes les peintures que l’on aperçoit en arrière-plan.
Là encore, en s’approchant, on découvre énormément de petits éléments : les motifs dorés, les sculptures, les représentations religieuses, les ornements du mobilier…
C’est assez amusant parce que cette église donne d’abord une impression de grandeur, mais finalement, j’ai passé une bonne partie de ma visite à regarder de toutes petites choses.
Un orgue parfaitement intégré au décor
Au fond de l’église, il y a bien évidemment le grand orgue.
Lui aussi est particulièrement imposant.
Réalisé par le célèbre facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll, il est notamment lié à l’histoire d’Olivier Messiaen, qui fut titulaire de l’orgue de la Trinité pendant plus de soixante ans.
Mais ce qui m’a surtout plu en le découvrant, c’est la manière dont il s’intègre dans le décor.
Le bois sombre de l’instrument tranche avec la pierre claire et, tout autour, un grand arc de représentations religieuses apporte énormément de couleurs.
J’ai trouvé cette perspective particulièrement belle.
Il y a là encore ce mélange que j’ai beaucoup aimé tout au long de ma visite : la pierre, le bois, le métal, les dorures et les peintures.
Des matières et des couleurs très différentes qui, finalement, fonctionnent parfaitement ensemble.
Cette visite n’était absolument pas prévue et je crois que c’est aussi pour cela que je l’ai autant appréciée.
Après avoir si souvent vu la Sainte-Trinité derrière ses échafaudages, j’étais déjà contente de découvrir enfin sa façade restaurée. Je ne pensais pas forcément pousser la porte et encore moins rester aussi longtemps à l’intérieur.
J’ai beaucoup aimé ses proportions, ses peintures, ses immenses lustres, le chœur et cette très jolie perspective autour de l’orgue.
Mais ce sont probablement les détails les plus discrets qui resteront le plus associés à cette visite : les petites touches de bleu des voûtes et surtout tous ces anges découverts dans les vitraux des différentes chapelles.
Une église que je pensais connaître parce que je l’avais vue tant de fois…
Alors qu’en réalité, je ne l’avais encore jamais vraiment regardée.
Mon petit conseil
Si vous passez dans le quartier, ne vous contentez pas de regarder la Sainte-Trinité depuis la rue.
Entrez et prenez le temps de faire le tour des chapelles.
Regardez notamment leurs vitraux : vous devriez rapidement commencer, vous aussi, à repérer les petits anges.
Le chantier n’est pas encore totalement terminé. En septembre 2026, la majeure partie de la façade est à nouveau visible, mais la restauration doit se poursuivre jusqu’en 2027 avec une dernière phase concernant notamment le porche, le perron et les escaliers.
- Eglise de la Sainte Trintié - Pl. d'Estienne d'Orves, 75009 Paris
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- https://latriniteparis.com/
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