BNF RICHELIEU
un palais où les livres racontent quatre siècles d'histoire
À la découverte de l'un des plus beaux trésors du patrimoine français
Lorsque je suis retournée à la BnF Richelieu, j’avais le sentiment de retrouver un lieu que j’apprécie particulièrement. Pourtant, je savais déjà que cette visite ne ressemblerait pas tout à fait aux précédentes.
C’est aussi ce que j’aime ici.
À chaque passage, un détail attire davantage mon attention, une salle se dévoile sous un nouveau regard ou une anecdote permet de mieux comprendre l’histoire de ce palais hors du commun. Richelieu fait partie de ces endroits que l’on ne découvre jamais complètement.
Pour cette nouvelle visite, j’avais choisi de participer à une visite guidée consacrée aux chefs-d’œuvre et aux trésors des collections. Une excellente manière d’en apprendre davantage sur ce site exceptionnel, avant de poursuivre librement la découverte.
Dès les premières explications, le guide nous rappelle que nous ne sommes pas dans une simple bibliothèque.
Avant d’abriter les collections de la Bibliothèque nationale de France, ces bâtiments étaient le palais du cardinal Mazarin. Au XVIIᵉ siècle, cet homme d’État, passionné d’art et de savoir, y rassemble une bibliothèque exceptionnelle et de prestigieuses collections. Après sa disparition, le palais poursuit son histoire et accueille, en 1721, la Bibliothèque du Roi. Au fil des siècles, les collections s’enrichissent considérablement, au point que le site ne cesse d’évoluer pour répondre aux besoins de conservation.
Ce qui rend Richelieu si fascinant, c’est justement cette succession d’époques que l’on retrouve au fil de la visite. Derrière chaque porte, l’architecture change, les décors évoluent et racontent les transformations successives du palais. Les grands architectes qui se sont succédé ont chacun laissé leur empreinte sans jamais effacer celle de leurs prédécesseurs.
Après plus de douze années de restauration, achevées en 2022, le site a retrouvé tout son éclat. Mais cette renaissance ne se limite pas à la restauration des décors. Elle a aussi permis d’ouvrir davantage Richelieu au public.
Aujourd’hui, chercheurs, étudiants, passionnés de patrimoine et simples visiteurs se côtoient dans un même lieu, où le savoir continue de vivre au quotidien.
La visite guidée débute par les espaces du musée.
Je dois reconnaître que je ne m’attendais pas à découvrir des collections aussi variées. Lorsque l’on évoque la Bibliothèque nationale de France, on pense naturellement aux livres et aux manuscrits. Pourtant, les premières salles révèlent une toute autre facette de l’institution.
Au fil du parcours, les vitrines dévoilent des trésors venus de différentes époques : monnaies antiques, médailles, bijoux, camées, ivoires sculptés, globes, cartes anciennes, photographies, partitions musicales ou encore de précieux manuscrits enluminés. Chaque objet raconte une histoire et témoigne d’un savoir-faire parfois vieux de plusieurs siècles.
J’ai particulièrement apprécié cette diversité. On passe d’un univers à l’autre avec beaucoup de fluidité et l’on réalise rapidement que les richesses de la BnF dépassent largement le monde du livre.
La visite se poursuit ensuite à travers plusieurs salons historiques du palais, où l’on commence à mesurer toute la richesse architecturale de Richelieu.
Des collections qui racontent bien plus que l'histoire des livres
Au fil de la visite, une évidence s’impose : les collections de la BnF Richelieu sont d’une richesse incroyable.
On imagine souvent que la Bibliothèque nationale de France conserve avant tout des livres. C’est évidemment le cas, mais ce n’est qu’une infime partie de ce que renferment ses réserves. Ici, chaque salle dévoile des trésors d’une incroyable diversité.
Les manuscrits enluminés côtoient des monnaies antiques, des médailles, des bijoux, des camées finement sculptés, des globes anciens, des cartes géographiques, des photographies ou encore de précieux objets d’art. Certaines pièces attirent immédiatement le regard par leur beauté, d’autres intriguent davantage par leur histoire ou par le savoir-faire qu’elles révèlent.
J’ai particulièrement aimé cette diversité. La visite ne devient jamais monotone. Chaque vitrine réserve une surprise et l’on passe d’une époque à une autre avec beaucoup de naturel. Même lorsque l’on pense connaître l’histoire de France, on découvre ici des objets dont on ignorait totalement l’existence.
C’est aussi ce qui fait tout l’intérêt de cette visite guidée. Les commentaires permettent de replacer chaque œuvre dans son contexte et donnent une tout autre dimension aux collections. On ne se contente plus d’admirer de beaux objets ; on comprend ce qu’ils racontent de notre histoire.
La salle Barthélemy, une belle découverte
A la suite de la salle des colonnes, fondation Léon Lévy, du cabinet précieux, de la salle Sisley-d’Ornamo et de la salle de Luynes, nous découvrons la salle Barthélemy.
Elle est sans doute moins connue du grand public que la salle Ovale ou la galerie Mazarin, et pourtant elle mérite largement que l’on s’y arrête.
Son architecture, à la fois sobre et élégante, met parfaitement en valeur les collections présentées. Ici encore, les explications du guide prennent tout leur sens.
Derrière chaque objet se cache une histoire, un personnage ou un savoir-faire qui permet de mieux comprendre l’évolution des collections de la Bibliothèque nationale de France.
C’est aussi ce que j’apprécie dans cette visite : alterner entre les grands espaces monumentaux et des salles plus confidentielles, où l’on prend davantage le temps d’observer.
Le salon Louis XV, l'élégance à la française
Puis, le parcours nous conduit dans le salon Louis XV.
L’atmosphère change immédiatement.
Après les vitrines et les collections, on découvre un décor beaucoup plus intime, où l’élégance des boiseries et la finesse des ornements témoignent du raffinement du XVIIIᵉ siècle. Sans être aussi spectaculaire que d’autres espaces du palais, ce salon possède un charme particulier. Il rappelle que Richelieu fut avant tout une demeure prestigieuse avant de devenir la Bibliothèque nationale de France.
J’aime ces salles plus discrètes. Elles invitent davantage à observer les détails qu’à être impressionné par les volumes. Une moulure, un tableau ou un décor peint suffisent parfois à raconter une époque.
Son décor et son mobilier XVIIIe constituent un ensemble unique au monde et font de cet espace une exceptionnelle period room du siècle des Lumières.
La galerie Mazarin, le joyau de Richelieu
Arrive enfin un des moments que j’attendais le plus.
La galerie Mazarin – À chacune de mes visites, c’est la même chose.
Je franchis la porte… puis je lève instinctivement les yeux. Oui oui, je sais, j’ai une passion pour les plafonds.
Et, pendant quelques instants, je reste simplement à contempler le plafond.
Je trouve cette galerie absolument magnifique.
Construite au XVIIᵉ siècle pour le cardinal Mazarin, elle est aujourd’hui l’un des très rares exemples de galerie baroque encore conservés en France. Elle avait été imaginée pour impressionner les invités du cardinal et afficher toute la richesse de son palais.
Près de quatre siècles plus tard, l’effet fonctionne toujours.
Les fresques, réalisées par des artistes italiens, semblent s’étendre à l’infini. Les scènes mythologiques, les jeux de perspective, les couleurs retrouvées grâce à la restauration et les délicates dorures composent un ensemble d’une incroyable harmonie.
On pourrait passer de longues minutes à observer chaque détail.
À chaque visite, je découvre un personnage, un décor ou un motif que je n’avais jamais remarqué auparavant.
La récente restauration a redonné tout son éclat à cette galerie, sans lui faire perdre son authenticité. Elle reste, à mes yeux, le véritable joyau de Richelieu et l’un des plus beaux décors que l’on puisse admirer.
La salle Ovale, le cœur battant de Richelieu
S’il ne fallait retenir qu’un seul espace de la BnF Richelieu, beaucoup choisiraient sans doute la salle Ovale.
Et il est vrai qu’il est difficile de rester insensible lorsque l’on en franchit les portes.
Dès les premiers pas, le regard est irrésistiblement attiré vers le haut. La verrière baigne la salle d’une lumière douce qui met en valeur les immenses rayonnages, les balcons et l’harmonie parfaite de cette architecture monumentale. Tout semble avoir été pensé pour que le regard circule naturellement d’un détail à l’autre.
Mais ce qui m’a le plus frappée n’est finalement pas l’architecture.
C’est la vie qui anime cette salle.
Lors de ma visite, toutes les tables étaient occupées. Des étudiants révisaient, des chercheurs travaillaient en silence, des visiteurs feuilletaient un ouvrage ou prenaient simplement quelques notes.
À une époque où l’on entend souvent dire que tout se passe désormais sur les écrans, cette image est presque réconfortante. Voir autant de personnes réunies autour des livres rappelle que les bibliothèques restent des lieux de transmission, de curiosité et de partage. Et je dois avouer que j’aime ça !
La salle Ovale n’est pas seulement un décor exceptionnel.
Elle continue de remplir la mission pour laquelle elle a été conçue : accueillir les lecteurs.
Et c’est sans doute ce qui la rend aussi belle.
Une petite déception... qui donne envie de revenir
Dès le début de la visite guidée, notre guide nous annonce que la salle Labrouste est exceptionnellement fermée au public.
Je dois avouer que cette nouvelle me déçoit immédiatement.
J’avais vraiment envie de la revoir.
S’il y a bien une salle que j’attendais avec impatience, c’était celle-ci. Imaginée par l’architecte Henri Labrouste et inaugurée en 1868, elle est considérée comme l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture du XIXᵉ siècle. Ses neuf coupoles, portées par de fines colonnes en fonte, créent un espace d’une élégance incroyable, baigné d’une lumière douce qui lui confère une atmosphère presque hors du temps.
Lors de ma précédente visite, j’avais été profondément impressionnée par ce lieu. C’est une salle qui dégage quelque chose de particulier. Elle invite naturellement au silence, à la contemplation et donne presque le sentiment que le temps s’y est arrêté.
J’espérais vraiment retrouver cette émotion.
Il faudra finalement attendre une prochaine visite.
Cette visite m’a une nouvelle fois confirmé que la BnF Richelieu est l’un de mes lieux préférés à Paris.
Bien sûr, j’aurais aimé retrouver la salle Labrouste, dont la fermeture a été une véritable déception. Mais cela n’a pas empêché cette journée de m’offrir de très beaux moments. Retrouver la galerie Mazarin, toujours aussi spectaculaire, et revoir la salle Ovale m’a rappelé pourquoi j’aime tant revenir dans ce lieu.
À chaque visite, Richelieu me réserve une nouvelle émotion, un détail que je n’avais pas remarqué ou un regard différent sur ce site chargé d’histoire.
C’est sans doute ce que j’apprécie le plus : avoir le sentiment que, même après plusieurs visites, il reste toujours quelque chose à découvrir.
- BNF Richelieu - 5 rue Vivienne 75002 Paris
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