CEZANNE ET NOUS – GRAND PALAIS, PARIS
Une exposition ambitieuse sur l’héritage de Cezanne… qui ne m’a pas vraiment convaincue
Curieuse de redécouvrir Cezanne après une première exposition au musée d’Orsay, j’espérais cette fois être davantage séduite. Malgré un parcours riche de près de 180 œuvres, je suis malheureusement restée assez distante. Une exposition intéressante, mais qui n’était décidément pas faite pour moi
Il y a quelques années, j’avais déjà eu l’occasion de découvrir une exposition consacrée à Paul Cezanne au musée d’Orsay. Je savais donc que je n’étais pas particulièrement sensible à sa peinture, mais j’étais curieuse de lui donner une nouvelle chance.
Cette fois, direction le Grand Palais pour découvrir Cezanne et nous, une exposition qui propose une approche assez différente. Il ne s’agit pas simplement de présenter les œuvres du peintre, mais de montrer comment son travail a influencé plusieurs générations d’artistes, de la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.
Je dois dire que sur le papier, je trouvais l’idée plutôt intéressante.
Avec près de 180 œuvres, l’exposition nous entraîne à la découverte de l’héritage artistique de Cezanne, de Paul Gauguin à Henri Matisse, en passant par Pablo Picasso, Piet Mondrian, Joan Mitchell, Bridget Riley ou encore Peter Doig.
Autant dire que le parcours est particulièrement riche et que les styles sont extrêmement variés.
C’est d’ailleurs tout l’intérêt de cette exposition : comprendre comment un artiste qui, à la fin des années 1880, ne cherchait même plus à exposer, a progressivement acquis une telle importance dans l’histoire de l’art.
À cette époque, plusieurs artistes et collectionneurs découvrent ses tableaux dans la boutique du père Tanguy, à Paris. Ils sont frappés par sa manière de représenter les formes, les volumes et les couleurs, qui s’éloigne progressivement de la simple reproduction de la réalité.
Sa reconnaissance se construit ensuite grâce aux expositions organisées par le marchand Ambroise Vollard, puis aux grandes manifestations qui lui sont consacrées, notamment après sa mort en 1906.
La rétrospective du Salon d’automne de 1907 contribue notamment à faire de lui une référence majeure pour de nombreux artistes du XXe siècle.
Ce qui est intéressant, c’est de découvrir comment chacun s’est approprié son travail à sa manière.
Certains ont prolongé ses recherches sur les formes et les couleurs, tandis que d’autres s’en sont inspirés pour aller beaucoup plus loin, notamment vers l’abstraction.
On passe ainsi d’œuvres encore figuratives à des compositions géométriques, puis à des peintures beaucoup plus abstraites et contemporaines.
L’exposition montre bien à quel point l’influence de Cezanne a dépassé son époque et combien son travail a contribué à transformer la manière de concevoir la peinture.
Mais voilà… malgré tout l’intérêt de cette démarche, je dois avouer que je suis complètement passée à côté de cette exposition.
Je crois même que j’ai été encore moins séduite que lors de ma précédente découverte de Cezanne au musée d’Orsay !
Le problème, pour moi, vient justement de cette très grande diversité de styles. On passe d’un univers artistique à un autre, parfois radicalement différent, et j’ai eu beaucoup de mal à trouver un fil conducteur qui corresponde à mes goûts.
Bien sûr, le propos de l’exposition est précisément de montrer cette multitude d’influences et d’interprétations. Je comprends donc parfaitement le choix de ce parcours, mais personnellement, il m’a laissée assez distante.
Et comme plusieurs des courants artistiques présentés ne font pas partie de ceux que j’apprécie particulièrement, je n’ai jamais vraiment réussi à entrer dans l’exposition.
Pourtant, j’ai pris le temps de la parcourir.
Même sans être particulièrement emballée, j’y suis restée un peu plus d’une heure. Il faut dire que l’exposition est assez longue et que le nombre d’œuvres présentées est important.
J’ai regardé les tableaux, essayé de comprendre les rapprochements proposés et découvert certains artistes que je connaissais moins.
Mais rien n’y a fait. Je n’ai pas ressenti ce petit quelque chose qui me donne habituellement envie de m’attarder devant une œuvre, de revenir sur mes pas ou de prolonger ma visite.
C’est finalement ce qui m’a manqué : l’émotion.
J’aime beaucoup découvrir de nouveaux artistes, comprendre leur démarche et parfois même être surprise par une œuvre qui ne correspond pas forcément à mes goûts habituels. Mais cette fois, je n’ai pas réussi à établir ce lien.
Autre élément à prendre en compte : l’affluence !
J’ai visité l’exposition un mardi après-midi et, malgré ce jour de semaine, elle affichait complet.
Il y avait énormément de monde dans les salles, ce qui ne facilite pas toujours l’observation des œuvres.
Ce n’était pas particulièrement désagréable pour autant, mais il faut parfois patienter un peu pour pouvoir s’approcher des tableaux et les regarder tranquillement.
Ce n’est pourtant pas une exposition dénuée d’intérêt, bien au contraire. Elle propose une réflexion approfondie sur l’influence de Cezanne et permet de comprendre pourquoi il est souvent considéré comme l’un des pères de l’art moderne.
Elle montre également que son héritage n’a rien d’uniforme : chaque génération l’a interprété, transformé, parfois même remis en question.
Mais entre les différentes formes d’abstraction, les compositions géométriques et certains courants contemporains, j’ai finalement retrouvé beaucoup de styles auxquels je suis peu sensible.
Je suis donc ressortie avec le sentiment d’avoir découvert une exposition riche et ambitieuse, mais qui ne m’avait absolument pas transportée.
J’étais pourtant venue avec une vraie curiosité, en me disant que cette nouvelle approche me permettrait peut-être de porter un autre regard sur Cezanne.
Eh bien non ! Cette seconde tentative n’aura malheureusement pas été la bonne. C’est aussi cela, les expositions : parfois, on découvre un artiste qui nous bouleverse alors qu’on ne s’y attendait pas, et parfois, malgré toute notre bonne volonté, la rencontre ne se fait tout simplement pas.
Mon petit conseil
Si vous aimez Cezanne, l’histoire de l’art moderne ou les différentes formes d’abstraction, cette exposition propose un parcours particulièrement riche, avec de nombreux rapprochements entre les artistes.
En revanche, sachez qu’elle ne se limite pas aux œuvres de Cezanne : une grande partie est consacrée aux peintres qu’il a influencés, avec des styles très variés.
Pensez surtout à réserver votre billet à l’avance ! J’y suis allée un mardi après-midi et l’exposition affichait complet, avec énormément de visiteurs. Si vous aimez admirer les œuvres dans le calme, cette forte affluence est à prendre en compte.
Prévoyez également suffisamment de temps pour la découvrir : même sans avoir particulièrement accroché, j’y suis restée un peu plus d’une heure.
- Grand Palais - Entrée principale Square Jean Perrin - 17 Avenue du Général Eisenhower 75008 Paris
- 01 44 13 17 17
- https://www.grandpalais.fr/fr
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- Pour réserver
- Exposition présentée du 23 septembre 2026 au 27 janvier 2027 - Tous les jours sauf le lundi
- environ 1h30 de visite
- Tarif : Adulte : 19.00 € / Tarif réduit : 16.00€ - Gratuit pour les moins de 26 ans
- Il est possible d'acheter les places directement sur place mais je vous conseille de réserver en ligne, pour plus de sérénité et pour être certain d'avoir une entrée - Cette exposition est très demandée car elle vient d'ouvrir