ASCENSEUR DE SANTA JUSTA
L’un des symboles de Lisbonne… sans forcément prendre l’ascenseur
Une impressionnante structure de fer au cœur de la Baixa, une vue magnifique sur Lisbonne et surtout une petite astuce qui nous a permis d’éviter une file d’attente interminable.
L’Ascenseur de Santa Justa fait partie de ces monuments que l’on remarque immédiatement en se promenant dans le centre de Lisbonne.
Avec ses 45 mètres de hauteur et son immense structure métallique qui surgit au milieu des bâtiments de la Baixa, il est difficile de passer devant sans lever les yeux.
Et je dois dire que je l’ai trouvé vraiment joli.
Son architecture est assez étonnante, avec cette masse de fer qui pourrait paraître très industrielle mais qui, au contraire, est travaillée dans les moindres détails. Les arches néogothiques, les motifs géométriques, les différents niveaux de la structure… plus on le regarde, plus on remarque de petites choses.
Il possède quelque chose d’assez imposant et majestueux, surtout à cet endroit, en plein cœur de la ville.
Mais malgré tout cela, nous ne sommes pas montés avec l’ascenseur.
Et très sincèrement, nous n’en avons pas ressenti le besoin.
Un ascenseur qui avait une véritable utilité
Aujourd’hui, l’Ascenseur de Santa Justa est devenu l’une des attractions emblématiques de Lisbonne, mais il n’a pas été construit pour les touristes.
À la fin du XIXe siècle, se déplacer entre la partie basse et les quartiers situés sur les hauteurs de Lisbonne était un véritable problème.
Et lorsqu’on a parcouru la ville à pied, on comprend très rapidement pourquoi.
En 1896, la municipalité envisage donc la construction d’un ascenseur vertical permettant de relier la Baixa au Largo do Carmo.
Le projet est confié à l’ingénieur portugais d’origine française Raoul Mesnier du Ponsard.
Les travaux débutent en 1900 et la passerelle ainsi que la tour sont inaugurées en 1901. L’ascenseur ouvre finalement au public le 10 juillet 1902, sous le nom d’Elevador do Carmo.
Le succès est immédiat : plus de 3 000 tickets auraient été vendus dès le premier jour.
Pour les Lisboètes, il ne s’agissait alors absolument pas d’une attraction mais d’un nouveau moyen de transport permettant de s’épargner une sacrée montée.
Et ça, à Lisbonne, ce n’est vraiment pas un détail !
De la vapeur à l’électricité
À son ouverture, le fonctionnement de l’ascenseur était bien différent de celui que l’on connaît aujourd’hui.
Il utilisait à l’origine un système actionné par une machine à vapeur, installée au sommet de la structure.
Deux cabines en bois circulaient dans la tour et un système de réservoirs d’eau et de contrepoids permettait leur déplacement.
En 1907, la vapeur est abandonnée au profit de moteurs électriques.
Les deux élégantes cabines en bois verni ont quant à elles été conservées et participent encore aujourd’hui au charme de l’ensemble.
Une architecture que j’ai vraiment aimée
Même sans emprunter les cabines, je trouve que l’ascenseur mérite que l’on s’arrête pour l’observer.
Le fer n’est pas simplement utilisé comme un élément technique. Il fait complètement partie du décor.
La structure est remplie de motifs, d’arches et d’ornements qui lui donnent presque l’apparence d’une immense dentelle métallique.
On retrouve évidemment cet esprit architectural caractéristique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque le fer devient non seulement un matériau de construction mais également un véritable élément esthétique.
Et au milieu des immeubles de Lisbonne, le contraste fonctionne vraiment bien.
Il en impose sans pour autant être lourd.
C’est d’ailleurs presque davantage son architecture que l’expérience de l’ascenseur elle-même qui m’a intéressée.
Et la file d’attente…
Parce que forcément, qui dit monument emblématique de Lisbonne dit également…
beaucoup, beaucoup de monde.
Lorsque nous sommes passés devant, la file d’attente pour prendre l’ascenseur était franchement impressionnante.
Nous avons dû prendre une décision assez rapidement.
Attendre aussi longtemps simplement pour monter de quelques dizaines de mètres alors qu’il existe une autre possibilité ?
Très peu pour nous.
D’autant que l’ascenseur est aujourd’hui beaucoup plus utilisé comme attraction touristique que comme véritable moyen de déplacement.
Nous avons donc choisi une autre solution.
Le petit passage pour arriver directement en haut
Et c’est là que cela devient intéressant.
Il est tout à fait possible de rejoindre le niveau supérieur à pied sans prendre l’ascenseur.
Il suffit de contourner la tour et de remonter par les petites rues en direction du Largo do Carmo. Un petit passage permet ensuite d’arriver au niveau de la passerelle supérieure.
Alors oui, ça monte un peu.
Mais nous sommes à Lisbonne…
À ce stade du séjour, nos mollets avaient déjà compris le principe. Très sincèrement, même moi, je n’ai pas trouvé la montée particulièrement compliquée.
Donc c’est faisable, largement, et puis c’était sympa aussi.
Surtout, nous n’avons pas attendu dans une file interminable et cette partie de la montée ne nous a rien coûté.
Je ne sais pas si l’on peut réellement parler de « passage secret », puisque le chemin est accessible à tout le monde, mais il est suffisamment discret pour que beaucoup de visiteurs semblent ne pas savoir qu’ils peuvent rejoindre le haut autrement.
Et là-haut, la récompense
Une fois arrivés au niveau supérieur, la vue est vraiment très belle.
On prend immédiatement de la hauteur sur la Baixa, avec les toits de Lisbonne qui s’étendent devant nous et une belle perspective sur le centre historique.
La passerelle rejoint également le secteur du Largo do Carmo, juste à côté des impressionnantes ruines de l’église du Carmo.
Et finalement, j’ai presque préféré cette manière de découvrir l’Ascenseur de Santa Justa.
Nous avons pu observer sa structure depuis le bas, marcher jusqu’au sommet, profiter de la vue et poursuivre ensuite notre balade dans le quartier.
Sans file d’attente.
Et sans avoir réellement l’impression d’avoir raté quelque chose. Je dirais même, d’en découvrir un peu plus.
Monter ou ne pas monter ?
Évidemment, emprunter les anciennes cabines en bois peut faire partie de l’expérience et je comprends parfaitement que l’on ait envie de le faire lors d’une première visite à Lisbonne.
Mais de notre côté, nous avons trouvé l’attente complètement disproportionnée par rapport à la durée du trajet.
Et puisque l’on peut accéder au niveau supérieur autrement, notre choix était vite fait.
Finalement, ce que je retiens surtout de Santa Justa, c’est son architecture.
Cette grande structure métallique installée au milieu de la Baixa est devenue tellement indissociable du paysage lisboète qu’il est assez amusant de penser qu’elle répondait, à l’origine, à un problème très concret : éviter aux habitants de grimper encore une des nombreuses côtes de Lisbonne.
Plus de 120 ans plus tard, elle est toujours là.
Et même sans entrer dans l’une de ses cabines, elle mérite vraiment qu’on lève les yeux et qu’on prenne le temps d’en observer tous les petits détails.
Mon petit conseil
Avant de vous installer dans la file d’attente, regardez du côté du Largo do Carmo : si prendre l’ascenseur n’est pas une priorité pour vous, rejoindre le haut à pied est une très bonne alternative.
Et croyez-moi, si je vous dis que la montée est faisable, c’est qu’elle l’est !