2:22 A GHOST STORY – THÉÂTRE FONTAINE
Jusqu’à la dernière minute, impossible de savoir où ils veulent nous emmener…
Invitée à la couturière de cette pièce phénomène venue de Londres, j’ai ri, je me suis interrogée et j’ai même eu quelques petits frissons. Oui, oui… je vous assure !
2h22. Une heure plutôt banale… sauf lorsque quelqu’un vous affirme qu’il se passe quelque chose d’étrange dans votre maison, chaque nuit, exactement à cette heure-là.
Voilà à peu près tout ce que je vais vous raconter de l’intrigue de 2:22 A Ghost Story.
Et croyez-moi, c’est volontaire !
J’ai eu le plaisir d’être invitée à la couturière de la pièce au Théâtre Fontaine, et je suis ressortie avec une certitude : il faut vraiment découvrir cette histoire sans savoir où elle va nous emmener.
Parce que c’est justement tout l’intérêt de la pièce.
- On cherche.
- On imagine.
- On change d’avis.
- On pense avoir compris quelque chose…
- Et puis finalement, peut-être pas.
Jusqu’au tout dernier moment, je me suis demandé où ils voulaient nous emmener.
Et évidemment, je ne vous dirai rien de plus !
Une maison, quatre personnages et une drôle d’histoire
Je peux quand même vous donner le point de départ.
Jeanne et Sam viennent d’acheter une maison.
Elle est persuadée que quelque chose s’y passe et surtout qu’elle entend, chaque nuit à 2h22, une présence dans la chambre de leur bébé.
Lui est astrophysicien, profondément cartésien et beaucoup moins disposé à croire aux histoires de fantômes.
Lorsque Laura, une ancienne amie de fac de Sam, arrive pour dîner avec Ben, son nouveau compagnon, les discussions vont forcément tourner autour de cette étrange histoire.
Les morts peuvent-ils revenir parmi nous ?
Peut-on expliquer rationnellement tout ce que l’on entend ou ressent ?
Et surtout… que va-t-il se passer à 2h22 ?
La pièce de Danny Robins est un véritable phénomène outre-Manche. Après plusieurs saisons à Londres et de nombreuses productions à travers le monde, elle arrive pour la première fois à Paris.
Et pour ne rien gâcher, la mise en scène est signée Ladislas Chollat. C’est déjà, généralement, un très bon présage.
J’aime sa façon de donner du rythme à une pièce et de créer un véritable univers autour des comédiens sans que la mise en scène prenne le dessus sur l’histoire.
Pour cette pièce, cela fonctionne particulièrement bien.
Parce que dans 2:22 A Ghost Story, l’ambiance compte énormément.
La lumière, la musique, les sons, les changements d’atmosphère… tout participe à faire monter progressivement la tension. Je peux vous dire que j’en ai senti de la tension.
Maintenant que je l’ai vue, je comprends assez bien pourquoi cette pièce fonctionne.
On rit… et puis on rit un peu moins
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que la pièce ne joue pas uniquement sur la peur.
On rit beaucoup.
Les quatre personnages ont des personnalités très différentes et leurs échanges créent régulièrement des situations assez drôles.
Puis, progressivement, l’ambiance change.
- Une lumière.
- La musique.
- Un bruit.
- Une tension qui monte.
Je dois même vous faire un aveu : j’ai eu quelques petits frissons.
Oui, oui, je vous assure !
Pas au point de me cacher derrière mon fauteuil, mais suffisamment pour me dire que la mécanique fonctionne vraiment bien.
Parce que finalement, on se retrouve un peu dans la même situation que les personnages.
Une partie de nous cherche une explication parfaitement rationnelle à ce qui se passe.
Quatre comédiens et quatre personnalités très différentes
J’ai trouvé les quatre comédiens très bien dans leurs rôles.
Guillaume Labbé est particulièrement convaincant en Sam, ce papa scientifique très cartésien qui semble toujours avoir une réponse à tout. Il incarne parfaitement ce personnage sûr de ses raisonnements, parfois un peu agaçant dans sa façon de vouloir absolument tout expliquer.
Et puis, soyons sérieux deux minutes : beau gosse aussi. Oui, oui, je le dis et je l’assume.
Constance Dollé fonctionne également très bien dans le rôle de Laura, la vieille copine d’université de Sam, psy de profession et, disons-le quand même, toujours un peu amoureuse de son vieux copain d’école.
Cela apporte évidemment quelques petites tensions supplémentaires autour de la table…
Face à eux, Valentin de Carbonnières est très drôle dans le rôle de Ben, le nouveau petit ami de Laura.
Un personnage un peu barré, décalé, qui apporte beaucoup d’humour mais qui vient aussi bousculer les certitudes des autres.
Puis il y a Louane.
Cette pièce marque ses premiers pas sur les planches et j’ai senti qu’elle était assez tendue au début de la représentation.
Mais finalement, comment pourrait-il en être autrement ?
C’était la couturière, juste avant les premières représentations, et elle s’attaque pour la première fois à cet exercice très particulier qu’est le théâtre.
D’autant que son personnage, Jeanne, est lui-même en permanence sur le qui-vive.
Au fil de la représentation, je l’ai sentie se détendre et j’ai trouvé son jeu de plus en plus naturel et fluide.
J’en suis certaine qu’avec les représentations et la confiance qui va forcément s’installer, elle devrait encore gagner en aisance.
Une couturière qui avait déjà tout d’une première
Il y a quelque chose que je tiens vraiment à souligner.
C’était une couturière.
La dernière répétition en costumes avant les premières représentations, donc un moment où l’on pourrait parfaitement imaginer quelques ajustements, une interruption ou un petit accroc.
Eh bien, rien de tout cela.
Aucune interruption. Aucun accroc.
La représentation s’est déroulée du début à la fin comme une véritable soirée de spectacle.
J’ai trouvé cela vraiment très bien.
Bien sûr, il y aura certainement encore quelques petits réglages au fil des représentations, c’est aussi à cela que servent ces derniers moments avant de se lancer véritablement.
Mais de mon fauteuil, j’ai surtout eu l’impression d’assister à une pièce déjà bien installée.
Pour une couturière, je trouve qu’ils nous ont vraiment réservé une très belle soirée.
Et cette fameuse heure qui approche…
Je crois que l’une des grandes réussites de 2:22 A Ghost Story, c’est justement sa façon de nous faire attendre.
On sait que 2h22 va arriver.
Les personnages le savent.
Nous le savons.
Plus l’heure approche, plus forcément, on se demande ce qu’il va bien pouvoir se passer.
J’avais mes petites idées.
Puis j’en ai eu d’autres.
Et encore d’autres.
Parce que la pièce réussit vraiment à nous faire douter.
On pense avoir compris où elle veut aller, puis quelque chose vient remettre notre petite théorie en question.C’est justement ce qui m’a tenue jusqu’au bout.
Mais je vais m’arrêter là. Parce que la meilleure chose que je puisse faire pour vous donner envie de découvrir cette pièce, c’est justement de ne surtout pas vous raconter ce qui m’a surprise.
Une pièce à découvrir sans trop en savoir
Si vous aimez les pièces qui sortent un peu de l’ordinaire, je pense vraiment que celle-ci peut vous plaire.
Parce qu’elle réussit à mélanger des choses que l’on n’imagine pas forcément retrouver ensemble au théâtre.
- On rit.
- On s’interroge.
- On cherche des explications.
- On commence à avoir quelques doutes.
- Puis, de temps en temps, un petit frisson vient nous rappeler que nous sommes quand même dans une histoire de fantômes.
Mais surtout, on reste accroché à cette question jusqu’au bout : où veulent-ils nous emmener ?
Je peux simplement vous dire que j’ai passé un très bon moment.
Pour le reste…
À vous d’attendre 2h22.
Mon petit conseil
Essayez vraiment d’en savoir le moins possible avant d’y aller.
Ne cherchez surtout pas à connaître la fin et méfiez-vous des commentaires qui pourraient en dire un peu trop.
Laissez simplement la pièce vous embarquer.
Parce que tout son intérêt réside justement dans cette envie de comprendre ce qui se passe et dans les différentes hypothèses que l’on se construit au fil de la soirée.
Ce serait vraiment dommage de vous gâcher ça.
- Théâtre Fontaine - 10 Rue Pierre Fontaine, 75009 Paris
- 01 48 74 74 40
- https://www.theatrefontaine.com/
- Contact
- Pièce présentée actuellement, jusqu’au 3 janvier 2027 pour le moment - Tout public - Du mardi au samedi 21h Samedi 16h et dimanche 16h
- Environ 1h50 sans entracte
- Tarif en fonction de la catégorie sélectionnée