Passer au contenu principal

Les rendez-vous de Christelle – Sorties culture & loisirs

eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne

ÉGLISE DE LA MADELEINE

Une église qui ne ressemble à aucune autre

Monumentale comme un temple antique, spectaculaire à l’extérieur comme à l’intérieur : une église parisienne pour laquelle j’ai une affection toute particulière.

 

Passer devant l’église de la Madeleine sans y entrer ? Pour moi, c’est presque impossible.

À chaque fois que mes pas me ramènent dans ce quartier, je ressens la même chose : cette immense silhouette posée au milieu de la place attire immédiatement mon regard et, très souvent, je finis par monter ses marches.

Pourtant, je la connais.

Je suis déjà entrée plusieurs fois.

Mais cela ne change rien.

J’aime profondément cette église.

Son architecture, son intérieur, son atmosphère, l’émotion qu’elle dégage… Elle possède quelque chose qui me touche particulièrement sans que je sois vraiment capable d’expliquer pourquoi.

Finalement, pourquoi faudrait-il toujours trouver une explication ?

Maintenant, vous devez commencer à connaître mon profond amour pour les églises et les édifices religieux. Je peux pousser la porte de l’un d’eux simplement parce qu’il se trouve sur mon chemin et y rester beaucoup plus longtemps que prévu.

Pour la Madeleine, cet attachement est encore un peu différent.

Elle est imposante.

Majestueuse.

Presque déroutante avec cette allure de temple antique qui ne ressemble pas vraiment à l’image traditionnelle que l’on peut avoir d’une église.

Elle est là, au milieu de la place de la Madeleine, incontournable. Certaines choses nous touchent sans que nous ayons besoin de comprendre exactement pourquoi.

La Madeleine fait partie de celles-là pour moi.

Je l’aime. C’est comme ça.

Impossible de ne pas la voir

Avant même d’y entrer, son architecture impressionne.

Posée sur son imposant soubassement, surélevée par son grand escalier et entourée de colonnes corinthiennes, la Madeleine ressemble davantage à un temple antique qu’à une église traditionnelle.

Pas de clocher.

Pas de croix dominant le bâtiment.

Une immense colonnade qui l’entoure entièrement.

Un fronton monumental.

Lorsqu’on arrive depuis la rue Royale, elle s’impose dans la perspective.

D’ailleurs, cette apparence de temple n’est absolument pas le fruit du hasard.

Elle est directement liée à l’histoire assez mouvementée de sa construction.

Près de 80 ans pour construire la Madeleine

L’histoire de la Madeleine commence au XVIIIe siècle.

Sous Louis XV, le projet est celui d’une église classique. La première pierre est posée en 1764, mais la Révolution française vient interrompre le chantier.

Le bâtiment reste alors inachevé et son avenir devient plutôt incertain.

Bibliothèque, opéra, marché pour les artisans… plusieurs projets sont envisagés.

Puis Napoléon arrive.

En 1806, il décide de donner au monument une tout autre vocation : il veut en faire un temple à la gloire de la Grande Armée.

L’architecte Pierre-Alexandre Vignon imagine alors cet immense édifice inspiré des temples antiques, avec les proportions monumentales que nous lui connaissons aujourd’hui.

Voilà pourquoi, lorsqu’on regarde la Madeleine, on pense immédiatement à un temple.

Parce qu’elle devait réellement en devenir un.

Les bouleversements politiques vont encore faire évoluer le projet et la vocation religieuse du bâtiment finit par être réaffirmée.

Après la mort de Vignon en 1828, Jean-Jacques Huvé poursuit les travaux. L’édifice est finalement achevé en 1842, près de 80 ans après le début de cette incroyable histoire.

Quand on connaît toutes ces hésitations, je trouve que l’on ne regarde plus du tout la Madeleine de la même manière.

52 colonnes autour d’un temple au cœur de Paris

L’extérieur est vraiment spectaculaire.

La Madeleine est entourée de 52 colonnes corinthiennes et repose sur un immense stylobate auquel on accède par deux escaliers monumentaux.

Il suffit de monter les marches pour prendre encore davantage conscience des proportions du bâtiment.

Puis il faut lever les yeux.

Le grand fronton sculpté représente le Jugement dernier.

Sous cette architecture extrêmement imposante se cachent une multitude de détails que l’on ne remarque pas forcément lorsque l’on regarde simplement l’église depuis la place.

  • Les chapiteaux.
  • Les sculptures.
  • Les portes monumentales.
  • Les niches.
  • Les décors du plafond du péristyle.

C’est souvent ce que j’aime avec ces monuments : ils impressionnent de loin et deviennent passionnants lorsqu’on s’en approche.

Puis on pousse la porte…

C’est un moment que j’aime particulièrement. On quitte l’agitation de la place de la Madeleine et presque immédiatement, l’atmosphère change.

L’intérieur est monumental, solennel, assez sombre par endroits.

Pourtant, je ne le trouve pas froid.

Au contraire. Je ressens ici une atmosphère très particulière.

La Madeleine ne possède ni transept ni bas-côtés et son immense vaisseau intérieur ne ressemble donc pas davantage à une église traditionnelle que son architecture extérieure.

  • Les marbres.
  • Les sculptures.
  • Les dorures.
  • Les peintures.
  • Les immenses colonnes.

Cette lumière assez douce qui arrive d’en haut…

Tout participe à l’ambiance du lieu.

Je crois que c’est aussi cela qui me touche ici.

Malgré ses dimensions, la Madeleine possède une atmosphère dans laquelle je me sens bien.

Évidemment, mes yeux finissent en l’air

Vous commencez à connaître mes habitudes…

Quand je rentre dans une église, il ne faut généralement pas très longtemps avant que mes yeux partent vers le plafond.

La Madeleine ne fait évidemment pas exception. Ses grandes coupoles à caissons attirent immédiatement mon regard.

J’aime cette succession de volumes et tous les détails qui les accompagnent.

  • Les caissons.
  • Les dorures.
  • Les peintures.
  • La lumière.
  • Les décors.

Je peux rester plusieurs minutes au même endroit et continuer à regarder.

Puis avancer de quelques mètres, lever à nouveau la tête et découvrir autre chose.

C’est exactement ce que j’aime dans ces édifices : le regard n’a jamais vraiment terminé sa visite.

Bien évidemment, mon téléphone n’est jamais très loin dans ces moments-là.

Un intérieur extrêmement riche

Redescendons tout de même un peu les yeux, parce qu’il serait dommage de ne regarder que le plafond.

La Madeleine possède un décor intérieur particulièrement riche, largement constitué d’œuvres du XIXe siècle.

Sculptures monumentales, peintures, marbres et dorures accompagnent toute la visite.

Derrière le maître-autel se trouve notamment Le Ravissement de Marie-Madeleine, œuvre de Charles Marochetti.

Dans l’abside, l’immense peinture de Jules-Claude Ziegler consacrée à l’histoire du christianisme contribue également à cette impression de richesse.

Chaque chapelle offre de nouveaux détails.

On avance doucement.

On regarde une sculpture.

On revient sur une peinture.

On découvre quelque chose que l’on n’avait pas remarqué la fois précédente.

Une église intimement liée à la musique

La Madeleine possède également une histoire très liée à la musique.

Son grand orgue, construit par Aristide Cavaillé-Coll, fait partie des éléments remarquables de l’église.

De grands musiciens ont été associés au lieu et la Madeleine a accueilli au fil du temps de nombreuses cérémonies importantes.

Les funérailles de Frédéric Chopin y sont notamment célébrées en 1849.

Par la suite, la Madeleine devient également un lieu de grands hommages populaires. Camille Saint-Saëns, Édith Piaf, Joséphine Baker, Dalida, Charles Trenet, Henri Salvador ou encore Johnny Hallyday comptent parmi les personnalités dont la mémoire y a été honorée.

J’aime aussi cette facette de la Madeleine.

Elle appartient évidemment à l’histoire religieuse de Paris, mais également à son histoire culturelle et populaire.

D’ailleurs encore aujourd’hui des concerts y sont organisés régulièrement.

Une Madeleine qui a retrouvé sa splendeur

La Madeleine que nous pouvons admirer aujourd’hui vient également de connaître une importante campagne de restauration.

Avec le temps, la façade principale située du côté de la rue Royale s’était considérablement dégradée.

Les pierres et les sculptures étaient encrassées, certains éléments avaient souffert des infiltrations et une importante fissure située au-dessus de l’entrée nécessitait même un étaiement depuis 1998.

Un vaste chantier a donc débuté en mai 2021.

Pendant trois ans, les restaurateurs sont intervenus sur les seize colonnes de la façade principale, leurs chapiteaux corinthiens, le fronton, les sculptures, la porte monumentale en bronze, la voûte, les plafonds à caissons, les sols du péristyle ou encore le dallage périphérique.

Le chantier, d’un montant d’environ 10 millions d’euros, s’est achevé avec l’inauguration de la façade restaurée le 3 avril 2024.

Après des années derrière les échafaudages, la Madeleine a donc retrouvé toute sa monumentalité.

Mais l’histoire de sa restauration ne s’arrête pas là : cette première campagne concernait principalement la façade d’entrée. La Ville de Paris avait prévu de poursuivre le programme sur les autres façades de l’édifice.

Je trouve que c’est important d’en parler.

Parce que ces bâtiments que nous admirons parfois depuis plusieurs siècles ne traversent pas le temps tout seuls.

Ils ont besoin d’être entretenus, restaurés, surveillés et parfois profondément consolidés pour que nous puissions continuer à les admirer.

Une église devant laquelle j’ai du mal à passer sans entrer

C’est probablement le signe le plus évident. Lorsque je suis dans le quartier et que je passe devant la Madeleine, j’ai énormément de mal à continuer mon chemin sans monter les marches.

  • Même si je la connais déjà.
  • Même si je suis déjà entrée plusieurs fois.
  • Même si je n’avais absolument pas prévu de la visiter ce jour-là.
  • Je pousse la porte.
  • Je regarde.
  • Je retrouve cette atmosphère que j’aime.
  • Puis je repars.

Parfois, il n’est pas nécessaire de découvrir un nouveau lieu pour ressentir quelque chose.

Il suffit simplement de revenir dans un endroit que l’on aime.

Mon petit conseil

Ne vous contentez pas de photographier la Madeleine depuis la place.

Montez les marches et entrez.

L’extérieur est tellement monumental que l’on pourrait presque penser avoir déjà vu l’essentiel. Ce serait vraiment dommage.

Prenez également quelques minutes pour observer l’édifice de près. Les chapiteaux, le fronton, les sculptures et les portes méritent que l’on s’y attarde.

Une fois à l’intérieur, ne cherchez pas forcément à tout voir rapidement.

Levez les yeux vers les coupoles, observez les sculptures et avancez tranquillement.

La Madeleine est une église qui, selon moi, mérite que l’on prenne son temps.

Infos Pratiques

eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (1)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (2)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (3)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (4)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (5)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (6)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (7)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (8)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (9)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (10)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (11)
eglise de la madeleine paris monument napoléon histoire temple christelle lefresne (12)