CROISIÈRE SUR LE NIL – ÉGYPTE
De Louxor à Assouan, au fil du Nil
Des temples gigantesques, des tombeaux, une balade en felouque et le Nil comme fil conducteur : un voyage exceptionnel au cœur de l’Égypte antique.
Certains voyages restent très longtemps dans la mémoire.
Cette croisière sur le Nil en fait incontestablement partie.
Elle remonte maintenant à quelques années et je ne me souviens plus de l’ordre exact de chacune de nos journées, mais les lieux, les sensations et certaines images sont toujours bien présents.
À commencer par notre arrivée en Égypte.
Il est environ 23 heures, nous sortons de l’avion et, dès les premiers pas sur le tarmac :
« Wahou… OK… il fait chaud ! »
Nous étions partis au mois de juin et il faisait encore autour de 40 °C en pleine nuit.
Autant dire que le ton du séjour était donné.
La chaleur nous a accompagnés pendant tout le voyage. Par moments, elle était vraiment intense, mais elle ne nous a certainement pas empêchés de profiter de tout ce que nous étions venus voir.
Parce qu’être en Égypte et ne rien faire… Pour nous, ce n’était tout simplement pas possible.
Une croisière de Louxor à Assouan
Même si je n’ai plus en tête le déroulement précis de chaque journée, notre parcours suivait l’itinéraire classique de Louxor vers Assouan, avec différentes excursions organisées autour des escales.
Géographiquement, tout ce dont je me souviens correspond parfaitement à cette progression.
Louxor et ses environs, Edfou, Kom Ombo, puis Assouan avant de partir beaucoup plus au sud jusqu’à Abou Simbel.
Entre deux visites, nous retrouvions le bateau et poursuivions tranquillement notre navigation sur le Nil.
C’est aussi cela qui rend ce voyage particulier.
On ne prend pas un car ou un avion pour passer d’une étape à l’autre.
Le Nil nous accompagne pendant une grande partie du séjour. On se laisse porter au fil de l’eau.
Un bateau confortable, sans être exceptionnel
Notre bateau était assez imposant.
Il n’avait rien de particulièrement luxueux ou spectaculaire, mais il était confortable et agréable pour cette croisière.
Nous avions notamment une salle de sport et une petite piscine installée sur le pont supérieur.
Avec les températures du mois de juin, autant dire que cette dernière pouvait être appréciable voire même beaucoup.
Mais finalement, ce dont je me souviens le plus, ce n’est pas vraiment de l’intérieur du bateau.
C’est plutôt de ce que l’on pouvait observer depuis celui-ci.
Regarder défiler les berges du Nil
La navigation fait vraiment partie du voyage.
Depuis le bateau, on voit lentement défiler les berges du Nil, les palmiers, les villages, les cultures et les petites embarcations.
Puis, derrière cette bande de végétation, on retrouve très rapidement des paysages beaucoup plus arides.
Le contraste est assez saisissant.
Le Nil a joué un rôle absolument fondamental dans le développement de l’Égypte antique. Ses eaux permettaient l’agriculture, mais le fleuve constituait également un immense axe de circulation pour les hommes, les marchandises et les matériaux.
Des milliers d’années plus tard, nous empruntions à notre tour cette voie qui traverse toute l’histoire du pays.
Et parfois, il n’y avait rien d’autre à faire que de s’installer et regarder.
Dans un voyage aussi dense en visites, ces moments de navigation apportaient aussi de vraies pauses.
LOUXOR ET SES ENVIRONS - Louxor, plongée immédiate dans l’Égypte antique
Autour de Louxor, autant dire que les visites ne manquent pas.
L’ancienne Thèbes fut l’une des grandes capitales de l’Égypte antique et l’importance des vestiges présents aujourd’hui permet rapidement de le comprendre.
Nous avons notamment découvert le temple de Louxor.
Les dimensions sont déjà impressionnantes et, devant l’entrée, se dresse encore l’un des deux obélisques qui encadraient autrefois le temple.
Le second, bien évidemment, je le connaissais déjà…
Il est à Paris, place de la Concorde !
C’est assez amusant de découvrir celui resté à Louxor et de penser à son jumeau que l’on peut voir si facilement à Paris. Mais je dois avouer que dans son élèment original celui-ci prend une tout autre dimension.
L'allée des Sphinx
Autre découverte : l’allée des Sphinx.
Cette longue voie processionnelle reliait autrefois les temples de Louxor et de Karnak.
Des centaines de statues bordaient ce parcours de près de trois kilomètres emprunté lors de grandes cérémonies religieuses.
Forcément, cette succession de sphinx produit son petit effet.
Tout paraît immense.
Et ce n’était que le début.
Nous avons eu de la chance avec cette visite, elle s’est faite en fin de journée et il y avait une lumière toute particulière, qui donnait vraiment un éclairage exceptionnel.
Karnak : changer complètement d’échelle
Puis il y a Karnak.
Et là, je crois que le mot « grand » commence sérieusement à manquer de précision !
Le complexe s’est développé pendant plus de deux millénaires et différents souverains y ont successivement laissé leur empreinte.
Temples, pylônes, obélisques, statues…
Mais ce sont surtout les immenses colonnes qui restent dans ma mémoire.
On se retrouve au milieu de constructions gigantesques avec cette impression d’être soudain devenue toute petite.
Cela va finalement être une sensation assez récurrente pendant ce voyage.
La Vallée des Rois
Changement de décor avec la Vallée des Rois.
Ici, ce ne sont plus de gigantesques temples qui dominent le paysage.
Il faut pénétrer dans la montagne pour découvrir les tombeaux des pharaons du Nouvel Empire.
C’est notamment dans cette vallée qu’Howard Carter découvre en 1922 le célèbre tombeau de Toutânkhamon.
De l’extérieur, le paysage paraît presque austère.
Puis on entre dans les tombeaux.
Les décors apparaissent, les hiéroglyphes, les personnages, les couleurs…
Difficile de ne pas penser à l’âge de tout ce que nous avons devant les yeux.
La Vallée des Artisans
Nous avons également visité Deir el-Médineh, la Vallée des Artisans.
J’aime beaucoup le principe de cette visite parce qu’elle permet de s’intéresser à d’autres personnages de l’histoire égyptienne.
Pas aux pharaons cette fois-ci.
Mais à ceux qui construisaient et décoraient leurs tombeaux.
Peintres, sculpteurs, artisans et ouvriers vivaient ici avec leurs familles.
Après avoir admiré les décors de la Vallée des Rois, découvrir ceux qui les réalisaient apporte une autre dimension à l’histoire.
Le temple d'Hathor à Dendérah
Le temple d’Hathor à Dendérah faisait également partie de nos découvertes.
Celui-ci se trouve au nord de Louxor et devait donc probablement correspondre à une excursion spécifique organisée depuis la région.
Hathor était notamment la déesse de l’amour, de la joie, de la musique et de la maternité.
Le temple possède de magnifiques décors et des plafonds particulièrement remarquables.
Autant dire qu’avec mon intérêt pour les plafonds, il était assez difficile de me demander de regarder droit devant moi.
PUIS LE BATEAU NOUS EMMÈNE VERS LE SUD - Edfou et le temple d'Horus
Après Louxor, la navigation nous conduit progressivement vers Edfou.
Son immense temple consacré à Horus est l’un des temples antiques les mieux conservés d’Égypte.
Construit principalement à l’époque ptolémaïque, il permet d’imaginer beaucoup plus facilement l’organisation d’un temple égyptien lorsque ses différentes parties sont encore présentes.
Ce qui est assez incroyable pendant cette croisière, c’est la succession des sites.
On pourrait penser qu’après plusieurs temples, on commencerait à se dire :
« Bon… encore un temple. »
Eh bien pas vraiment.
Chacun possède sa propre histoire, son architecture, ses dimensions et ses particularités. Et puis sincèrement se dire mais comment ils ont fait !
Kom Ombo, un temple pas tout à fait comme les autres
Nouvelle escale à Kom Ombo.
Le temple possède une particularité étonnante puisqu’il est consacré à deux divinités : Sobek, le dieu crocodile, et Haroëris, une forme d’Horus.
Son architecture reprend donc cette dualité avec des espaces dédiés aux deux cultes.
Nous avons également eu l’occasion de nous promener dans le souk de Kom Ombo.
Une autre ambiance.
Après les temples et les sites archéologiques, ces passages dans les villes et les marchés permettaient aussi de retrouver un peu de l’Égypte contemporaine.
ASSOUAN - Une autre atmosphère
En poursuivant notre navigation vers le sud, nous arrivons finalement à Assouan.
La ville marque une nouvelle étape de la croisière.
Son histoire est très ancienne : située près de la première cataracte du Nil, Assouan constituait déjà un point stratégique majeur de l’Égypte antique, notamment pour les échanges avec les territoires situés plus au sud.
Nous avons découvert son port, ses paysages et évidemment le haut barrage d’Assouan.
La construction de cet ouvrage au XXe siècle a profondément transformé la région et entraîné la formation du gigantesque lac Nasser.
L'île Éléphantine et le Old Cataract
Au milieu du Nil se trouve également l’île Éléphantine.
Elle occupait elle aussi une position stratégique dans l’Antiquité et conserve encore aujourd’hui d’importants vestiges archéologiques. L’île fait d’ailleurs partie de l’ensemble des monuments nubiens classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Puis il y a cette silhouette que l’on remarque sur la rive :
le mythique Old Cataract.
Cet hôtel historique installé face au Nil est forcément associé à tout l’imaginaire des grandes croisières égyptiennes.
Agatha Christie y a notamment séjourné et son nom reste étroitement lié à Mort sur le Nil.
Même sans y dormir, le voir depuis le fleuve fait partie du décor d’Assouan.
Une balade en felouque
À Assouan, nous avons également quitté notre gros bateau pour une embarcation beaucoup plus traditionnelle :
la felouque.
Forcément, l’ambiance change complètement.
La navigation est plus douce, plus proche de l’eau, beaucoup plus silencieuse.
Au milieu de toutes les visites de ce voyage, j’ai aimé ce moment plus calme.
On profite simplement du Nil et du paysage.
Pas besoin de chercher un hiéroglyphe ou d’essayer de retenir le nom d’un pharaon.
Juste naviguer et profiter.
Philae de nuit : l'un de mes très beaux souvenirs
Parmi toutes les visites de cette croisière, Philae découvert de nuit reste vraiment un très beau souvenir.
Déjà de jour, les temples égyptiens sont impressionnants.
Mais de nuit, l’ambiance change totalement.
Les éclairages font ressortir les colonnes, les reliefs et les silhouettes tandis que le reste disparaît dans l’obscurité.
Cela donne vraiment une autre dimension au lieu.
L’histoire du temple est elle aussi incroyable.
Le sanctuaire d’Isis de Philae était menacé par la montée des eaux liée aux aménagements du Nil. Une immense campagne internationale menée sous l’égide de l’UNESCO entre 1960 et 1980 a permis de sauver plusieurs monuments nubiens. Philae a ainsi été démonté et reconstruit sur l’île d’Agilkia.
Quand on pense à tout ce qu’il a fallu réaliser pour préserver ces monuments, c’est assez fou.
Le découvrir éclairé dans la nuit rendait le moment encore plus particulier.
ET PUIS… ABOU SIMBEL - Le réveil qui pique un peu
Cette fois-ci, il fallait quitter Assouan et partir beaucoup plus au sud.
Et surtout… se lever hyper tôt. Vraiment très tôt.
Je dois avouer qu’au moment où le réveil sonne pendant les vacances, il y a toujours quelques secondes où l’on se demande :
« Mais pourquoi je fais ça ? »
Il fallait prendre la route depuis Assouan pour rejoindre Abou Simbel, à proximité de la frontière soudanaise.
La fatigue et les kilomètres sont rapidement oubliés lorsqu’on arrive devant le site.
Parce que là…
Wahou. Abou Simbel : gigantesque !
Je crois que c’est vraiment le mot qui me vient encore aujourd’hui : gigantesque.
Les quatre immenses statues de Ramsès II dominent la façade du Grand Temple.
Elles mesurent environ 21 mètres de hauteur.
Même en ayant déjà vu des photographies, je ne pense pas que l’on réalise vraiment les proportions avant de se retrouver devant.
Encore une fois, on se sent minuscule. Mais vraiement tout petit.
Le Grand Temple a été creusé dans la roche au XIIIe siècle avant notre ère sur ordre de Ramsès II.
Mais son histoire moderne est presque aussi impressionnante que son histoire antique. Lors de la construction du haut barrage d’Assouan, Abou Simbel risquait d’être englouti par la montée des eaux.
Une mobilisation internationale coordonnée par l’UNESCO a permis de sauver le site : les temples ont été découpés, déplacés puis remontés dans un nouvel emplacement. Cette vaste campagne de sauvegarde des monuments de Nubie s’est déroulée de 1960 à 1980.
Quand on voit la taille des monuments, on imagine à peine le chantier que cela a représenté.
Alors oui, il a fallu se lever à une heure franchement peu compatible avec l’idée que je me fais des vacances.
Mais cela en valait largement la peine. Je n’aurais vraiment pas voulu manquer Abou Simbel.
UNE CROISIÈRE PARTICULIÈREMENT RICHE - Beaucoup, beaucoup de visites
Quand je repense aujourd’hui à ce voyage, je réalise surtout tout ce que nous avons vu.
- Louxor.
- Karnak.
- L’allée des Sphinx.
- La Vallée des Rois.
- La Vallée des Artisans.
- Dendérah.
- Edfou.
- Kom Ombo.
- Assouan.
- Éléphantine.
- Philae.
- Abou Simbel.
- Sans oublier les souks, les ports, la balade en felouque et toutes ces heures passées à regarder les berges du Nil.
Le programme était dense. Très dense même.
Mais je n’aurais pas voulu faire ce voyage autrement.
Nous étions en Égypte.
J’avais envie de voir, de comprendre, d’observer et surtout de profiter au maximum de tout ce patrimoine exceptionnel.
Passer mes journées uniquement au bord de la piscine du bateau aurait été pour moi totalement impensable.
La petite piscine était parfaite pour souffler entre deux visites.
Mais certainement pas pour remplacer Karnak ou Abou Simbel.
Une Égypte faite aussi de contrastes
Le voyage ne m’a évidemment pas montré uniquement les splendeurs de l’Égypte antique.
Pendant les trajets et les différentes excursions, j’ai également été marquée par certains contrastes.
Nous avons traversé des endroits où les conditions de vie semblaient difficiles et où la pauvreté était très visible.
Certains secteurs m’ont également paru assez sales ou peu entretenus.
C’est une réalité qui m’a interpellée pendant le séjour et qui contrastait forcément avec la richesse absolument extraordinaire du patrimoine que nous découvrions quelques kilomètres plus loin.
Cela reste mon regard sur les endroits que nous avons traversés à ce moment-là, et non un jugement sur l’ensemble du pays.
Mais cela fait aussi partie de mes souvenirs de voyage.
Un voyage exceptionnel
Quelques années plus tard, les images sont toujours là.
- Les immenses colonnes de Karnak.
- Les tombeaux.
- Les berges du Nil.
- Les felouques.
- Philae éclairé dans la nuit.
- Les quatre colosses d’Abou Simbel.
- Puis cette chaleur…
Cette chaleur !
L’Égypte possède un patrimoine tellement extraordinaire qu’il est difficile de rester indifférent devant tout ce que l’on découvre.
Cette croisière nous a permis de passer progressivement de Louxor à Assouan, au rythme du Nil, tout en multipliant les excursions.
C’était intense.
Il faisait vraiment très chaud et il était parfois nécessaire de faire les visites assez tôt, pour souffrir le moins possible de la chaleur.
Mais qu’est-ce que c’était beau !
J’ai énormément aimé ce voyage et j’en garde encore aujourd’hui de très beaux souvenirs.
Mon petit conseil
Si vous envisagez une croisière sur le Nil, réfléchissez bien à la période à laquelle vous partez.
Nous y étions au mois de juin et je peux vous confirmer qu’il faisait vraiment, vraiment chaud.
De l’eau, un chapeau, des vêtements légers et une bonne protection solaire sont indispensables.
Ne négligez pas non plus les excursions.
Certaines imposent de se lever très tôt, notamment Abou Simbel, mais je trouve qu’il serait vraiment dommage de venir jusque-là et de passer à côté de ces sites exceptionnels.
Puis gardez malgré tout quelques moments pour ne rien faire.
S’installer sur le pont et simplement regarder défiler les berges du Nil fait aussi pleinement partie du voyage.